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Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte Apocalypse 21 v 1-7 Henri Frantz
Textes : Psaume 130 ; Apocalypse 21/1-7
Genre : Prédication Auteur : Henri FRANTZ Source : Méditations radiodiffusées. FPF, 04.05.1980. "L'homme est un être d'espérance" nous a rappelé avec autant de justesse que de force le théologien allemand Jürgen Moltmann. L'espérance appartient spécifiquement à l'homme et représente un élément indispensable à la vie. Cervantès a vu juste lorsqu'il dit : "Où il y a de la vie, il y a de l'espoir". En effet, que reste-t-il à l'homme lorsqu'il a perdu tout espoir ? - L'absence d'espérance appelle la mort. C’est tout ce que souhaitait cette femme paralysée par suite d'une opération ratée : "Maintenant, dit-elle, je n'attends plus rien, je n'espère plus rien, pour moi c'est fini !...". - D'autres, par faute d'espérance, sont devenus des criminels. Comme ce jeune cambrioleur qui racontait au juge comment il avait cherché à s'instruire et à travailler mais, à chaque fois, il avait été renvoyé et un jour, il s'est dit dans son langage à lui : "Maintenant je m'en fous, pour moi, c'est fichu !" et il est devenu un criminel parce que son espérance de vie s'est transformée en haine de la vie. Il n'espérait plus en rien ni en personne. Plus rien n'avait de sens pour lui. - Et combien sont-ils ? Des jeunes, des moins jeunes, dans nos villes comme dans nos campagnes, ces désespérés de la vie ? Non qu'ils soient candidats au suicide, mais leur vie a perdu son sens. Elle a pris un goût amer ou elle n'a plus de goût du tout, elle est fade et insipide parce qu'ils n'attendent plus rien ou si peu !... L'avenir est bouché ; seul reste un aujourd'hui pénible parce que sans issue ! - S’ils sont nombreux, c'est peut-être aussi parce que, nous chrétiens, nous n’avons ni bien saisi nous-mêmes, ni su donner un authentique témoignage de ce Dieu de l'espérance qui, dès les premières pages de la Bible, * appelle Abraham et ouvre devant lui un chemin et un avenir nouveau, * redonne une espérance de vie à la femme adultère que tous condamnaient, * dit au paralytique : "Tes péchés te sont pardonnés, lève-toi et marche". Ce Dieu qui, par la voix de son Fils, a proclamé en notre monde : "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, je vous donnerai du repos". Dieu a donc toujours un avenir pour nous, quelle que soit notre situation présente. Son appel est une invitation à l'espérance parce qu'en lui, il y a toujours une issue, un chemin, un avenir. Voilà le Dieu Sauveur qui ne nous enferme pas, mais nous libère. 1) - Une espérance, mais quelle espérance ? Nous disons souvent : J'espère qu'il fera beau dimanche. J'espère trouver du travail demain. J'espère réussir mon bac. Cela veut dire : je le souhaite, mais je n'en suis pas sûr. Or, l'espérance que Dieu veut pour nous est plus qu'un souhait truffé d'incertitude. L’espérance chrétienne, parce qu'elle s'appuie sur les promesses de Dieu, devient une attente confiante, une tranquille certitude. C'est un regard calme et confiant vers ce qui sera. Ainsi le croyant du Psaume 130 pouvait dire : "J'espère en l'Eternel et j’attends sa promesse, je compte sur le Seigneur plus que les gardes ne comptent sur le matin, oui plus que les gardes ne comptent sur le matin". 2) - Telle est donc la qualité de notre espérance, mais quel en est le contenu ? Que pouvons-nous espérer ? * Disons-le tout de suite : nos espérances à nous sont souvent ambiguës, et il n'est pas inutile de nous interroger sur le bien fondé de certaines d'entre elles. * Mais remarquons d'abord que, lorsque je dis : "J'espère qu'il fera beau ou que je trouverai du travail ou que je resterai en bonne santé", j'exprime là mes souhaits, mes désirs. Ce sont des espérances qui sont à mon niveau, des espérances toutes humaines. Si ces désirs sont tous valables et légitimes, nous savons bien que nous avons aussi en nous d'autres désirs moins légitimes et parfois très contestables. Or, ces désirs nous portent aussi vers des espérances mais, au lieu de nous ouvrir un avenir, elles nous enferment dans le présent et dans la solitude. Non ! L’espérance chrétienne est autre chose que la réalisation de nos désirs, aussi respectables qu'ils soient. * Pourtant, ce qu'il y a de plus fondamental dans cette espérance, c'est que son contenu n'est pas fait de choses ou d'éléments de notre vie ; il s'agit, en fait, d'une espérance en quelqu'un ; c'est une espérance en Dieu. "C'est en toi que j'espère", dit le prophète Jérémie à son Dieu. "Eternel, nous espérons en toi", dit Esaïe et son peuple. Et l'apôtre Paul le rappellera à Timothée : CHRIST, NOTRE ESPERANCE. Une espérance qui n'est pas à notre mesure, que nous ne fabriquons pas, dont nous ne disposons pas, mais qui nous est donnée par Dieu et en Dieu. Comme la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel et qui est donnée aux hommes pour qu'ils l'habitent, ainsi nous est donnée en Dieu et par lui, notre espérance. * Le chrétien n'est pas pour autant indifférent à sa réussite au bac ou aux problèmes de son travail ou de sa santé. Mais au-dessus de ces choses nécessaires à la vie, il y a une espérance avec un grand "E". Il y a cette certitude tranquille que Dieu me conduira vers un avenir qui lui appartient. Je lui fais confiance. Espérer en Dieu, c'est attendre, accepter, recevoir de Dieu l'avenir qu'il nous donne. C'est s'engager avec joie et confiance sur le chemin qu'il ouvre devant nous sans jamais savoir de manière précise de quoi sera fait ce chemin demain et après-demain. Il ne s'agit pas là d'un attentisme stérile, mais la conscience très forte qu'au-delà de notre foi et de nos luttes, de notre travail et de nos attentes, oui au-delà de tout cet aujourd'hui de rencontre avec Dieu, notre avenir reste dans ses mains, nous n’en sommes pas les maîtres. Demain sera toujours un don de Dieu. 3) - Mais une dernière question ce matin : POURQUOI ESPERER EN DIEU ? POURQUOI LUI FAIRE CONFIANCE ? Interrogez la petite Cosette dans "Les Misérables" de Victor Hugo : pourquoi suit-elle avec confiance cet inconnu à la veste jaune, et au chapeau défoncé ? Elle lui fait confiance parce qu'une nuit, il lui a pris des mains le seau d'eau beaucoup trop lourd pour elle, et il l'a porté lui-même ; parce qu'il a mis dans son sabot un vrai Louis d'or, parce qu'il lui a donné des habits tout neufs. Il ne l'a ni menacée, ni battue, ni achetée, il l'a simplement aimée ! Lorsque, dans l'évangile, le fils prodigue repentant revient à la maison, il est accueilli par les bras ouverts d'un père qui l'aime et qui lui pardonne. Désormais, son avenir est à nouveau assuré parce qu'il sait qu'il peut faire confiance à son père, car ce père l'aime et ne le laissera jamais tomber. Parce qu'il a porté mon fardeau, parce qu'il est mort pour mon pardon, parce qu’il m'a habillé de neuf, parce qu'il m'a donné son Saint-Esprit, je sais qu'il m'aime ; et parce que je sais qu'il m'aime, j'espère en l'Eternel mon Sauveur, mon Dieu... Amen. |
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