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Apocalypse 1v 9-19 - Alphonse Maillot
Texte : Apocalypse 1/9-19
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 87-90). 1° dimanche après Pâques ou 2° dimanche de Pâques Apocalypse 1/9-19 Je pourrais me contenter des notes de la TOB 2, qui nous permettent de nous retrouver dans le labyrinthe de l'Apocalypse où, contrairement à certains, je ne me suis jamais senti à l'aise (bien fou du cerveau qui se croit à l'aise dans tous les passages bibliques !). Mais ne manquez pas de rappeler tout d'abord que, contrairement à l'usage commun, obnubilé par certains chapitres, « Apocalypse » ne signifie pas du tout « Catastrophe (planétaire) », mais « Dévoilement, Révélation (planétaire et même cosmique) ». L'Apocalypse n'est pas une menace, mais la promesse d'y voir plus clair aujourd'hui et dans tout ce qui nous attend. Cette fois, l'épreuve a joué (par la « puissance » de la Royauté de l'Agneau) son rôle positif de dispersion du noyau (le cocon !) de l'Eglise, et Jean (lequel ?... peu importe !) se retrouve en exil à Patmos (près d'Ephèse, prendre une carte s.v.p.). Cependant non seulement cela entraîne la dispersion, ou plutôt la dissémination de l'Evangile, mais cela va favoriser ce que nous avons commencé à entrevoir dans la méditation précédente : la persécution rend l'Eglise plus solide (Facile... à écrire !), plus fidèle et plus disponible pour saisir que « la puissance de Dieu se manifeste par notre faiblesse », tout en faisant contribuer les persécutions au renouveau des forces des membres de l'Eglise (cf. Romains 5/3-5 ou 2 Corinthiens 12/10, etc…). Si bien que ce sont les ennemis de l'Eglise qui vont tremper sa force (cf. Exode 5ss). Toute (ou presque) l'Apocalypse est résumée dans cette certitude de Jean, qu'il veut communiquer à tous ses frères dispersés. Bien entendu, c'est le genre de théorèmes chrétiens dont on sait qu'ils sont vrais (surtout devant l'avachissement et le désenchantement actuels), mais qu'on n'a pas du tout envie de vérifier. Et c'est parfaitement normal. Nous n'avons pas à courir après les persécutions (cf. la prudence de Paul dans l'épître aux Philippiens), mais nous avons quand même à prendre garde à toutes les séductions ou les compromis auxquels nous pourrions céder. C'est peut-être notre situation paisible et somnolente, qui nous empêche de pénétrer plus avant dans une meilleure compréhension de ce livre, où je me contenterai de notules analytiques plus que de synthèse. Jean, saisi par l'Esprit (ou dans l'Esprit, ou en esprit ? ?), va nous relater la vision (et surtout les paroles) dont il fut témoin, un jour du Seigneur. Tous le monde (ou presque) y voit le dimanche. Je veux bien, à la condition de rappeler ce qu'était le Jour du Seigneur dans l'Ancien Testament : Amos 5/18-20 & 8/9, Esaïe 2/11 (?), et bien d'autres encore, mais surtout Joël 2/1-11 (avec l'appel à la repentance immédiate : v. 12), Sophonie 1/14 à 2/3. De même que le Dernier Jour est aussi celui du Jugement. Le dimanche, ainsi, ce n'est pas seulement Pâques qui s'actualise, mais la vérité de tous ces Jours du Seigneur de l'Ancien Testament, ainsi que l'anticipation du (des) dernier(s) jour(s). En ce dimanche de vision, Jean n'est pas seulement vivifié par la Résurrection, mais contemporain de tous les Hiers et du dernier Demain. L'Apocalypse est pour lui une révélation-et-une-présence-de-demain. Et même du dernier : chapitre 21. Me permet-on de regretter une fois encore l'absence d'une fête chrétienne, anticipation (obligatoirement maladroite sinon fausse) du dernier jour ? De toute manière, nous commençons à apercevoir ici la « dimension » cultuelle de l'Apocalypse. Verset 10 — La trompette (qu'on retrouve dans 1 Corinthiens 15/52) évoque aussi celles de Jéricho. La trompette accompagnait certaines fêtes juives. En particulier le Nouvel An appelé fête de la sonnerie (de trompettes) : Lévitique 23/24. Le Nouvel An fêtait conjointement : 1) la royauté de Y.H.W.H., 2) la création du monde, 3) le jugement du monde. Verset 11 — A partir d'ici va régner le nombre 7 : 7 Eglises — 7 chandeliers (v. 12) — 7 étoiles (v. 16) — et celui qui, au milieu des chandeliers, ressemble à un fils d'homme donnera (au v. 20) la clef de ces images : les 7 étoiles = les anges (les évêques ?) des Eglises ; elles-mêmes représentées par 7 chandeliers (et non pas un chandelier à 7 branches). Si on accepte que ces 7 Eglises représentent non seulement 7 assemblées locales, mais soient aussi les « types » de l'Eglise universelle, on rejoint beaucoup d'exégètes qui voient dans ce chiffre 7 une évocation de l'universalité, l'œcuménicité (P. Prigent). Et Jean aurait pris (à mon avis) ces 7-là parce que ce sont des Eglises très diversifiées qui lui permettaient ainsi de s'adresser à toutes, même aux plus fainéantes (Sardes : 3/1), aux tièdes (Laodicée : 3/14), aux apostates (Ephèse : 2/4 et Thyatire : 2/29), aussi bien qu'aux fidèles (Smyrne : 2/9 ; Philadelphie : 3/6). Jean semble avoir ainsi l'éventail le plus large... les 7 couleurs de l'arc-en-ciel (dont les scientifiques actuels nient la réalité du chiffre 7, peu importe !). Bien entendu, on ne peut quitter ce texte, sans parler du mystérieux personnage « semblable à un fils d'homme ». S'il est sûr qu'il faut ici penser à Jésus qui, très probablement, s'est fait appeler « Fils de l'homme », on n'est guère plus avancé, même si on évoque Daniel 7/13-14 (où il est d'ailleurs accompagné d'un vieillard !) ; car la vision de Daniel est loin d'être claire. Il est parmi les caractéristiques ou les habitudes de ce qu'on appelle « l'apocalyptique », d'employer, soit un langage codé, soit un langage flou (ou en tout cas ambigu), afin que, si un passage peut viser par exemple un personnage contemporain, il soit assez imprécis pour s'appliquer à un personnage à venir (car il n'y a pas de personnage nouveau sous le soleil). Mais ici, il n'y a pas à hésiter : il s'agit bien de Jésus-Christ qui, comme le fils d'homme de Daniel, va recevoir ou a reçu déjà la Royauté et la Souveraineté (Daniel 7/14). La suite ne soulève pas trop de difficultés : on relèvera la langue (v. 16), glaive à 2 tranchants : Hébreux 4/12 ; ou encore le fait que cette vision est quasi mortelle (v. 17), mais le Ressuscité accomplit pour Jean son œuvre de vie. Tandis qu'il s'applique à lui-même ce qui jusqu'ici n'était réservé qu'à Dieu-le-SEIGNEUR (v. 17 et début du v. 18) : Esaïe 44/6, 48/12. Avant toutes choses, il y avait Jésus-Christ (Jean 1/1). Et après toutes choses, il y aura encore Jésus-Christ. Autres textes de la même catégorie
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