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Apocalypse 1 v 9-18 - Jean-Daniel Wohlfahrt
Au delà de l'image pour superproduction hollywoodienne, je vous invite à chercher un message qui fut, qui est encore réconfort et soutien pour tant d'hommes et de femmes de tout âge qui ont à souffrir de la haine et de la persécution.
Mais auparavant il nous faut décrypter un langage dans lequel nous ne pouvons entrer qu'avec les bonnes clefs, si j'ose m'exprimer ainsi. On dit souvent que Jean est prophète. Nous comprenons ce terme comme désignant le témoin d'une révélation divIne à transmettre au monde. Certains prophètes annonçaient le Messie, le Sauveur, d'autres ont annoncé le jugement de Dieu, d'autres ont encouragé et exhorté le peuple dans la misère de la déportation. Ainsi peut-être Jean encore que, nous dit-il, c'est lui qui vive la déportation et non pas le peuple de Dieu. Sous Dioclétien, le peuple ne connaIssaIt pas vraiment la persécution mais il était loin d'être libre de témoigner et d'enseigner comme il le souhaItaIt. Jean de Pathmos, d'une lIe loIntaIne, où son amour du Christ et sa fidélité l'ont conduits. Il est disons "assigné à résidence" plutôt que bagnard. La solitude est dure sous tous les cieux, mais pour I'apôtre elle l'est particulièrement le dimanche, ce jour du Seigneur où il avaIt l'habitude de rejoindre d'autres chrétiens pour célébrer avec eux cet autre dimanche où le Christ revint à la vie. Pour nos malades, nos isolés, les jours passent, mais le dImanche ne passe pas. Tant de souvenirs, de traditions, de vie sont attachés à ce jour, la communauté rassemblée, les chants, les prières, la louange et la parole de Dieu entendue et reçue. Convivialité et fraternité donnent à ce jour un éclat partIculIer qui aggrave infIniment le sentiment de solitude du malade ou de l'isolé Jean se souvient de la communauté réunie. La distance et la séparation ne l'empêcheront pas de prier en parfaite communion avec elle. Mais voilà qu'il vit un moment inimaginable: ce christ dont on dit et redit qu'il est p roche de celui qui souffre, le voilà qui vient à lui. Avant que de le voir, il l'entend, non, ce n'est pas une hallucination, c'est bien la voix du Christ qu'il entend. Avant que de le voir il entend sa voix qui l'interpelle. Pas de consolation, pas de paroles lénifiantes, pas de plainte ni de compassion comme il serait raisonnable d'en attendre du Christ pour le disciple qu'il aimait. Un ordre, un appel pressant, urgent. Aucun retard ne doit être porté à l'annonce aux églises. Ceux qui connaissent ces appels que nous ne lirons pas aujourd'hui savent qu'ils sont appels à la repentance, qu'ils sont mise en garde devant le péché possible, le mal qui déjà prend pied dans certaines églises. Mais I'ordre même du Christ ne dit-il pas aux communautés qui craignent la mort de Dieu, que ce Dieu même est proche, qu'il veille sur elles, qu'il se soucie de leur devenir, de leur fidélité, qu'il ne les abandonne pas. Le premier souci du Christ est l'appel à la communication. Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept églises. Pourquoi sept? le mystère demeure. On peut supposer que sept églises bien précises sont effectivement l'objet des exhortations du Christ. On peut se souvenir aussi que 7 est le chiffre de la perfection. N'y a-t-il pas 7 jours dans la création et sept branches au chandelier du Temple de Jérusalem? On retrouve en fait dans ces églises choisies comme destinataires des écrits de l 'apôtre la palette des situations possibles à cette époque. Je ne peux donc que vous inviter à relire chez vous ces passages de l'Apocalypse car notre propos est ailleurs aujourd'hui. D La vision, exploitée par les peintres de tous les temps a quelque chose de fantastique mais il s'en dégage avant tout une impression de puissance et de force calme de nature à porter le réconfort et à ramener la confIance: une voix semblable aux grandes eaux, une voix que rien ne peut faire taire. On sait que le bruit de l'eau a un effet apaisant et détendant, j'entends le bruit que fait la rivière dans la nature et non le goutte à goutte énervant de nos robinets et baignoires qui fuient. Les voix des plus puissants de la terre, des princes, des rois, le bruit des chaînes et des armes ne sauraient étouffer le murmure de toutes ces voix qui parlent d'amour, de foi et d'espérance. Expérience quotidienne de ceux qui sont prisonniers à cause de leur foi, les exemples venant des pays totalitaires ne manquent pas pour rappeler que Dieu ne délaisse pas celui qui a fondé sa vie sur le roc de l'Evangile. Voilà de quoi nous réconforter nous aussi, nous qui, jour après jour, constatons l'avancée de la violence, le recul de l'amour, du dévouement, du sens de la responsabilité et de l'entraide. Le Christ triomphera. Sa parole ne retourne pas sans effet. C'est l'image de l'épée à double tranchant sortant de la bouche du Christ. Cette image nous rappelle ce verset de l'épître aux hébreux:" la parole de Dieu est vivante et efficace. Plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles. C'est selon cette parole que seront jugés les ennemis de Dieu, c'est en fonction de l'obéissance, de la fidélité à cette parole que seront sauvés les élus du Seigneur. Aucun tribunal humain, fût-il tribunal d'exception ne saurait contrer l'autorité du Christ. Exhortation pour Jean condamné au bannissement par un tribunal humain, exhortation pour les chrétiens de tous les temps et sous les cieux incertains, exhortation pour les chrétiens persécutés, encouragement au témoignage courageux par les paroles et les actes pour nous tous qui vivons des temps plus cléments et qui aurions peut-être trop tendance à considérer que tout va de soi et que la foi s'accommode de toutes les compromissions. Autre caractéristique de l'apparition: tête et cheveux blancs, auréolés de lumière et de la gloire de Dieu. Blanc de la transfiguration, blanc de la résurrection, blanc qui deviendra symbole de pureté et de foi; ses pieds semblables à de l'airain ardent: rien ne peut s'opposer à la marche du Seigneur vers nous, aucun obstacle, aucune volonté. Le Christ est en marche, il vient à nous, même le feu que craignent tant les hommes, dont Ils font un usage domestique mais qui parfois se révolte et détruit, même le feu ne saurait lui être un obstacle. Il domine le feu puisqu'il traverse la fournaise. L'habit lui-même dans lequel le Christ apparaît a une importance symbolique énorme puisque la longue robe portée est l'habit dans lequel chacun reconnaît la tenue du grand prêtre, la ceInture d'or, attrIbut du roi, peut aussi être une allusion au médaillon d'or et de pierreries que le même grand prêtre portait sur la poitrine. Habit de prêtre, attribut de roi, Etait-il dans les intentions de Jean de vous faire lire ce texte avec les clefs que je vous propose aujourd'hui? Cela demande réflexion car nous ne pouvons nous empêcher de recevoir ce texte avec à l'esprit des textes identiques comme cet autre passage de l'épître aux hébreux dans lequel l'auteur compare la mission du Christ au service du grand prêtre. Mais même si nous simplifions la lecture nous ne pouvons nous empêcher de voir dans le personnage décrit un personnage hors du commun, entouré de la gloire de Dieu, venant vers l'homme, proche à le toucher, pour le délivrer, le relever, lui rendre sa dignité et son espérance. A force de vouloir déchiffrer les symboles, décrypter les codes, nous risquons de passer à côté de l'essentiel, de mettre l'accent sur ce qui devait conduire le lecteur au lieu de le mettre sur le point précis que l'évangéliste voulait mettre en relief. Savoir les derniers versets: "Ne crains point, je suis le premier et le dernier et le vivant. J'étais mort et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs du séjour des morts. Ces paroles sont accompagnées d'un geste: la main du Christ qui s'est tendue si souvent vers les petits ou les grands, qui rendit la vie, l'espérance, la joie et la foi à tant d'hommes et de femmes dont parlent les Evangiles mais aussi l'histoire de l'Eglise et de nombreux témoignages: cette main Jésus la trend vers nous. Elle joint les cieux et la terre. Elle nous fait avancer sur le chemin qui mène à Dieu. Cette main témoigne de la victoire totale de Jésus-Christ sur la mort, la sienne et la nôtre. Cette main qu'il tend ne nous dit-elle pas: "Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger parce qu'il est le fils de l'homme. L'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Autres textes de la même catégorie
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