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Apocalypse 1 v 5-8 (Alphonse Maillot)
Texte : Apocalypse 1/5-8
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Va, ta foi t’a sauvé — Notes homilétiques pour les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année B - Fin de l’année : octobre-novembre. Mission Intérieure de l’Eglise évangélique luthérienne à Paris, 1991 (p. 55-56). — Cet ouvrage comporte, en outre, pour ce dimanche précisément, un livret encarté, dont nous joignons également le texte. Fête du Christ-Roi 34° dimanche ordinaire ou 26° dimanche du Temps de l’Eglise Daniel 7/13-14 Il est non seulement bon mais nécessaire de relire cette deuxième partie (les Visions) du livre de Daniel qui commence avec le chapitre 7. De la Mer (v. 2) (= océan du chaos, depuis des temps immémoriaux) ont jailli quatre Bêtes (v. 3) malfaisantes, expressions symboliques et mythologiques des royaumes de Ninive (?), Babylone, Perse et Grèce (v. 3-8) ; sous ce dernier règne ont surgi des rois (des roitelets) syriens : les dix cornes (v. 7) (la corne représente la puissance) ; avec une onzième plus terrifiante, qui représente Antiochus Epiphane (vers 170 avant Jésus-Christ), roi impie (1 Maccabées 1/10, 16-25 & 41ss) qui dépouille et souille le Temple avec une statue de Zeus et essaie de faire disparaître la religion juive (1 Maccabées 1/41). Mais le Seigneur est fidèle, et c’est alors le Vieillard du v. 9 (la traduction est délicate, il s’agit plutôt d’une image pour Dieu lui-même : “Plus vieux que les jours”, traduction littérale) ; Vieillard qui fait cesser la souveraineté des bêtes et des cornes (v. 11 et 12) et, de fait, Ninive, Babylone, la Perse ont depuis longtemps cessé leur domination, tandis que la Grèce commence à s’effondrer. (Que ce panorama nous soit une leçon ! Et pas seulement d’histoire ; v. 12). C’est alors qu’apparaît, depuis les cieux, le personnage “semblable à un fils d’homme”. Il n’est guère d’expression biblique plus discutée. Je n’ai pas la compétence pour apporter une opinion valable. Cependant, au v. 27, ce Fils d’homme est remplacé par le peuple élu. Constatons seulement qu’il s’approche du trône divin pour y être intronisé comme Souverain glorieux sur tous les peuples. Mais, à aucun moment de ce texte, ce fils d’homme qui vient des cieux et va vers le trône de Dieu, ne se dirige vers les hommes. Seulement son apparition vient mettre fin pour toujours à toutes les puissances néfastes qui se disputaient un monde qu’elles déchiraient. On ne peut oublier que Jésus revendiquera, en tant que futur crucifié, être ce Fils de l’homme qui met à bas toutes les puissances (Marc 14/62) ; c’est pourquoi je regrette qu’on ait pris Jean 18 comme texte d’Evangile. Encart : Préambule : On aurait voulu nous compliquer cette affirmation déjà fort complexe (ou plus exactement, paradoxale) : “Christ, roi de l’Univers”, qu’on ne s’y serait pas pris autrement qu’en choisissant ces textes de Daniel 7, Apocalypse 1 et Jean 18 qu’on a “amputé” de son joyau, le verset 38 (nous y reviendrons). En effet, Jésus (et Apocalypse 1 le confirmera) est Roi de l’Univers, précisément parce qu’il n’est pas un roi de ce monde (3° texte). Il serait plutôt un Contre-Roi : Matthieu 20/28, Marc 10/43-45, Luc 22/27, Philippiens 2/7, etc... pour ne rien dire de Matthieu 23/8-12 et autres nombreux passages. Ce n’est pas une royauté triomphale que nous fêtons ici, mais la royauté de celui qui est mort pour que ses sujets deviennent vraiment des Sujets responsables, et non pas des marionnettes maniées par les ficelles d’un grand Manitou. Alors, auparavant, pénétrez bien dans ce nouveau royaume, que précisément Matthieu comparera souvent à des choses ou des réalités infimes et infirmes : une graine de moutarde, des semailles désordonnées, une femme maniant un peu de pourriture (levain), un filet de pêche ; ou encore à des personnages souvent peu communs : un roi dont les sujets se défilent devant ses invitations, des maîtres de maison jamais chez eux, etc... Oui ! Approchez-vous d’abord du trône qui est une Croix, et alors seulement vous saisirez qu’il nous faut procéder à un changement d’intelligence, sinon de vocabulaire, avant de parler du Christ-Roi. C’est pour avoir oublié de le faire continuellement, que l’Eglise est devenue impériale (et non plus annonce du royaume) avec un “Impérator sanglant” écraseur de damnés, allumeur de bûchers, toujours menaçant et vengeur (ce n’est probablement pas pour rien qu’on vient de rafraîchir les effroyables fresques de Michel-Ange, avec son Christ-Rambo ; alors qu’on a par exemple tant reproché à Nietzsche son “Ubermensch” qui n’était pas le diabolique surhomme, mais un homme - au-delà-de-l’homme ; un homme plein...). Précisons au passage que ce n’est pas non plus en parlant d’une Eglise-“servante-des-hommes” qu’on en exorcise nécessairement le démoniaque désir de pouvoir humain, mais c’est bien en annonçant aux hommes qu’ils sont délivrés de toutes les aliénations (et en particulier de celle que l’Eglise tend toujours à exercer sur eux) que l’on commence à retrouver le vrai service auquel l’Eglise est appelée ; c’est en déchargeant les hommes de leurs fardeaux et en les faisant accéder à un vrai repos (Matthieu 11/28-30), qu’elle suit sa vraie vocation et annonce la vraie royauté du Christ. Et c’est quand vous aurez des “auditeurs” (pardon !) enfin reposés (je n’ai pas écrit : “somnolents”, et encore moins “endormis”) que vous aurez annoncé à peu près convenablement Jésus Roi de l’Univers. Vous aurez d’ailleurs droit à la 7° Béatitude : “Heureux les auteurs de paix !” ; ce n’est déjà pas si mal. Daniel 7/13-14 Après ce long préambule, vous pourrez parvenir à ce texte de Daniel, qui a usé toutes les ressources de la sagacité des exégètes du... Nouveau Testament. Car il y est question de ce fameux “fils d’homme” où tant et tant de lecteurs ont voulu voir une préfiguration du non moins fameux “Fils de l’homme” du Nouveau Testament. Je vous conseille au passage le commentaire de LACOCQUE André : Le livre de Daniel (commentaire de l’Ancien Testament, XVb). Delachaux et Niestlé, 1976. Je voudrais simplement faire remarquer à ceux qui font ces rapprochements... rapides que : 1°- On a ici : comme un fils d’homme (en araméen)... Ce n’est qu’une comparaison. 2°- Manque l’article “fils de l’homme”. 3°- On retrouve (en hébreu) une centaine de fois l’expression “Fils d’homme” dans le livre d’Ezéchiel (cf. 2/1,...) qu’on se garde de rapprocher du Nouveau Testament, car (dixit la TOB) en Ezéchiel, il ne s’agit (en ce qui concerne le prophète) que d’un “infime fils d’homme”. Et si là était justement le secret du choix par Jésus de cette expression ? Ce qui semble un peu confirmé par le texte de Daniel où ce “fils d’homme” est finalement opposé à toutes les Bêtes, plus terrifiantes les unes que les autres, dont la description a commencé au v. 4. Il faut donc se garder de “mythiser” ce personnage très humain à qui vont être confiées souveraineté, gloire et royauté, et qui, à la fin de ce chapitre 7, passeront tout d’abord aux mains des Saints (? ?) et du Très-Haut (v. 18), avant de se retrouver partagées par le “peuple des Saints”, c’est-à-dire le peuple d’Israël (probablement). Mais vous avez aussi tout intérêt à consulter les (bonnes, très bonnes même) notes de la TOB ; je vous ai déjà confié que ce langage poético-allégorico-apocalyptique ne m’était guère familier. J’emprunterai volontiers la conclusion même de l’auteur biblique de ce chapitre 7 : ... “Pour moi, ces réflexions me tourmentent beaucoup” (v. 28). Même si mes “couleurs” n’en sont pas altérées pour autant. Autres textes de la même catégorie
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