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Actes 7 v 54-60 Alphonse Maillot
Texte : Actes 7/54-60
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 133-134). 6° dimanche après Pâques ou 7° dimanche de Pâques Actes 7/54-60 (ajouter 8/1) L'auteur inaugure ici un genre dont il ne se doutait certes pas de la fortune ultérieure : le genre hagiographique, et des « vies des Saints et Martyrs » qui ont envahi la littérature édifiante des Eglises. En effet, le malheur a voulu qu'on lise mal (ou en travers) le « martyre d'Etienne », qui occupe (ou plutôt dont les paroles occupent) tout le chapitre 7 du livre des Actes. Et qu'il vaut de rappeler en quelques lignes : Etienne a tracé à grands traits l'histoire du salut depuis Abraham, et note que les frères de Joseph l'ont jalousé et vendu (7/9). Il rappelle le pardon de Joseph envers ses frères (7/13). Puis c'est le « geste de Moïse » qui, en particulier, est repoussé par ses frères alors qu'il voulait les défendre et ensuite les réconcilier (7/24-28). Comme Joseph, Moïse revêt ainsi, dans ce sermon (et non discours !) d'Etienne, les traits futurs de Jésus (versets précédents + v. 35 qui souligne bien que c'est le Moïse-rejeté-par-les-hommes, qui devient chef et libérateur). En v. 39, la rébellion et le refus des Israélites sont bien soulignés, tandis qu'en v. 42-43 sont mis en cause (à l'aide de l'Ancien Testament) les sacrifices. Une autre allusion au tabernacle-temple errant, va servir à mettre en cause le Temple, superbe mais figé de l'époque, où le Très-Haut n'habite plus (v. 44 et 49), malgré les Israélites qui croient le détenir à demeure et qui ne l'ont pas reconnu quand il est venu (en Christ) parmi eux. Donc, depuis toujours, le peuple élu et circoncis, se conduit en peuple incirconcis et rebelle (v. 51-53). Ainsi tout le sermon d'Etienne va consister : a) à dégager les grandes lignes de l'Ancien Testament : Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse (et sa contre-image, le Pharaon), Aaron, David, Salomon (et les prophètes, v. 32) sont nommés essentiellement pour montrer que déjà les Israélites de toutes les époques se sont opposés à eux (cf. la trame empruntée par Paul en Romains 9-11) ; b) en une interprétation, tout d'abord christologique de l’histoire sainte, et ensuite parénétique de cette même histoire : « Ceux qui, tout au long, se sont opposés au plan de Dieu, c’était déjà vous et vous avez recommencé, et vous allez recommencer » (cf. parabole des vignerons : Matthieu 21/33-39). Avant d'en faire une arme antisémite, souvenons-nous que, si Etienne est très certainement un des Hellénistes (cf. son nom grec), ceux-ci étaient des Juifs de culture grecque ; c'est donc un Juif qui parle à son peuple ; de plus, il faudrait ne pas oublier les atrocités que les chrétiens se sont avérés capables de commettre, même entre eux. Encore aujourd'hui (cf. l'Irlande du Nord). La deuxième partie du récit, celle que nous devons étudier, est aussi christologique, c'est la passion d'Etienne, mais référée à celle du Christ ; Etienne aperçoit (en vision, v. 56) la gloire de Dieu, et le Fils de l'Homme debout à la droite de Dieu : cf. Luc 23/46 (v. 59) et Luc 23/34 (v. 60). Et garder ici la vieille traduction Segond : « Il s'endormit » (sans addition). On notera que, sans être un double (ne serait-ce que par ce dernier détail) de la Passion selon Luc, celle-ci y ressemble fort ; il est clair que l'auteur veut ici renvoyer à celle du Christ pour en montrer la pérennité sinon l'actualité (on pensera à Colossiens 1/24 et Actes 9/5). Mais puisqu'on en vient à Paul, il ne faut pas oublier 8/1 ; voir peut-être le 7/58, où il y a le terme « témoin » qui va bientôt signifier, chacun le sait, « martyr » (Apocalypse 2/13). Car le témoin Paul sera un jour le martyr Paul. La mort du « grand » Etienne va donner naissance au « grand parmi les grands » : Paul… avorton gracié (1 Corinthiens 15/8). On songera à « La Puissance et la Gloire » de Graham Greene, et mieux encore au film de J. Ford « Dieu est mort ». Autres textes de la même catégorie
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