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Actes 6 v 1-7 Alphonse Maillot
Texte : Actes 6/1-7
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 115-117 & 124-125). 4° dimanche après Pâques ou 5° dimanche de Pâques Actes 6/1-7 Les premières difficultés de l'Eglise, et dans l'Eglise, commencent ; à dire vrai elles ont débuté avec la célèbre et triste histoire d'Ananias et Saphira (5/1-11), qui a non seulement correspondu aux deux premiers décès dans l'Eglise, mais aussi à la mort de l'Eglise utopique, comme de bien des illusions chrétiennes. Les récits (chapitres 5 et 6) jettent une lumière critique sur la description des débuts idylliques de l'Eglise et son ambition d'établir, au milieu des communautés humaines limitées et pécheresses, une sorte de communauté tout à fait nouvelle d'où seraient bannies les erreurs humaines, et qui serait comme la présence réelle (et éblouissante) du Royaume parmi les hommes, qui, en voyant l'Eglise, auraient quasiment été contraints de confesser son caractère divin (cf. Matthieu 5/16). C'est important à relever, car cette nostalgie (et le découragement qu'elle sécrète) de l'Eglise "utopique", n'a jamais cessé. Et, il n'y a pas si longtemps, elle a exercé des dégâts dont nous n'avons pas encore bien mesuré l'ampleur. Ici, ça se met à "râler" (v. 1 : toujours ce verbe combien ecclésiastique : bougonner, marmonner ; Luc 5/30 ; Jean 6/41, 43, 61, etc…) ; et curieusement, non pour un "problème" théologique, mais à propos de ce qu'on appellerait aujourd'hui un "problème" diaconal. Les "Hellénistes" ("frères de langue grecque", met astucieusement le Lectionnaire catholique) s'aperçoivent (ou "croient s'apercevoir") que "leurs" veuves sont désavantagées lors de la distribution de la nourriture qui semble bien avoir accompagné le service cultuel (quotidien). La suite laisse bien supposer que c'était les apôtres eux-mêmes ou des amis juifs (frères de langue hébraïque : Lectionnaire catholique encore) qui commettaient cette injustice (selon les uns) ou s'abandonnaient à cette faveur (pour les autres). On remarquera alors que les deux premiers "problèmes" que rencontra l'Eglise primitive furent deux vrais problèmes, je veux dire par là des problèmes "concrets". Et non pas des problèmes abstraits de théologie... Ils viendront, eux aussi, qu'on se rassure (cf. 15/5ss) ! Et on remarquera encore qu'aussitôt, on convoque une assemblée plénière (en fait, le premier concile, et non celui du chapitre 15) pour résoudre la difficulté. Cela ne traîne pas ; les apôtres se souviennent de Moïse (Exode 18/21-23) qui "se crevait" seul à la tâche, et auquel son beau-père (païen mais sage) conseille de se faire assister par des hommes de valeur, mais subalternes. Les apôtres vont alors proposer d'être assistés par sept personnes (qu'on nommera plus tard "diacres" ; ici, au v. 2, le verbe désigne l'action du "service" des tables accompli jusqu'alors par les apôtres et, au v. 4, il désigne le service de la Parole par ces mêmes apôtres. Et profitons-en pour remarquer que, malgré Etienne et Philippe, le mot "diacre" n'est jamais employé dans les Actes). En tout cas, les Douze proposent sept Hellénistes que l'assemblée s'empresse d'élire. Et le problème aussitôt posé, fut aussitôt résolu. Puis-je remarquer que les Douze : a) dont Jésus (dans Jean 13) voulut être le serviteur très humble, b) semblent manifester un léger (?) dédain aristocratique envers les tâches dites diaconales dans l'Eglise... (v. 2) ? Cela n'a pas changé ! c) Et, déjà, les ministres de l’Evangile semblent devenus gens pressés… Il faut dire qu’au rythme de trois mille conversions par sermon… (cf. v. 7). Si nous pouvions avoir la même excuse ! "Plan" de prédication Je m'autoriserais à mêler les trois textes sous la rubrique : "Misère, grandeur et diversité de l'Eglise". Misère — Actes 6 : des ségrégations culturelles resurgissent quasiment aussitôt après la naissance de l'Eglise (trop édénique, décrite plus haut), ségrégations typiques de toutes les autres. L'Eglise n'en est pas à l'abri. Elle est vite contaminée par ces tentations de rejet... mais on soulignera alors la rapidité du règlement. Il faut dire qu'à l'époque, on n'ergotait pas sur des virgules. On soulignera, au passage, que c'est en ayant recours à Moïse (Exode 18/13ss) que la solution est découverte, même si parfois il nous faut inventer. Grandeur — 1 Pierre 2 : Dieu qui construit son Eglise avec les pierres délaissées par tous les "grands architectes et bâtisseurs" (cf. 1 Corinthiens 1/26), et qui fait de chacune d'elles une pierre "vivante", et une pierre qui permet à l'édifice de grandir et de tenir. On relèvera bien l'alliance de mots des v. 4-5 : pierre(s) vivante(s), avec le passage de Jésus-Christ aux chrétiens, et donc de celui de la prêtrise du Christ à celle de l'ensemble des chrétiens. Mais la pierre de faîte est Jésus-Christ lui-même et lui seul. Diversité — Jean 14 : toutes les pierres ne sont pas taillées de la même manière, ni placées au même endroit : "Il y a (et il le faut) beaucoup de sortes de pierres pour construire la maison de mon Père" (cf. v. 2). D'ailleurs, Actes 6 en avait fourni un premier exemple avec la "naissance" des diacres, même si les ministères ne vont pas être étanches (cf. le "sermon" d'Etienne en Actes 7). Insistez, face aux sectes, sur la promesse qu'il y a beaucoup de demeures, de pièces, d'appartements dans le Royaume qui n'a rien pourtant d'une H.L.M. ; et qu'il y aura beaucoup de gens... même ceux des sectes ! |
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