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Actes 2 v 42-47 Alphonse Maillot



Texte : Actes 2/42-47
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 83-85 & 92).



1° dimanche après Pâques
2° dimanche de Pâques

Actes 2/42-47

Remonter au v. 41 où l'on nous explique qu'après le premier sermon (et non "discours" ! !) de Pierre, trois mille personnes (toutes juives) ont accepté le baptême et forment ainsi, du moins celles d'entre elles qui résidaient à Jérusalem, la première communauté chrétienne.

On peut supposer que Luc (?), qui doit écrire au moins quarante-cinq ans après les événements, connaît des communautés moins "solides" que la communauté primitive, encore sous le choc primordial de Pâques pour ses fondateurs, et de celui de Pentecôte pour ses membres (ne pas séparer les événements : Pentecôte est le témoignage que l'Esprit a rendu au Ressuscité ; il est celui qui a transformé la réalité objective de Pâques en attestation subjective : cf. 2/31-36 et 1 Corinthiens 15/6a). Luc (?) veut probablement insuffler un regain de foi et d'espérance aux communautés qui lui sont contemporaines, et il rappelle sur quoi repose l'Eglise (même si on sait toujours sur Qui !) : v. 42.

1- L'enseignement (la didachê) des apôtres (et non pas l'enseignement des responsables des communautés). En tout cas :

a) 1'enseignement restera toujours prioritaire dans l'Eglise. L'Eglise, créée par la Parole (Jean 1), commence toujours par des paroles. N'ayez pas peur d'enfoncer ce clou, en cette époque où l'on veut parfois communiquer un Evangile sans parole, un Evangile choc émotionnel, ou bain mystique, ou... B.D. (B.D. = aussi ... BonDieuserie !). La foi vient de la Parole (Romains 10/17 : "La foi vient de ce qui est entendu — "prédication" dit la TOB —, et ce qui est entendu vient du discours du/sur le Christ" : ne sont pas distinguées la parole même du Christ et la parole dite à propos du Christ).

b) il s'agit (le verbe est fort) de s'en tenir fermement (et pas seulement d'y être assidus : TOB) à cet enseignement.

2- La communion, porte simplement le texte ; tout le monde ou presque ajoute "fraternelle", ce qui n'apporte guère de précision. Je m'interroge pour savoir si le mot n'évoque pas essentiellement le v. 44b, et donc le partage des biens, ou, si ce v. 42 évoque le culte, ce serait la collecte (cf. Philippiens 1/5 ; 2 Corinthiens 8/4) ; mais, dans les deux cas, c'est un partage concret.

3- La fraction du pain : cf. Luc 24/35. Il s'agit, bien entendu, de la célébration du repas du Seigneur, non encore désigné (de manière restrictive autant que malencontreuse) par "Cène (Sainte)" ou "Eucharistie". Il n'y avait donc probablement pas de culte sans un vrai repas ni sans fraction du pain, ni... sans proclamation de la parole.

4- Les prières : je ne suis pas sûr (contre la TOB) qu'il s'agisse ici de "prières proprement chrétiennes" ; le v. 46b (cité par la TOB) montre au contraire que l'Eglise primitive n'a absolument pas rompu avec les pratiques et prières juives que Jésus a reprises souvent. Que cette Eglise ait aussi trié dans ce trésor ce qui lui semblait pouvoir s'appliquer à la foi nouvelle, c'est évident (cf. d'ailleurs le sermon de Pierre et son utilisation des Psaumes : Psaume 18 = Actes 2/24 ; Psaume 16 = Actes 2/25ss ; Psaume 132 = Actes 2/30 ; Psaume 16 encore = Actes 2/31 ; et surtout 1'énigmatique Psaume 110, qui trouvait enfin sa clef dans le Christ glorifié = Actes 2/34-35).

Quant à la crainte du v. 43, elle exprime non pas une peur, mais ce sentiment indéfinissable que l'homme éprouve quand il se trouve devant des événements qui le dépassent, et en particulier si ces événements s'accompagnent, comme ici, de "prodiges" et de "signes", dont on notera bien qu'ils ne font qu'accompagner, en fin de liste, la prédication (v. 42).

Aux v. 44-45, il est dit que la première communauté ne faisait qu'Un, et que ses membres n'avaient plus rien qui leur appartînt en propre. Sans doute Luc se trouve-t-il devant des Eglises dont les membres ont retrouvé un sens aigu de la propriété individuelle (et égoïste). Cependant on peut supposer à juste titre que la pratique du v. 45 ne fut pas longtemps vécue, ne serait-ce que pour des raisons de commodité. Cependant, il ne faudrait, aujourd'hui, pas se débarrasser trop vite de ce v. 45 (dont le DEFAP (!) nous rappelle, à sa manière, l'actualité).

v. 46 : unanime = excellente traduction. Mais on peut voir (une fois encore contre la note de la TOB) combien la première communauté est restée juive dans ses pratiques, sinon dans sa foi, même s'il est vrai que les parvis du Temple semblent avoir été un lieu très favorable à l'évangélisation. C'est essentiellement pour la "fraction du pain" que l'Eglise a eu un lieu spécifique. Mais ici, l'Eglise n'est encore qu'une branche du Judaïsme.

(On essaiera de se procurer le cahier théologique n° 31 de Delachaux et Niestlé, 1952 : La vie de l'Eglise naissante, de P.H. Menoud).



"Plan" de prédication

Autant dans une étude biblique, j'insisterais sur le texte des Actes avec :
a) l'enseignement,
b) la communion,
c) la fraction du pain,
d) les prières (sans oublier le diaconat qui naîtra au chapitre 6 du "service des tables" et du soutien des veuves). On essaiera de se procurer le cahier n° 31 des Cahiers Théologiques de Delachaux et Niestlé (P. H. Menoud : La vie de l'Eglise naissante, cf. plus haut) ;

Autant pour la prédication, je me "rabattrai" sur Jean 20/19-31, "typologie" du culte chrétien :
a) réunion d'hommes peureux (pas difficile de découvrir nos peurs) ;
b) présence certaine du Christ, qui déjoue nos fermetures, nos murs et nos incrédulités ;
c) le Châlom (ou Shâlôm) donné non seulement pour une heure, mais pour toute la vie ;
d) le Pardon transmis... (n'insistez pas sur les péchés "retenus" (?)) ;
e) le Jumeau (Didyme) = notre jumeau en incrédulité, dont nous pouvons devenir le jumeau en la foi et le pardon.




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