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Texte : Actes 2/14 & 36-41
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 103-105). 3° dimanche après Pâques ou 4° dimanche de Pâques Actes 2/14 & 36-41 Encore une lecture à reculons et entrecoupée qui fait bien peu de cas de la peine que l'auteur des Actes a prise pour composer son livre. Tout d'abord : v. 14, c'est plutôt "Pierre éleva la voix... et il proclamait ceci : …" ; puis on nous fait passer au v. 36, où l'ordre de la phrase dans la TOB est nettement meilleur que dans le Lectionnaire catholique ; à peu près littéralement : "Dieu a fait son (sic :) Seigneur et Christ, celui-là, Jésus, que vous, vous avez crucifié". Rappelons ce que nous avons déjà dit à propos de ce "vous", qui correspond pourtant essentiellement à l'assurance que Jésus est mort pour les Juifs, parce que mort aussi par les Juifs. Au v. 37, il y a un terme très fort, qui montre bien que les Juifs n'ont pas pris ce "vous" comme une accusation sans remède : "Saisis (jusqu'au cœur) par un profond chagrin". Il ne s'agit pas tant de remords que d'une peine intense devant la mort de celui que Pierre leur annonce comme étant le Messie choisi par Dieu, et même comme étant le Seigneur. Et c'est la question "Que ferons-nous ?", où les auditeurs pensent nettement (comme à chaque fois que, dans les évangiles, resurgit cette question) qu'il leur revient maintenant d'agir et d'agir en faveur de celui contre qui, hier, ils se sont opposés jusqu'à participer à son supplice (n'oublions pas que la mort du Messie signifiait, pour les Juifs, leur propre mort comme la mort du dessein de Dieu). Il faut alors comprendre la réponse de Pierre : 1°- comme une mise en garde : il ne s'agit plus d'abord, conformément à votre ancienne mentalité et votre ancienne manière de comprendre, de faire et encore de faire, mais surtout de quitter cette mentalité et enfin de vous laisser faire ; il s'agit pour vous de changer d'optique, de changer de critères, en un mot de vous convertir à ce nouveau Seigneur qui d'abord fait et se donne. Laissez enfin toute l'initiative à Dieu... et ceci sera marqué, 2°- par ce qu'on peut appeler "l'acte-passif" par excellence : le baptême, où l'homme enfin se laisse faire par Dieu (Paul pensera : se laisse mettre à mort et communiquer la vie nouvelle ; Romains 6), se laisse enfin effacer tout son passé avec toutes ses fautes (v. 38) par le nom et la puissance efficace de Jésus-Christ (mort et ressuscité) ; un tel homme ainsi recevra, non seulement le pardon, mais encore le don (le jeu de mots n'est possible qu’en français) du Saint-Esprit, don à partir duquel l'homme ne cherche plus d'abord à faire et encore à faire, guidé qu’il est par le Saint-Esprit qui lui apprend en premier lieu la dé-préoccupation de soi (v. 38). A la question "Que ferons-nous ?" Pierre répond : "Voilà ce que Dieu a fait et voilà ce qu'il va faire pour vous : ce qu'il vous dit et donne dans le baptême". Puis survient le v. 39 qui aurait dû exclure à tout jamais l'interprétation antisémite des "vous (les Juifs)" des sermons de Pierre. "La Promesse" (surtout garder cette traduction) du Salut est faite : a) pour vous, Juifs, b) pour vos descendants, c) et enfin même pour ceux qui en semblaient très éloignés = ici les "païens" (il vaut mieux dire "non-Juifs") (cf. note TOB). Mais il est clair que, pour Pierre, le plan salutaire de Dieu passe toujours en priorité par les Juifs (dont, avec les Onze et avec son Seigneur, il est toujours). Au v. 40, après le témoignage de Pierre, on conservera l'ambiguïté du verbe "exhorter", "encourager", "consoler" (cf. v. 27). Le "Sauvez-vous" = aussi bien : "Vous êtes sauvés". Et, dans ce contexte, conformément à la racine hébraïque, je traduirais plutôt "Libérez-vous (soyez libérés) de cette génération...". Quant à la génération tordue (atteinte de scoliose !), cela désigne aussi bien ses péchés spectaculaires que sa volonté égoïste et orgueilleuse, tournée vers elle-même. Au v. 40, on notera les deux expressions verbales : "Ceux qui avaient reçu cette parole", et "ils furent baptisés". On entre dans le nouveau royaume en "recevant" et en étant plongé dans l'eau. Le baptême est bien le sacrement de la gratuité. C'est pourquoi je me refuse à condamner, et même à rejeter, le baptême (promesse de Dieu) des enfants. |
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