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Actes 14 v 21-27 Claude REYNAUD
Texte : Actes 14/21-27
Genre : Prédication Auteur : Claude REYNAUD Source : Prédication pour le dimanche 10.05.1998. Bible et Liturgie, ERF Cévennes-Languedoc-Roussillon. « Ils racontèrent comment Dieu... avait ouvert aux païens la porte de la foi... ». Un groupe de chrétiens, pas plus important qu'une de nos petites paroisses, s'était privé de deux des leurs, Paul et Barnabas, pour témoigner dans le vaste monde de l'espérance chrétienne. Cette décision tout à fait insolite était partie de la capitale syrienne d'Antioche, dans le jeûne et la prière. Sous l'impulsion du Saint-Esprit, un mouvement universel se met en place : transmettre l'héritage spirituel, c'est l'affaire de tous dans une paroisse, hier comme aujourd'hui. Autant dire que la vitalité d'une communauté chrétienne se mesure au nombre de personnes qui se mobilisent pour annoncer la Bonne nouvelle du Christ ressuscité — c'est-à-dire pour catéchiser les jeunes ou les moins jeunes, et cela parce que la catéchèse construit l'Eglise ! Revenons à notre texte biblique : rien ne nous dit combien de temps s'est écoulé depuis les adieux émouvants des deux apôtres. Il ne s'agit en tout cas pas de semaines ni de mois, mais bien d'années. Les hypothèses varient entre trois et cinq ans. Et l'on peut supposer que, depuis ce jour-là, à Antioche, aucun jour ne s'était passé sans que l'on y intercédât pour les deux ambassadeurs. Enfin, les voici de retour sains et saufs à Antioche. Aussitôt la communauté est convoquée pour entendre les apôtres. «...Ils firent voile vers Antioche d'où ils étaient partis, recommandé à la grâce de Dieu pour l'œuvre qu'ils avaient accomplie. Quand ils furent arrivés, ils assemblèrent l'Eglise... ». La communauté va entendre comment Dieu a exaucé ses prières d'intercession. Ce qui est nouveau, dans le récit des apôtres, pour les Antiochiens qui sont déjà chrétiens — nouveau au point de les suffoquer —, c'est la nouvelle que, partout dans le monde et pas seulement à Antioche, « des païens peuvent passer par la porte de la foi ! ». Qu'est ce que cette porte ? Il s'agit peut être de quelque chose de très particulier ? Dans l'Ecriture, il est souvent question de porte tantôt ouverte tantôt fermée. La porte suggère l'idée d'un tri. La porte s'identifie à la cité qu'elle protège, parce que c'est auprès de la porte que se concentre la vie de la cité : les rencontres, les affaires commerciales, les jugements et la justice y sont rendus. Mais la cité réalisera la volonté de Dieu « en enlevant le mal du milieu d'elle » plutôt qu'en fermant ses portes aux nations. Toutefois, à l'entrée même de la Bible, une porte se ferme, celle du paradis. Et un ange, un épée à la main, se tient devant elle et en interdit l'entrée. Un jour sonne l'heure de Dieu, et la porte s'ouvre de nouveau. Le Christ devient lui-même la vraie porte du ciel, descendu sur terre, la porte qui introduit aux pâturages. « Je suis la porte », dit le Christ. Une porte étroite comme le chemin qui y mène. Mais Christ appelle, sollicite, encourage, invite à marcher dans ce chemin et à entrer par la porte étroite. En d'autres paraboles, il parle de salle de festin qui est ouverte et où on peut entrer. Dans les récits de Pâques, il est question de Jésus venant vers ses disciples, les portes étant soigneusement fermées. Mais dans le livre des Actes des apôtres, à trois reprises, on voit des disciples emprisonnés, et une main invisible ouvre la porte de leur prison : preuve qu'il n'est plus de prisons si bien gardées dont Christ ne soit pas le maître. Il possède la clef pour n'importe quelle fermeture. C'est ce dont témoigne le dernier livre de la Bible, l'Apocalypse, par la bouche du Seigneur : « Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et personne ne fermera, celui qui ferme et personne n'ouvrira ». Christ est ainsi la porte des tombeaux — de l'enfer — du ciel. Cette porte, il l'a ouverte. Voilà tout le contenu de la Bonne Nouvelle. Il n'en est point de plus importante, de plus grande, de plus joyeuse. Ainsi Paul et Barnabas n'ont pas couru en vain, les chrétiens d'Antioche n'ont pas prié en vain. Et surtout, Christ n'est pas mort en vain ni ressuscité en vain ; il n'a pas commencé en vain sa marche jusqu'aux extrémités de la terre. Non seulement des Juifs, mais des païens, des ressortissants de n'importe quels peuples sont entrés par la porte ouverte. Cela, Paul et Barnabas ne peuvent l'expliquer autrement, parce qu'en eux s'est accompli le miracle de la foi : « Dieu, Dieu lui-même a ouvert aux païens la porte de la foi ». L'allégresse et la reconnaissance que cette communication des apôtres suscite dans la communauté d'Antioche sont inimaginables. Cette communication des apôtres doit exercer sur nous aujourd'hui une influence édifiante pour notre foi. Ce que Paul et Barnabas racontent, à leur retour, aux chrétiens d'Antioche concerne les chrétiens de tous les temps et de tous les lieux. La porte ouverte aux païens ne s'est pas refermée, elle peut rester ouverte en ce moment-même. Il en est peut-être parmi nous qui souffrent de ne pas arriver à croire, de ne pas retirer plus de profit du culte, d'avoir tant de peine à lire la Bible, d'avoir le sentiment que leurs prières ne sont pas exaucées,... C'est à eux que Paul et Barnabas s'adressent : Ne vous découragez donc pas ! Ne cédez donc pas au diabolique découragement ! Frappez avec persévérance à la porte de la foi : elle s'ouvrira ! Aussi longtemps que l'on souffre d'avoir peu de foi, c'est la preuve que la foi est déjà là, que la porte a déjà été ouverte ou, en tout cas, entrouverte. D'autres souffrent peut-être de se heurter à des portes fermées chez leurs proches, leurs parents et connaissances. Reprenez donc courage ! Laissez là vos préjugés et les idées arrêtées que vous vous faites sur ces proches si hermétiques. Puisque Dieu a ouvert la porte aux païens, nous n'avons plus aucun droit de laisser germer en nous, à l'égard d'un de nos semblables, l'idée qu'il serait définitivement devant porte close. Des êtres qui nous font l'impression d'être fermés pour le Royaume des cieux sont précisément placés à nos côtés afin que, par eux et pour eux, nous apprenions l'intercession qui espère. Mais aussi pour que nous réalisions la grandeur de Dieu et non celle des intermédiaires (laïcs, pasteurs,...). Même si c'est au travers de beaucoup de tribulations que s'accomplit la victoire par laquelle Dieu ouvre aux païens la porte de la foi, il l'a fait hier, il le fait aujourd'hui et il le fera demain. Et même si ce grand souffle du large inquiète une partie frileuse de l'église-mère, écoutons cette parole de l'Apocalypse à la petite communauté persécutée de Philadelphie, dont il est dit qu'elle est faible : « J'ai ouvert devant toi une porte que personne ne peut fermer ; parce que toi qui as peu de force, tu as gardé ma parole et tu n'as pas renié mon nom ». Dieu se sert d'hommes de peu de force pour témoigner dans le vaste monde de la dynamique irréversible de son amour pour tous ses enfants. Autres lectures : Jean 13/31-35 Apocalypse 21/1-5 Cantiques : * Psaume 23 Dieu, mon berger * ARC 225 Nos cœurs pleins de reconnaissance * ARC 243 O Jésus, tu nous appelles |
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Jean 13 v 31 - 35 Pierre Muller