|
Liturgies
Notes bibliques ou théologiques
Prédications
Cantiques
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Actes 13 v 14 + 43-52 (Alphonse Maillot)
Textes : Actes 13/14 + 43-52 ; Apocalypse 7/9 + 14-17 ; Jean 10/27-30
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 103-111). 3° dimanche après Pâques ou 4° dimanche de Pâques Actes 13/14 & 43-52 Il semble que nous ayons ici (version du livre des Actes) la relation du virage définitif de la mission et de la prédication pauliniennes (à la suite du mystérieux événement brièvement évoqué en 13/2-3). Dans la première partie du chapitre 13, qu'il sera bon de relire pour soi, afin de mieux découvrir la charnière, Paul a fait un « sermon » (dans la synagogue : 13/14, d'Antioche de Pisidie) qui, comme celui d'Etienne, consiste en un long rappel de l'histoire du salut : sortie d'Egypte, séjour au désert, entrée en Canaan, les Juges, Samuel, Saül, David (v. 17-22), tout y passe et nous donne un excellent exemple de cette efficace catéchèse primitive que nos sciences dites humaines et nos abstractions méprisantes de l'Histoire (j'allais oublier nos dessins) ont piteusement remplacée. Il est vrai qu'il parle à des Juifs. (Ne faudrait-il pas, en tout premier lieu, reprendre au catéchisme cette première histoire du salut ?). Paul n'oublie pas, bien entendu, d'en arriver à Jean-Baptiste dont il rappelle bien qu'il savait et confessait qu'il n'était lui-même pas le Messie. Puis Paul se tourne vers les Juifs et les sympathisants (les craignants-Dieu, v. 26) et en arrive à la parole de salut (adressée à Nous) = la mort et la Résurrection du Christ. Il fait d'ailleurs un partage équitable dans les responsabilités de la mort du Christ. Les chefs juifs ont condamné un innocent : Jésus, que Pilate a fait ensuite périr. Puis Paul attribue l'ensevelissement du Christ aux chefs juifs (v. 29 ; est-ce en bonne part [cf. Jean 19/38] ou en mauvaise part ? Les deux interprétations se défendent). Mais Dieu l'a ressuscité et nous en témoignons (v. 31) ! Après cet exposé (que j'ai rappelé pour montrer combien le christianisme, comme le judaïsme, est accroché à l'Histoire et à une histoire en particulier, car cette histoire est l'essentiel de la Bonne Nouvelle : v. 32), Paul va donner une interprétation de certains versets de la Torah, qui annonçaient la messianité du Christ, voire son irréversible Résurrection (v. 32-36), en montrant que ces versets ne pouvaient s'appliquer à David, mais donc seulement au Christ (v. 37). Ensuite Paul quitte le plan de l'histoire du salut, pour affirmer que la Torah ne pouvait pas procurer une vraie justice ni un vrai pardon à ceux qui voulaient la suivre (v. 38-39), et alors sa prédication se fait avertissement en rappelant que seul l'orgueil de l'homme (qui tient à se justifier par ses propres forces) l'empêche de recevoir ce salut gratuit, mais urgent (v. 40-41). A cette première « audition » du Kérygme chrétien : histoire ; pardon gratuit ; avertissement urgent, beaucoup de gens sont « séduits » par la grâce de Dieu (v. 43). Mais le sabbat suivant (v. 44), c'est une autre affaire. Les Juifs voient un dilemme là où Paul avait vu (cf. épître aux Romains, chapitres 3 et 4) une continuité et un accomplissement tout en sachant que l'homme, au lieu de recevoir la Torah d'un cœur simple, y voyait souvent (ce fut sans doute son « expérience » à lui) le moyen de son auto-affirmation (et la Torah, sainte, juste et bonne est alors transformée par l'homme en instrument de mort et de déchirements : Romains 7). Dans cette prédication de l'Evangile, les Juifs voient une opposition, une rupture (v. 45) avec la Torah. C'est alors qu'a lieu le grand tournant du ministère de Paul, qui sera confirmé plus loin (15/7-11, 22, 36, avec une querelle digne de nos Eglises contemporaines : v. 39) : Paul (et Barnabas, mais cf. 15/39) va se consacrer essentiellement aux non-Juifs. Bien remarquer que ce sont les Juifs eux-mêmes qui ont amené, par leur refus, l'annonce de l'Evangile au monde ; ils ont été, en disant « Non », les propagandistes involontaires de la Bonne Nouvelle, qu'ils auraient dû être en disant « Oui ». On peut parcourir les chemins de Dieu en marchant à reculons (même s'il vaut mieux les suivre volontairement), mais jamais on ne s'en écarte. C'est ce qui amènera Paul à écrire le chef-d'œuvre de Romains 9-11 (chapitres probablement à l'origine de toute l'épître). Et la joie préparée pour les Juifs va devenir celle, plus grande encore, des non-Juifs (délivrés de toutes leurs croyances asservissantes : v. 48 et 52), eux aussi « destinés à la vie éternelle » (v. 48) ; après avoir remarqué le rôle néfaste ici joué par des femmes de haut rang attirées par la religion juive (v. 50), on s'apercevra que la persécution, loin de museler l'Evangile, va en favoriser la dissémination. Rappelons enfin que le geste du v. 51 n'est pas d'abord un geste de mépris, mais la confirmation : « Vous n'avez pas voulu nous recevoir ? C'est bien ! Mais nous n'emporterons rien qui vous appartienne. Gardez tout, même notre poussière » (Luc 10/11). Autres textes de la même catégorie
|
Inscription à la newsletter
Sondage
|
Cultes contemporains
3. Dim. a. la Trinité - Luc 19, 1-10