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Actes 10 v 34-38 Alphonse Maillot



Texte : Actes 10/34-38
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Mon âme magnifie le Seigneur — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C (Avent-Noël-Epiphanie). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1991 (p. 59-60).



Baptême du Christ

Actes 10/34-38

Le "impartial" de la TOB au v. 34 (au lieu du vieux : ne fait acception de personne) ne me paraît pas heureux. C'est plutôt "Dieu ne regarde pas au masque" (que tous nous portons, à cause de notre milieu, de notre religion ou encore de l'apparence que nous voulons nous donner) = "Dieu voit, en tous les hommes quels qu'ils soient, avant tout essentiellement des hommes". C'est Galates 3/28 : "Il n'y a plus ni Juif ni Grec ; ni esclave ni maître ; ni homme ni femme". L'Eglise est la fin des masques et des classes (à méditer par ceux qui ont des tendances cléricales trop marquées). Cf. ici la phrase riche, autant affirmative que nuancée, du v. 36 : "Si (Dieu) a envoyé son message aux Israélites, ce message (cette parole, littéralement) est (désormais) l'Evangile de la paix (accomplie) par Jésus-Christ, lui qui est le Seigneur de tous les hommes".

Dieu n'est donc pas "impartial", ce qui fait trop songer à une justice impassible, impavide, abstraite et aveugle, mais il aime tous les hommes, pour leur assurer qu'il est en paix avec eux, et qu'ainsi ils peuvent vivre en paix avec lui (Romains 5/1, qu'il faut lire avec bien des manuscrits : "Vivez donc en paix avec Dieu").

Car le plaisir de Dieu se trouve "dans ceux qui le respectent et pratiquent la justice (qu'ils ont reçue)" (v. 35). Il n'est pas dans les cérémonies fastueuses, les rites pompeux, les sacrifices que lui présenterait le seul peuple élu, mais, répétons-le, dans ce simple respect auquel accède n'importe quel homme qui veut vivre de la justice du Christ.

On aura tout bénéfice à décortiquer ensuite une des plus anciennes formulations de la foi chrétienne (que personnellement je n'hésiterai pas à faire remonter à Pierre lui-même), celle des v. 37-43, introduite par un tonitruant : "Vous le savez" = Voilà ce qu'il vous faut savoir... et confesser et proclamer (v. 42 : le fameux "kérygme").

Enfin, à la lumière de ce qui a été rappelé au v. 36 : la parole de la paix a été confiée à Israël, ce n'est pas tricher que traduire le "ils" du v. 39 par "on", ou "nous tous". Pierre est un Juif, mais pas un antisémite, il ne faudrait pas l'oublier.




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