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Actes 05 v 12-16 - Louis HONNAY
Texte : Actes 5/12-16
Genre : Prédication Auteur : Louis HONNAY Source : Prédication pour le 23.04.1995. Comme on est bien ensemble, n'est-ce pas ? Comme on est bien, rassemblés entre gens qui pensent la même chose et qui partagent la même foi ! Dans un temple ou dans une salle paroissiale, à l'abri des regards et des influences extérieures. C'est sans doute ce que doivent se dire les disciples de Jésus, enfermés à double tour dans une maison de Jérusalem, ce soir d'un lendemain de chabbat. En fait, ils ne se sentent pas bien, ces pauvres disciples. Ils ont peur. Peur qu'il ne leur arrive la même chose qu'à leur ancien maître. Ils craignent que des soldats romains ne viennent les arrêter pour les conduire à l'échafaud, pour complicité de complot contre l'empereur. Avec Ponce Pilate, on ne sait jamais. Mais voici que Jésus se trouve là. On ne sait pas comment il est entré. Mais il se trouve là, au milieu de ses disciples. Il les salue en leur disant : "La paix sur vous !". C'est le Chalom juif, le mot qu'on traduit par Paix, mais qui veut dire Bonjour ou Bonsoir et qu'on emploie encore maintenant quand on se rencontre. Après avoir salué familièrement ses disciples, Jésus les envoie : "Comme le Père m'a envoyé, à mon tour je vous envoie". Ils se sont enfermés par peur, mais Jésus leur dit de sortir. Il les pousse dehors, au contact de la société, éventuellement au contact du pouvoir romain, qui croyait s'être débarrassé de Jésus. Il leur donne le Saint-Esprit, il souffle sur eux pour signifier qu'il le leur donne, puisque le même mot, dans la Bible, signifie à la fois le vent et l’esprit. L'Esprit de Dieu sera la puissance qui les accompagnera dans leur mission et qui leur permettra de la remplir. -o- Dans le livre des Actes, ce livre où Luc raconte comment s'est faite l'évangélisation au premier siècle, on voit comment les apôtres remplissent cette mission dont Jésus les a chargés. De temps en temps, Luc met un résumé, pour montrer ce qu'est la vie de l'Eglise primitive. C'est un de ces résumés qui nous est proposé pour aujourd'hui. Essayons de le comprendre et nous l'approprier. On voit ici que les premiers chrétiens se rendent au Temple de Jérusalem. Ils se tiennent volontiers, nous dit-on, à un endroit du Temple qu'on appelle le Portique de Salomon, une des colonnades qui entourent le Temple reconstruit par Hérode le Grand. Ce ne sont sans doute pas seulement les apôtres qui se réunissent là. Il y a aussi tout le groupe des chrétiens ou au moins plusieurs d'entre eux. Ils sont là, dans le Temple de Jérusalem ; ils participent au culte qui se déroule dans le Temple, comme tout le monde. En ce début de la première Eglise, il n'existe pas de coupure entre les chrétiens et le judaïsme. Les chrétiens sont, à ce moment-là, des Juifs qui croient en Christ et ils continuent tout naturellement de participer à la vie spirituelle de leurs frères juifs. Ils sont là, avec les autres, avec ceux qui viennent prier, qui offrent des sacrifices et qui écoutent l'explication de la Parole de Dieu donnée par les prêtres. Ils sont présents dans la foule, avec tout le monde. L'Eglise des premiers temps n'est pas fermée sur elle-même. Elle ne forme pas une chapelle, une sorte de secte, comme elle apparaîtra souvent plus tard. Les disciples obéissent à l'ordre de Jésus de sortir et de se mêler à la foule. Plus tard il y aura une coupure entre les chrétiens et les Juifs. Mais là, au début, il y a une solidarité, une harmonie, entre ceux qui sont devenus chrétiens et le reste des Juifs. Il est important, pour nous chrétiens, d'avoir cette relation franche et ouverte avec les Israélites. C'est ainsi que nous pouvons connaître nos racines. Rappelons-nous ce que Paul dit dans sa lettre aux chrétiens de Rome. Il dit que les païens devenus disciples de Jésus-Christ sont comme des branches greffées sur l'olivier qui est Israël. Les chrétiens venus du paganisme puisent à la même racine que leurs frères, les Juifs. Des Juifs nous recevons la Parole de Dieu, qu'ils ont entendue les premiers. Nous en recevons la foi au Dieu unique, au Dieu UN. Nous avons la même origine spirituelle, nous ne pouvons pas la renier. Malheureusement, par la suite, il s'est produit une rupture entre les chrétiens et Israël. Une coupure qui est due en partie au fait que de très nombreux païens sont devenus chrétiens. Quand ces païens christianisés sont devenus majoritaires, il y a eu déséquilibre et rupture. Mais ce n'est qu'un des motifs. L'autre motif, beaucoup plus grave, c'est que les anciens païens devenus majoritaires ont rejeté les Israélites. Ils n'ont plus voulu comprendre qu'Israël était leur racine spirituelle. Nous savons à quoi ce rejet a conduit, toutes les persécutions qui se sont succédées au cours de l'histoire, pour finir provisoirement avec le projet hitlérien d'extermination. -o- Mais revenons aux Actes et à ce qu'ils nous disent des relations des premiers chrétiens avec les autres Juifs. On peut relever deux traits. On nous dit que les autres, la foule présente dans le Temple, n'osent pas se joindre au groupe des disciples. On ne nous dit pas pourquoi ils n'osent pas. Peut-être parce que les chrétiens forment quand même un groupe différent des autres Juifs. Ils doivent avoir des façons qui les mettent à part. Ce qui les caractérise, c'est évidemment la foi en Jésus-Christ. Une foi qui donne une tonalité particulière à leur style de vie et qui les distingue. Mais cette foi les fait remarquer par les autres. Ils ont un Seigneur que les autres n'ont pas. C'est probablement pourquoi on dit que les autres n'osent pas se joindre à ce groupe à part. Et pourtant, malgré cette réticence, Luc nous dit que la foule qui fréquente le Temple fait l'éloge des disciples. Si les chrétiens sont un peu à part, ils ne sont pourtant pas rejetés par le reste d'Israël. Les autres Israélites les reconnaissent comme authentiquement Juifs, même s'ils ont une foi particulière et un comportement particulier. S'il n'y a pas de rejet, c'est probablement parce que les premiers chrétiens ne rejettent pas non plus le reste des Israélites. Les uns et les autres s'acceptent mutuellement. Si quelqu'un rejette une personne, cette personne risque de le rejeter à son tour. Mais, si je vous accepte tels que vous êtes, vous m'accepterez aussi. -o- Luc relève un second trait dans son résumé des relations des premiers chrétiens avec les autres Juifs. Un certain nombre de Juifs sont attirés par la foi en Christ. Certains — et même un grand nombre, dit Luc — décident de faire confiance au Christ. Ils prennent cette décision librement, parce qu'ils constatent qu'il y a là une vérité valable et qu'ils peuvent en vivre comme les disciples. Ils rejoignent le groupe des disciples. S'il y avait des conversions en ce temps-là, vers le milieu du premier siècle, s'il y en aura encore, bien plus nombreuses, par la suite, c'est certainement parce que ceux qui étaient devenus chrétiens attiraient les gens. Les conversions ne sont pas dues seulement à la prédication de Pierre ou de Paul. La foi des chrétiens, leur manière de vivre, frappaient les gens, qui avaient envie de savoir de quoi il retournait, qui étaient conquis par les mœurs des chrétiens et par leur foi. L'Eglise était naturellement missionnaire parce qu'elle était attrayante, parce que les chrétiens étaient attrayants. Les autres avaient envie de faire comme eux. Et maintenant ? Maintenant est-ce que l'Eglise est encore attirante ? Nous, les chrétiens, est-ce que nous sommes encore attirants ? Attirants au sens fort, originel. Est-ce que les non-chrétiens ont envie de venir voir ce qui se passe chez nous et de croire en ce Christ auquel nous croyons ? Malheureusement on doit répondre non à la question. Non, nous n'attirons plus personne. Non, nous ne sommes plus missionnaires par notre foi et par notre manière de vivre. Sauf dans quelques contrées où la foi est encore active et l'influence des chrétiens encore réelle. Mais cette assurance de la foi s'est bien amoindrie dans notre vieilles églises et les gens du dehors ne sont plus convaincus par une foi trop molle et trop usée. Si nous ne sommes plus convaincants, c'est que quelque chose ne va plus chez nous. C'est peut-être parce que nous ne sommes plus convaincus, nous ne sommes plus missionnaires là où nous vivons. Comment donc retrouver cette assurance, ce pouvoir d'attraction qui convainc ? Comment parler pour être convaincants ? Nous devons sûrement réinventer un langage pour que l'Evangile redevienne compréhensible aux gens d'aujourd'hui. Nous avons à réapprendre à parler normalement, librement, de nos convictions. Sans employer un langage vieilli de sacristie — le fameux "patois de Canaan" —, mais en parlant comme tout le monde, en nous efforçant de montrer la portée de l'Evangile et son efficacité pour les problèmes du monde moderne. Nous avons aussi à suivre un comportement accordé à l'Evangile, pour que ceux de l'extérieur nous remarquent et qu'ils soient convaincus. On est missionnaire pas seulement par la parole, mais aussi par la manière de vivre. Si nous savons retrouver cet élan et cette force de la foi, qui nous rendront crédibles, alors il se passera peut-être ce qui se passait au premier siècle. Des guérisons se produisaient. Des gens amenaient des malades aux apôtres. Ils venaient même de loin, des villages autour de Jérusalem. Des malades étaient effectivement guéris. La toute-puissance de Dieu se manifestait dans ces guérisons. Voilà ce qui peut être aussi notre vocation. Des guérisons sont encore possibles maintenant. Nous pouvons aussi entreprendre de faire vivre et revivre des gens. Des gens qui ne sont pas forcément malades du corps, mais qui le sont du point de vue professionnel, du point de vue social, du point de vue familial. Nous avons là tout un champ d'action à exploiter, il y a là des possibilités à saisir. Le monde a besoin de la puissance de Dieu, il a besoin de l'Evangile, pour être guéri. -o- Les premiers disciples savaient convaincre et guérir, parce qu'ils savaient qu'ils n'étaient pas seuls. Le Seigneur, le ressuscité, était avec eux. C'est ce que montre le début de l'Apocalypse. Jean est exilé dans l'île de Patmos, à l'ouest de la Turquie actuelle, à cause de sa foi. Il a une vision. Il voit un personnage resplendissant, le Christ ressuscité, le Christ qui porte les signes de la royauté. Il est là, présent au milieu des communautés chrétiennes. Il est toujours présent parmi nous. Il agit toujours dans ses Eglises, il agit en nous et aussi par nous. Il agit pour nous faire vivre et pour faire vivre les autres par nous. Amen ! Lectures : Jean 20/19-31 Apocalypse 1/9-19 Cantiques : * NCTC 36/1 à 3 O Seigneur, ta fidélité * NCTC 203/1 à 3 = ARC 483 Jésus sort de la tombe ou LP 145/1 & 2 O Christ, ô vainqueur de la mort ou ARC 473/1 à 3 Le Sauveur est ressuscité * NCTC 209/1, 2, 4 Chantez à Dieu d’un même cœur ou LP 224/1 à 3 Lève-toi, vaillante armée ou ARC 481/1 à 4 Gloire à toi, Jésus-Christ Autres textes de la même catégorie
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