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Actes 02 v 42-47 Yves Cruvellier



Texte : Actes 2/42-47
Genre : Prédication
Auteur : Yves CRUVELLIER
Source : Prédication, pour le 27.05.2001, trouvée sur le site de l’Eglise réformée d’Avignon (84).

Lien direct : Actes 2/42-47

Quelqu’un m’a demandé cette semaine : " qu’est-ce qu’une église dynamique ? "…
J’ai tenté, spontanément, de répondre à cette question, et me suis dit qu’il ne serait peut-être pas inutile d’y réfléchir ensemble ce matin.

J’ai évidemment pensé à cette église de Jérusalem, qui se constitue juste après l’événement de Pentecôte ; bien entendu, il ne s’agit pas de faire de cette église un modèle définitif et normatif : elle a vite eu, nous le savons, ses défauts, ses jalousies et ses profiteurs hypocrites !

J’avais en tête la question : " quels sont les aspects spécifiques d’une communauté composée de personnes bouleversées par le message de l’évangile et qui n’ont aucune référence historique à laquelle s’adosser, aucune tradition à laquelle se rattacher ? "

Des gens qui sont, sur ce plan-là, bien différents de nous qui sommes les héritiers de 2000 ans de christianisme : vingt siècles de propagation de l’Evangile et vingt siècles de tensions, de divisions en catholiques, orthodoxes, protestants, évangéliques et j’en passe !

La première église de Jérusalem a trois caractéristiques principales :

· elle est d’abord une église spirituellement forte :

c’est la foi qui caractérise d’abord les chrétiens de Jérusalem :
ils se forment, ils vont aux études bibliques organisées par les apôtres,
ils vont au culte et participent à la Cène :
ils vivent dans ce que la Bible appelle la " crainte " de Dieu : ce n’est pas la peur, mais un sentiment de révérence telle envers ce Dieu qui les aime qu’ils essayent de vivre aussi exactement que possible comme Il le demande.
La différence est grande avec nos communautés d’aujourd’hui ( la nôtre et bien d’autres ) où quasiment personne ne va aux études bibliques et où le culte passe, pour un grand nombre de paroissiens et parfois non des moindres après le repos ou les activités diverses du week-end.
J’ai l’impression de nos jours que nous vivons sur un acquis, sur la foi des grands ancêtres, sur une tradition qui à force d’être invoquée va s’user et mourir ! La différence est profonde avec cette première église dans laquelle les membres de la communauté semblent assoiffés, avides de nourrir leur foi et de l’approfondir.
· L’église de Jérusalem est également une église qui partage :

c’est sans doute le partage de la foi qui les amène à trouver leur unité dans l’église,
et c’est cette même foi qui probablement les pousse à partager leurs biens matériels :
une idée qui nous semble folle, déplacée, une idée qui nous dérange !
La réalité de ce partage n’a d’ailleurs pas duré très longtemps : vous vous rappelez sans doute l’épisode d’Ananias te de son épouse Saphira.
Et toutes les tentatives qui, au cours de l’Histoire, ont voulu revivre ce partage total se sont soldées par une catastrophe !
Mais là aussi le contraste est grand
avec notre façon de vivre aujourd’hui dans l’église :
nous vivons – en Occident en tous cas – chacun pour soi,
nous nous disons rarement le montant de nos revenus et
nous tenons passionnément à notre indépendance et à notre liberté ;
au point d’aboutir à un individualisme bétonné qui nous ferme aux autres :
c’est malheureusement peut-être plus vrai encore dans notre beau Midi qu’ailleurs : l’accueil est cordial, jovial, mais " l’étranger " ( c’est à dire le breton, le parisien ou le Chtimi ) vous dira vite qu’il a rarement été invité à partager un repas… Quant au partage des biens, il suffirait de donner la parole à celles et ceux qui s’occupent de nos finances pour réalise combien nous sommes loin de tout mettre en commun.
· Cette église de Jérusalem est enfin une église
qui se caractérise par la joie et le mouvement
une joie simple qui n’a pas besoin d’artifices et de gadgets
une joie qui s’exprime dans le culte et la louange,
une joie qui irradie la vie quotidienne,
puisque Luc note l’allégresse qui règne à la maison :
une allégresse sans doute due à la sainte Cène partagée à la maison ( ils rompaient le pain est une expression caractéristique ),
mais aussi la reconnaissance d’avoir de quoi se nourrir chaque jour.
Nos frigidaires pleins n’amènent pas une joie plus grande dans nos maisons !
Cette église joyeuse communique bien avec la société qui l’entoure.
Et elle bouge : chaque jour, dit Luc en forçant peut-être un peu sur les chiffres, la communauté s’agrandit de ceux qui trouvent le salut, c’est à dire qui trouvent dans l’évangile et dans la vie de Jésus une intervention et une révélation de l’Eternel qui donnent sens à leur vie et une espérance qui ne trompe pas.
Voilà ce que je pense être une église dynamique ; mais je ne voudrais pas que vous pensiez que je cherche, en comparant la vie de cette première église avec la nôtre, à implanter chez vous un sentiment quelconque de culpabilité : d’abord parce que vous êtes là et que s’il y a un regret à exprimer c’est de voir combien de membres de notre église se privent du culte et nous privent de la joie de leur présence !

Mais il y a surtout dans cette histoire un projet qui nous concerne tous :
c’est la responsabilité de chacun de fortifier la vie de sa foi,
de partager davantage, et d’aller de l’avant avec joie et confiance.

Amen.




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