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Actes 01 v 1-12 Eric Denimal
Jeudi 25 mai 2006
Ascension Eric DENIMAL, pasteur de l’Eglise évangélique libre de Nîmes. Culte de l’Ascension. Luc 24, 50-53 et Actes 1, 1-12. MUSIQUE : Communauté chrétienne de la Réconciliation / Lille, Tu es Créateur, plage 10, REN003 CD. Accueil : ED : Que tout mon être loue le Seigneur, Que ma vie soit capable de dire Dieu, Que toutes mes actions démontrent l’action du Créateur. De la part de Dieu qui se manifeste encore aujourd’hui, je vous salue fraternellement et amicalement en ce jeudi matin. Aujourd’hui, calendrier oblige, c’est de l’Ascension, fête chrétienne, que je voudrais parler ! Et dans le cadre de cette méditation, j’aimerais évoquer non seulement l’événement évangélique en lui-même, mais aussi et surtout le sens que cela peut et doit avoir dans la vie du chrétien. Si la naissance de Jésus (donc Noël), sa mort et sa résurrection (Pâques) se trouvent relatées dans plusieurs évangiles, il faut bien reconnaître que seul Luc, évangéliste mais non apôtre, signale l’Ascension. Luc termine son évangile avec l’Ascension du Christ, et il commence le deuxième tome de son œuvre, Les Actes des Apôtres, par cette même Ascension. Deux récits donc, mais différents. Le premier pour terminer l’histoire de Jésus sur terre, le second pour commencer l’histoire de l’Église. Ainsi, le même événement est proposé sous deux aspects différents parce que marquant deux pans de l’histoire évangélique : l’Ascension comme une charnière… ou un axe autour duquel deux réalités s’articulent. Mais avant d’aller plus loin, voyons les textes tels que nous pouvons les trouver dans la Bible. L’Évangile de Luc se termine par le récit de la résurrection, une série de consignes et d’enseignements donnés par Jésus aux onze disciples (Judas est mort), puis s’achève ainsi : « Jésus les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Or, comme il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Eux, après s'être prosternés devant lui, retournèrent à Jérusalem pleins de joie, et ils étaient sans cesse dans le temple à bénir Dieu. ». (Luc 24, 50-53). Vous noterez la brièveté du texte, et surtout, la sobriété avec laquelle l’événement est relaté. On en oublierait presque l’aspect exceptionnel, extraordinaire, voire miraculeux de cette ascension. Heureusement pour nous et notre curiosité maladive, Luc ouvre le livre des Actes en revenant sur l’épisode, et cette fois, il est un peu plus explicite. Écoutez plutôt : « J'avais consacré mon premier livre, Théophile, à tout ce que Jésus avait fait et enseigné, depuis le commencement jusqu'au jour où, après avoir donné, dans l'Esprit Saint, ses instructions aux apôtres qu'il avait choisis, il fut enlevé. C'est à eux qu'il s'était présenté vivant après sa passion: ils en avaient eu plus d'une preuve alors que, pendant quarante jours, il s'était fait voir d'eux et les avait entretenus du Règne de Dieu. … Ils étaient donc réunis et les disciples avaient posé cette question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? ». Il leur dit : « Vous n'avez pas à connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. » À ces mots, sous leurs yeux, il s'éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs regards. Comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se trouvèrent à leur côté et leur dirent : « Gens de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui vous a été enlevé pour le ciel viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. » Quittant alors la colline appelée Mont des Oliviers, ils regagnèrent Jérusalem. ». (Actes 1, 1-12). MUSIQUE : Enya - A day without rain, plage 1, 8 573-85988-2. Il n’est pas question, ni même utile ici, de chercher à faire coïncider les deux récits de Luc et tenter de savoir exactement comment les choses se sont passées. Il semble clair qu’entre la résurrection et l’ascension, quarante jours se soient écoulés. D’ailleurs, dans la liturgie et la piété orthodoxe, chaque jour de cette période, les chrétiens se saluent quotidiennement par la formule « Christ est ressuscité ! » et chacun répond : « Oui, il est vraiment ressuscité ! ». Selon Luc, durant quarante jours, Jésus apparaît à ses disciples et peaufine, perfectionne, précise, complète et termine son enseignement qui, par sa victoire sur la mort, prend une toute autre dimension, et entraîne les croyants dans des nouvelles perspectives. Nous aurions certainement aimé avoir des notes fournies de ces leçons particulières, des résumés plus complets de ces quarante jours, mais nous n’avons que quelques renseignements, quelques anecdotes, quelques rencontres plus ou moins épiques, comme les retrouvailles de Pierre et de Jésus, ou la confrontation de Thomas avec le Seigneur. Quarante jours à parler du Règne de Dieu, de ce Royaume à venir mais déjà présent. Quarante jours à répondre à quelques questions spécifiques comme celles touchant le calendrier de Dieu dont, naturellement, les disciples sont curieux : « À quand la fin de ce monde et l’explosion de la gloire de Dieu dans l’univers des hommes ? ». Quarante jours durant lesquels ces mêmes disciples s’entendent dire en quoi consiste désormais leur mission de chrétiens : « Allez ! Allez par tout le monde, dispersez-vous et ‘diasporez’ la Bonne Nouvelle, cette semence de vie ! ». On a le sentiment que ces quarante jours sont comme une période de rattrapage intensif dans l’enseignement qui n’a peut-être pas été parfaitement compris, un enseignement revisité par l’événement résurrection ; quarante jours de « bachotage » avant l’examen final et l’envoi missionnaire. Et à l’issu de ces quarante jours, le professeur Jésus s’efface. D’après l’Évangile de Luc, le Christ monte au ciel, laissant ses disciples seuls ; ils s’en retournent ensuite à Jérusalem tout heureux. Dans le Livre des Actes, tandis que les témoins sont là, quelque peu ébahis par l’ascension, deux anges se manifestent et sortent les disciples de leur torpeur : « Pourquoi restez-vous là à scruter le ciel ? ». MUSIQUE : Grégorian - Master Of Chant Chapter III, plage 4, Edel 0144392 ERE. Cette question des anges : « Pourquoi restez-vous là… » me fait penser à cette autre question posée, elle aussi, par des anges auprès du tombeau vide à des disciples stupéfaits : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? ». Pourquoi ? Pourquoi !!! Mais parce qu’on n’a pas l’habitude - tout de même- de constater qu’un mort revient à la vie ! Et qu’on n’a pas plus l’habitude de voir un ex-mort discuter tranquillement avec ses amis et brusquement s’élever dans les airs et disparaître. Voilà Pourquoi ! Comment pourrais-je transmettre quelque chose de Dieu et de Jésus-Christ si je reste avec ces « pourquoi ». La résurrection puis l’ascension du Christ, quarante jours plus tard, sont des événements tellement incroyables qu’ils ne peuvent être acceptés que par une démarche de foi totale et absolue. Les « pourquoi » sont des réflexes parce que nous sommes depuis longtemps formatés par des « ça se discute ». Cependant, les anges semblent dire que justement, ça ne se discute pas ! Ce sont, là, des faits qui, même s’ils nous dépassent, doivent être acceptés plus que compris ! Me voilà avec des faits incroyables à cautionner. Me voilà avec de l’invraisemblance à attester comme vraie. Certaines choses de la vie de Jésus et de son message nous paraissent accessibles et acceptables, mais pas tout. Mon voisin, par exemple, qui accepte de reconnaître que les enseignements de Jésus puissent être beaux, forts voire utiles, mais il aura beaucoup de mal à accepter les manifestations paranormales qui terminent l’Évangile. Mon copain est prêt aussi à envisager des capacités plus ou moins magiques et occultes chez Jésus, perçu alors comme guérisseur ou rebouteux. Mais il n’ira pas jusqu’à croire en un pouvoir si grand que ce même Jésus puisse revivre après une crucifixion, pour ensuite léviter entre ciel et terre. De même, mon collègue de bureau trouve sympathique la tentative de Jésus et sa bande pour changer la société dans laquelle ils évoluent ; il salue même quelques initiatives courageuses et spectaculaires comme le fait de chasser les vendeurs du Temple. Mais il refuse de faire de Jésus le Fils de Dieu rejoignant son Père, quelque part sur un trône, sur un nuage plus ou moins capable de supporter pareille présence ! Constatation simple : ce n’est pas gagné d’avance d’aller par le monde pour transmettre un message qui réclame autant de foi ! MUSIQUE : Enya - Amarandine, plage 10 « Drifting », 25 646 2797-2. « Allez par le monde et faites de toutes les nations des disciples ! ». C’est bien la mission, la mission impossible qui est proposée, ordonnée, imposée aux apôtres au moment de l’Ascension de Jésus. Du temps du ministère de Jésus sur terre, les disciples avaient déjà entrepris des « campagnes d’évangélisation ». Ils étaient parfois allés dans les villes et les villages d’Israël. Et maintenant, la mission est juste un peu élargie. On passe de la banlieue de Jérusalem… aux extrémités du monde ! Peccadilles ! De fait, la mission continue. La mission s’amplifie. La mission éclate au-delà des frontières. C’est déjà une information importante car la mort de Jésus n’est pas l’arrêt de la proclamation. Si on avait voulu étouffer son message, si on avait tenté de faire taire Jésus de Nazareth, en l’accusant jusqu’à ce qu’il soit condamné et crucifié, force est de constater que le stratagème est en train d’échouer. Les amis de Jésus vont prendre le relais, et même leur bâton de pèlerin pour sillonner l’Empire romain et dire ce que l’on a voulu taire. Or, les disciples poursuivent la mission sans leur maître : l’œuvre des apôtres est la continuation de l’œuvre du Christ, mais sans lui : le temps de l’Église est en éclosion, mais les disciples sont orphelins du maître. Voilà le programme ! Voilà ce qu’on appelle aussi le dessein de Dieu : les disciples, puis les premiers chrétiens, puis tous les nouveaux convertis, puis les premières assemblées, puis l’Église avec un E de plus en plus majuscule, transmettent, de lieu en lieu, de génération en génération et de siècle en siècle, ce message évangélique qui doit retentir jusqu’aux extrémités du monde, et qui doit aussi changer ce monde ! Redoutable mission d’autant que le temps de l’Église, qui suit le temps des Évangiles, est aussi ce qui semble bien être le temps de l’absence du Christ. Car l’Ascension, c’est aussi la séparation, l’éloignement, le retrait de Jésus… Et un retrait qui dure. Les disciples, presque déjà inquiets, avaient demandé quand arriverait le Royaume et le Règne de Dieu, autrement dit, jusqu’à quand l’absence du Christ et son retour. Et ils n’ont eu aucune réponse si ce n’est : « Je ne vous laisserai pas vraiment seuls puisque je vous donnerai le Saint Esprit ! ». Je ne vous laisse pas seul, mais je m’en vais ! Voilà une piètre consolation et surtout un propos assez énigmatique ! MUSIQUE : Enya - Watermark, plage 1, 2292-43875-2. L’absence de Dieu est une véritable difficulté pour les chrétiens qui sont censés promouvoir son existence. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Évangéliser, c’est transmettre la bonne nouvelle de Dieu, autrement dit son message pour les hommes, alors que la seule visibilité de ce Dieu est l’Église qui parle en son nom. Le témoin de Dieu qu’est l’Église me semble souvent sujet à caution. Si parfois je me dis qu’il est difficile, pour des chrétiens qui croient, de vivre malgré tout, l’absence de Dieu, je me dis que pour les hommes incrédules et parfois sans espérance dans le monde, l’absence d’un dieu est vraiment cruelle. Parce qu’en tant que croyant, je souffre du sentiment d’absence de Dieu, mais je sais que malgré tout, Dieu est présent dans le monde, qu’il se manifeste au travers de son esprit, et ma foi comble parfois ce qui me manque de perception de Dieu. Mon expérience de chrétien me permet de témoigner de l’action de Dieu et dans ma vie et dans celles des frères et sœurs que je côtoie, même lorsque parfois Dieu ne semble pas répondre au moment précis où je cherche un signe de sa part. Mais pour qui ne connaît pas Dieu, pour qui Dieu n’existe pas, ou n’existe plus, l’absence d’un être divin, au dessus de tout et donnant sens à tout, ne peut que provoquer un vertige effrayant et ouvrir sur un absurde absolu. C’est dire que je me dois de confirmer au monde, que l’absence de Dieu n’est qu’une illusion. Et c’est là une urgence. Dire au monde qui tourne, mais qui ne tourne pas rond, qu’il y a un sens, malgré tout, et que ce sens est en Dieu. Transmettre la Bonne Nouvelle, ce n’est pas chercher seulement des conversions qui rempliraient d’adorateurs les églises du monde. Ce n’est pas créer des adeptes et des fidèles à telle ou telle doctrine. Transmettre la Bonne Nouvelle, c’est dire que la vie a un sens, que la mort est vaincue, que l’histoire dans laquelle je m’inscris est en fait celle qu’écrit Dieu lui-même. MUSIQUE : Enya - Watermark, plage 1, 2292-43875-2. Si le chrétien souffre parfois de l’absence apparente de Dieu, c’est pour qu’il mesure mieux ce que représente une pareille absence chez celui qui n’a jamais eu d’expérience avec ce Dieu. Lorsque Jésus quitte la terre, il la confie à ses disciples et il dit : Apportez à chacun ce que je vous ai donné. Donnez à chacun ce que je vous ai apporté ! Prière et envoi : Que vous soyez, que nous soyons renouvelés dans notre foi et dans notre espérance, aujourd’hui, pour que tout être loue le Seigneur ; pour que toute notre vie soit capable de dire Dieu ; pour que toutes nos actions démontrent l’amour du créateur. « Pour quoi restez-vous là à regarder le ciel » demandaient les anges ! Pardonne-moi, Seigneur ! Je me remets en route ! Je vous souhaite, à tous et à chacun, une très bonne journée ! MEDITATIONS RADIODIFFUSEES France Culture Dimanche 8h30 Internet : http : //www.protestants.org/ Texte de la méditation : 6 timbres (ou 3,18 €). (Si envoi par mail : 4 timbres ou 2,12 €). Cassette du culte ou CD : 10 € àABONNEMENTS : - Envoi mensuel : 47 € - Envoi hebdomadaire : 60 € - Tout abonnement par mail : 40 € - Abonnement annuel à l’envoi des cassettes : 152,50 € - Abonnement annuel aux CD : 180 € Fédération protestante de France - Service Radio 47, rue de Clichy - 75311 PARIS Cedex 09 Tél. : 01.44.53.47.17 - Fax : 01.44.63.01.36 e.mail : fpf-radio@protestants.org Autres textes de la même catégorie
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