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2 Timothée v 6-14 Alphonse Maillot



Texte : 2 Timothée 1/6-14
Genre : Notes homilétiques
Auteur : MAILLOT Alphonse
Source : « …Des serviteurs inutiles ! » — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C (septembre-octobre-novembre). Mission intérieure de l’Eglise évangélique luthérienne à Paris, 1994 (p. 37-41).



27° dimanche ordinaire

2 Timothée 1/6-8 et 13-14

Ici encore, nous prendrons nos distances avec la tendancieuse traduction du Lectionnaire catholique : verset 6, lire "réenflammer" au lieu de "réveiller" ; même chez un serviteur de Dieu, il y a lieu, de temps à autres, de donner un bon coup de tisonnier aux braises des dons de la grâce.

- verset 7 : lire "modération" au lieu de... "raison" ? L'esprit nous équilibre, plus qu'il ne nous "rationalise".

- verset 8 : lire "souffre avec moi" (littéralement "co-souffre") ; "sympathiser" serait parfait si on se souvenait de son vrai sens.

- verset 13 : lire "prends en exemple, les paroles saines (décapantes, vivifiantes,... bien portantes) que tu as entendues de moi" au lieu de "Règle (! !) ta doctrine (! !) sur l'enseignement (!) solide (?) que, etc…".

Mais c'est surtout le verset 14 qui m'a fait bondir ! Là où il y a : "Garde (car si on n'y prend... garde, on risque de le lâcher) le beau (!) (la foi est belle !) dépôt (!) au moyen du Saint-Esprit qui nous habite", le Lectionnaire catholique met : "Tu es le dépositaire (sic !) de l’Evangile (resic !) ; garde-le dans toute sa pureté (? ?), grâce à l'Esprit Saint...".

Le disciple est ainsi devenu le dépositaire, le receleur, le kidnappeur du pur Evangile ; quand on en est là, autant dire que l'Evangile est mort... et que le disciple est moribond.

L'Evangile ne se détient jamais ; la foi n'est pas un sédiment, mais un combat (cf. plus haut). Et l'Eglise n'est pas le coffre-fort de la vérité chrétienne. A méditer ! Et tant pis pour vous si vous trouvez que c'est fatigant d'être chrétiens. C'est de la bonne fatigue !



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Texte : 2 Timothée 1/8-10
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 24-25).



2° dimanche de Carême

2 Timothée 1/8-10

Remarquons tout d'abord qu'en ajoutant un "avec moi" (à la fin du v. 8), la TOB limite l'exhortation adressée à Timothée. Ce n'est pas : "Souffre (seulement) avec moi", mais : "Partage les peines et les souffrances qu'éprouvent tous ceux qui annoncent l'Evangile" (le Lectionnaire catholique est ici meilleur). Certes, à l'époque, que ce soit à cause des ennemis (païens ou religieux) de l'Eglise naissante (cf. 3/1-4), que ce soit (et on l'oublie trop) à cause des querelles intestines (3/5-9 et 1/15), les épreuves ne manquaient pas pour ceux qui se destinaient à l'annonce de 1'Evangile.

Première exhortation (v. 8) : ne pas avoir honte de cet Evangile (Romains 1/16), pas plus que ceux qui, jadis, se réfugiaient dans le Temple (ce qui deviendra "mettre sa confiance dans le Seigneur" : Psaume 11/1, 7/2, etc…), n'avaient à craindre des représailles humaines ni à regretter d'avoir choisi le Seigneur pour abri. Si, en un premier temps, l'Evangile est folie (1 Corinthiens 1/18) dont les hommes peuvent se gausser en ridiculisant celui qui l'apporte, ceux qui, malgré cela, le reçoivent, en sont, en un deuxième temps, réconfortés. Au ridicule passager, succède une assurance nouvelle. La puissance de Dieu qui nous a sauvés (v. 1) se montre aussi dans ceux qui reçoivent "notre" parole.

L'auteur tient à rappeler combien ce salut, qui naît à partir d'une parole faible, "dé-montre" ainsi qu'il est gratuit et ne dépend ni des œuvres de celui qui la propose, ni de celles de celui qui la reçoit, mais de la seule grâce et du seul dessein divins.

Notons cependant au passage que cette référence à la gratuité semble devenir ici essentiellement "catéchétique" et quasiment formelle. La suite de l'épître montre, en effet, que n'en sont plus toujours tirées toutes les conséquences existentielles et "libertaires" que le "sola gratia" entraîne.

On relèvera (dans la continuité de Romains 5) : "La grâce donnée avant tous les temps, même éternels" (c'est le mot "chronos" : "les temps de toutes les époques", pourrait-on traduire), ce qui rappelle une fois encore que le salut était en projet avant la Création (et a fortiori avant la "Chute").

Et ce salut, éternel dans son projet tout comme dans ses conséquences, a été actualisé, manifesté dans la personne de Jésus, mais il apparaît aussi en pleine lumière et avec sa totale efficacité vivante quand l'Evangile est annoncé (v. 10).

Nos paroles, faibles et ridicules et dérisoires, peuvent communiquer la lumière et la flamme de l'immortalité.




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