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2 Timothée 2/8-13 Jacques Fischer
Texte : 2 Timothée 2/8-13
Genre : Prédication Auteur : Jacques FISCHER Source : Méditation radiodiffusée. FPF, 09.10.1977. Souviens-toi ! Certes, on voit bien ce que pourrait être un discours édifiant... "In memoriam" ! Et nous pourrions nous mettre en route à reculons, fuyant vers le passé un présent trop lourd à supporter. Elle est toujours attirante, la paix des cimetières, parce qu'elle est refuge, abandon, suicide. Ah, ne plus penser, ne plus chercher de solution, ne plus risquer un nouveau pas, une nouvelle étape, une parole nouvelle ! Souviens-toi ! Ce pourrait être l'entrée résignée dans les rangs de l'amicale des anciens de Jésus-Christ, ressassant avec délectation des souvenirs qui s'embelliraient en s'estompant. Non, cette exhortation, qui aujourd'hui s'adresse à tous ceux qui écoutent, veut dire : prends garde ! Ne te détourne pas de l'essentiel ; concentre tout, ta vie, ton amour, ta pensée, ton action, sur celui qui donne enfin un sens à toute chose et que tu es chargé de transmettre aux autres : Jésus-Christ ! Il est au centre de toute notre vie et de notre mission, à toi Timothée, à moi Paul, à moi ce matin, appelé avec vous, mes amis, à partager l'Evangile : Jésus-Christ est au centre de notre cercle parce qu'il est vivant. Souviens-toi de Jésus-Christ, ressuscité d'entre les morts. Non, ce n'est pas du passé, c'est du présent. Ce matin encore, il ressuscite au souffle de l'Esprit qui court au travers d'une Parole vivante et digne de confiance : Jésus-Christ est là, au milieu de nous. Ami, souviens-toi de Jésus-Christ, le ressuscité ! Souviens-toi, c'est la parole qui rythme la vie de celui qui a rencontré comme ce matin le Christ Jésus. C'est même un dialogue, car l'homme aussi dit à Dieu : souviens-toi ! Souviens-toi de ton amour pour moi, Seigneur ! Souviens-toi de ton peuple ; souviens-toi, viens et agis ! Au milieu de nous. Ce matin encore. Souviens-toi, c'est l'appel à vivre aujourd'hui, à recommencer aujourd'hui, à rencontrer le Christ Jésus comme une nouvelle possibilité offerte de vivre et d'aimer, de lutter et de remporter la victoire, de souffrir peut-être, de mourir et de ressusciter avec lui. Ami, ce matin, avec moi, souviens-toi de Jésus-Christ ! Jésus-Christ, issu de la race de David. C'est-à-dire un homme de chair et de sang dont la vie terrestre se repère aux chronologies de l'histoire, et ressuscité d'entre les morts, c'est-à-dire un homme dont la vie n'est prisonnière d'aucune limite, d'aucune de nos faiblesses. Dont la vie dépasse le temps et l'espace, et ressurgit aujourd'hui encore en chacun de nous, présent et vivant à tous ceux qui, ce matin, lui ouvre un espace dans leur vie. Je suis enchaîné, je souffre, je supporte tout cela, mais lui, sa Parole, n'est pas enchaînée. Parole qui reste libre, souverainement libre. Elle est de celles que le temps n'use pas et qui demeure. Alors que moi je meurs, alors que je reste prisonnier de ma courte vue, de ma petitesse, elle vit, cette Parole. Elle est celle de Dieu, elle n'est pas enchaînée, elle ressuscite pour nous chaque matin. C'est même toute notre histoire qui est là : sans doute je meurs, sans doute l'Eglise, peuple des chrétiens, meurt-elle sans cesse ; sans doute sommes-nous dans un temps où Dieu se tait, un temps de silence et d'attente, mais la Parole n'est pas enchaînée, tout comme le Christ n'est pas resté prisonnier des liens de la mort : elle est digne de confiance, cette Parole, car elle n'est pas liée à un homme : Timothée, Paul, toi ou moi, elle est liée à Jésus-Christ, ressuscité, et avec lui elle est force de vie pour l'éternité. C'est mon histoire et celle de ce monde, car le Christ s'est lié à nous, à notre terre : il a été crucifié, il est mort, mais il est vivant encore aujourd'hui. La parole a été combattue, attaquée, menacée, mais elle est toujours là. Au fond des geôles de l'empire romain, sur les bûchers de l'inquisition, au fond des goulags ou des prisons de tous bords, on veut l'étouffer encore, mais elle renaît sans cesse ; elle n'est pas enchaînée. Notre histoire n'est pas incluse dans un schéma prédéterminé par les sciences économiques, historico-politiques ; elle est dans cette permanente expérience de mort et de résurrection qui est en Jésus-Christ. Lui demeure fidèle. Lui est ce témoin fidèle dont parle le voyant de l'Apocalypse : à l'infidélité des hommes s'oppose l'inaltérable fidélité du Christ. Le vivant est encore présent dans notre monde. Le crucifié apparaît encore en filigrane chez tous ceux qui, à son image, ont accepté le combat : mes frères d’Afrique du Sud, d’Ethiopie, du Brésil, d'Argentine ou du Chili, mes frères du Cambodge, du Viet-Nam ou du Tibet, d'Est et d'Ouest : meurtris, brisés, torturés, anéantis... mais vivants et rayonnants. Il suffit presque, aujourd'hui, de chercher dans ce monde où se trouvent la souffrance et l'horrible persécution pour savoir qu'il y a là des chrétiens. Et ici aussi. Toi, mon ami de ce matin, ce cri que tu pousses, il le pousse avec toi. Il reste fidèlement à nos côtés, et notre combat, c'est le sien. Sa parole n'est pas enchaînée, elle est toujours vie et sa fidélité demeure au-delà de nos infidélités. Souviens-toi de Jésus-Christ, le vivant. C'est lui qui t'apporte l'espérance. Car elle est digne de confiance cette Parole : Si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons. Mais seulement avec lui ! Oh, je sais, nous voudrions rassembler toutes les bonnes volontés pour ce combat quotidien de la justice, de l'amour et de la paix ! Mais la Parole nous rappelle que ce combat n'est pas de l'ordre du salut, mais de l'obéissance. Que la confusion ne fait pas partie des vertus, et elle nous redit ce matin de ne pas céder, par sentimentalisme, à la tentation du superficiel, du vague qui permet tous les rassemblements, mais aussi tous les reniements. Non, ce n'est pas vrai toujours que l'union fait la force ; elle tue parfois l'essentiel qui est au profond du message. L'essentiel qui t'est proposé ce matin, chemin de souffrance, de lutte, mais de lumière, de paix, de résurrection. Souviens-toi… de Jésus-Christ : il est ton libérateur, il est ton frère, le vivant, pour toi, avec toi, en toi. Amen. Autres lectures : Jonas 2 Luc 24/1-9 Autres textes de la même catégorie
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