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2 Timothée 1/8-10 Alphonse MAILLOT



Texte : 2 Timothée 1/8-10
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 24-25).



2° dimanche de Carême

2 Timothée 1/8-10

Remarquons tout d'abord qu'en ajoutant un "avec moi" (à la fin du v. 8), la TOB limite l'exhortation adressée à Timothée. Ce n'est pas : "Souffre (seulement) avec moi", mais : "Partage les peines et les souffrances qu'éprouvent tous ceux qui annoncent l'Evangile" (le Lectionnaire catholique est ici meilleur). Certes, à l'époque, que ce soit à cause des ennemis (païens ou religieux) de l'Eglise naissante (cf. 3/1-4), que ce soit (et on l'oublie trop) à cause des querelles intestines (3/5-9 et 1/15), les épreuves ne manquaient pas pour ceux qui se destinaient à l'annonce de 1'Evangile.

Première exhortation (v. 8) : ne pas avoir honte de cet Evangile (Romains 1/16), pas plus que ceux qui, jadis, se réfugiaient dans le Temple (ce qui deviendra "mettre sa confiance dans le Seigneur" : Psaume 11/1, 7/2, etc…), n'avaient à craindre des représailles humaines ni à regretter d'avoir choisi le Seigneur pour abri. Si, en un premier temps, l'Evangile est folie (1 Corinthiens 1/18) dont les hommes peuvent se gausser en ridiculisant celui qui l'apporte, ceux qui, malgré cela, le reçoivent, en sont, en un deuxième temps, réconfortés. Au ridicule passager, succède une assurance nouvelle. La puissance de Dieu qui nous a sauvés (v. 1) se montre aussi dans ceux qui reçoivent "notre" parole.

L'auteur tient à rappeler combien ce salut, qui naît à partir d'une parole faible, "dé-montre" ainsi qu'il est gratuit et ne dépend ni des œuvres de celui qui la propose, ni de celles de celui qui la reçoit, mais de la seule grâce et du seul dessein divins.

Notons cependant au passage que cette référence à la gratuité semble devenir ici essentiellement "catéchétique" et quasiment formelle. La suite de l'épître montre, en effet, que n'en sont plus toujours tirées toutes les conséquences existentielles et "libertaires" que le "sola gratia" entraîne.

On relèvera (dans la continuité de Romains 5) : "La grâce donnée avant tous les temps, même éternels" (c'est le mot "chronos" : "les temps de toutes les époques", pourrait-on traduire), ce qui rappelle une fois encore que le salut était en projet avant la Création (et a fortiori avant la "Chute").

Et ce salut, éternel dans son projet tout comme dans ses conséquences, a été actualisé, manifesté dans la personne de Jésus, mais il apparaît aussi en pleine lumière et avec sa totale efficacité vivante quand l'Evangile est annoncé (v. 10).

Nos paroles, faibles et ridicules et dérisoires, peuvent communiquer la lumière et la flamme de l'immortalité.




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