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2 Rois 5/14-17 Pierre Muller
Frères et sœurs, hier on parlait d'enfants prodiges dont Mozart est le type même ; aujourd'hui on parle de "surdoués". Dans un hebdomadaire, j'ai lu un article (avec photos à l'appui) qui présentait le président directeur général d'une firme, en abrégé un PDG, âgé de 12 ans... De quoi (peut-être) faire rêver bien des enfants...
Le passage de la Bible que nous venons de lire au 2° livre des Rois ne doit pas être mis au rang des contes et légendes, même si nous pouvons dire à leur sujet "il était une fois". C'est une histoire vraie que nous devons recevoir comme étant Parole de Dieu. Plusieurs points peuvent être soulignés : - tout d'abord, on ne connaît pas le nom de l'actrice principale ; - sa démarche ou sa présence a été le point de départ de choses extraordinaires ; - après ces événements, on ne parle plus d'elle : son souvenir est tombé dans l'oubli. En effet, ce matin, je voudrais qu'ensemble nous allions à la rencontre de cette petite fille du pays d'Israël que nous appellerons "la fillette sans nom". Vous le savez, les journaux, la radio et la télévision parlent souvent de "rapt d'enfants" ; il est donc inutile que je vous explique ce drame. Eh bien, la "petite fille sans nom" dont il est question dans la Bible avait été victime d'un rapt ; elle avait été arrachée à l'affection des siens par un commando de soldats syriens, il y a de cela 2 900 ans. Elle était devenue l'esclave de la femme du chef d'état-major, accomplissant les plus rudes travaux ménagers. Savez-vous qu'aujourd'hui il y a des millions d'enfants du même âge qui travaillent durement (dans des mines de charbon) sans connaître de vacances ? Mais un jour une mauvaise nouvelle fit l'effet d'une bombe dans le palais : le général est lépreux ! La lèpre est une terrible maladie qui ronge le corps, lui infligeant de hideuses mutilations. Si aujourd'hui la science guérit la lèpre, en ce temps-là on rejetait le malade et il n'avait plus aucun contact avec les humains. Le général allait, lui aussi, devoir vivre "comme un pestiféré" ; adieu les honneurs, la gloire,... Alors, ne croyez-vous pas que la "fillette sans nom" aurait pu se réjouir, en disant "c'est bien fait pour lui..." ?... Eh bien, non, c'est extraordinaire ! Et elle a même fait quelque chose de plus extraordinaire encore : à sa maîtresse écrasée de douleur, elle parle d'un prophète de son pays. Les prophètes sont des hommes envoyés par Dieu à son peuple pour parler en son nom et qui accomplissent des miracles. Si sa mémoire avait oublié son nom, elle se souvenait que ce prophète (Elisée, c'est son nom) guérissait les malades (relisez à ce sujet les premiers chapitres du 2° livre des Rois dans l'Ancien Testament). Vous savez, bien entendu, ce qu'elle affirme : "Oh, si mon maître était auprès du prophète,... le prophète le guérirait". Elle ne fait pas de chantage ; elle ne dit pas : rendez-moi la liberté et je vous le dirai... Elle rend témoignage de sa foi en la toute puissance de Dieu, de ce Dieu qui ne l'avait pas délivrée de la main du commando syrien. Cette fille sans nom est une fille formidable. Elle nous fait penser au jeune berger David allant à la rencontre de Goliath : "Je marche contre toi au nom de l'Eternel des armées ". Elle n'est pas une fille prodige, ni une surdouée, mais une fille qui a mis toute sa confiance en Dieu. Et je pense que, par certains côtés, nous devrions chercher à lui ressembler. Ces propos de la fillette sans nom sont rapportés au général lépreux par sa femme. Il les prend au sérieux et les rapporte, lui aussi, au roi, qui, lui aussi, les prend au sérieux, à tel point qu'il s'empresse d'écrire au roi d'Israël où habitait le prophète Elisée. Dans sa lettre, il donne ordre au roi de guérir son général préféré ; et cette lettre est interprétée par son destinataire comme un ultimatum, comme une déclaration de guerre... Le roi d'Israël n'a pas gardé souvenir, lui, du prophète de Dieu ; pour lui, c'est une quantité négligeable. A des centaines de kilomètres, la fillette sans nom sait qu'il y a un homme de Dieu qui fait des miracles ; lui ne semble pas le savoir. Le prophète réveille sa mémoire défaillante : "Laisse-le venir à moi et il saura qu'il y a un prophète en Israël". Ordre qui rappelle étrangement les dires de la fillette sans nom. La caravane va du palais royal à la porte de la demeure du prophète. On attend le prophète, et c'est son porte-parole qui vient dire au chef d'état-major d'aller se tremper sept fois dans les eaux boueuses du Jourdain et l'assurer d'une guérison totale. Le général se fâche, il est déçu, on ne traite pas un haut dignitaire de cette manière, par personne interposée, et puis l'ordre est ridicule. Il est furieux, "à ne pas prendre avec des pincettes", dirions-nous aujourd'hui. "Pauvre petite fille sans nom", que vas-tu devenir lorsque le général lépreux reviendra dans son palais ? Or, il y a là "des gens sans nom", des esclaves, qui interviennent ; quel courage, mes amis ! Ils connaissent bien leur maître ; c'est un officier courageux, fort, vaillant. Pour eux, qui peut le plus, peut le moins. Si le prophète lui avait demandé d'accomplir un haut-fait, il se serait lancé dans l'aventure. Il lui demande quelque chose de tout simple (de trop simple peut-être). Pour la deuxième fois, le général va obéir à la parole d'hommes sans nom, qui n'est que l'écho de la parole de la fillette sans nom. Vous connaissez le résultat. Il est guéri ; oui, guéri, parce qu'il a obéi à la parole du prophète. Grâce à la parole de la petite fille sans nom, ce chef d'état-major païen devient un fidèle du Dieu vivant et vrai. Je vous laisse le soin d'imaginer ce que fut le retour du général chez lui. Remarquez que la Bible est silencieuse à ce propos ; elle ne parle plus de la petite fille sans nom. Elle était déjà au nombre de ceux que Jésus appelle "serviteurs inutiles" lorsqu'ils ont fait ce qu'ils devaient faire (Luc 17/10). En tout cas, grâce à son témoignage simple et fidèle, Naaman fut guéri, certes, mais, en plus, Dieu était devenu son Dieu. Nous n'osons plus penser qu'elle aurait dû se taire... Alors, frères et sœurs, ne trouvez-vous pas que l'on se sent bien petit à côté de cette petite fille sans nom ? Comme l'on se sent bien petit à côté du "petit garçon sans nom" qui avait cinq pains d'orge et deux poissons et, grâce à lui, Jésus a pu faire le miracle de la multiplication des pains. Tous deux sont des instruments fidèles, malgré leur condition d'enfants sans nom, mais dont Dieu s'est servi pour faire éclater sa gloire. Plusieurs d'entre vous diront : c'est trop beau, ce n'est pas pour nous... Chers amis, j'aimerai vous raconter l'histoire de cette autre petite fille : elle s'appelait Mary Jones. Si vous fouillez dans une bibliothèque de famille, vous trouverez peut-être le livre qui raconte cette histoire extraordinaire : "Marv Jones et sa Bible". Elle habitait le pays de Galles, elle aimait Dieu de tout son cœur. De famille très pauvre, elle devait aider ses parents, ce qui signifiait qu'elle ne pouvait pas aller à l'école et, par conséquent, qu'elle ne savait pas lire. Et pourtant, elle avait un ardent désir : lire la Bible. Soutenue par Dieu, elle a appris à lire, elle a économisé pendant plusieurs années en travaillant, en faisant l'élevage de poules ; enfin, elle a pu mettre de côté la somme nécessaire ; pieds nus, elle dû faire 40 kilomètres pour aller chercher cette Bible. Il n'y en avait plus, celles qui restaient étaient retenues depuis longtemps et on ne devait plus en imprimer. Touché par ses larmes, le pasteur Th. Charles lui dit : "Je vois qu'il te faut une Bible, je ne peux pas te la refuser". Toute joyeuse, elle retourna à la maison. Mais là ne s'arrête pas l'histoire de Mary Jones et de sa Bible : grâce à elle et à sa démarche persévérante, la première société biblique mondiale est née, qui, depuis près de 200 ans, imprime et répand la Parole de Dieu dans le monde entier... Grâce à une petite fille pauvre du pays de Galles, les grands peuples comme les tribus minuscules ont la joie de lire la Parole de Dieu. Frères et sœurs, savez-vous que ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ? Savez-vous que ce que vous appelez rêve peut devenir réalité maintenant ? Dieu nous veut au nombre de ses disciples, il veut faire de nous, comme il a fait de la fillette sans nom, ou du petit garçon aux 5 pains d'orge et aux 2 poissons, ou de Mary Jones, ses témoins. Oui, Dieu se plaît à utiliser des petits, des anonymes, des « sans grade » pour répandre sa bonne nouvelle et faire s'approcher de lui de nouvelles personnes. Il suffit parfois d'une parole dite avec amour, d'une invitation donnée avec respect et sympathie, d'un sourire, etc... pour déclencher une réaction en chaîne qui conduit de nouvelles personnes à dire : « Seigneur, prends-moi tel que je suis ; je t'accepte désormais comme mon Sauveur et mon Maître ». Frères et sœurs, ne ratons pas ces occasions-là ! Amen. D'après Emile FIGUIÈRE : Méditation radiodiffusée. FPF, 12.07.1981. Autres textes de la même catégorie
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