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2 Rois 5/14-17 Alphonse Maillot



Texte : 2 Rois 5/14-17
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : « …Des serviteurs inutiles ! » — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C (septembre-octobre-novembre). Mission intérieure de l’Eglise évangélique luthérienne à Paris, 1994 (p. 43-44).



28° dimanche ordinaire

2 Rois 5/14-17

On a tout intérêt, au moins pour son propre "bénéfice" à relire toute l'histoire, ne serait-ce que pour se souvenir que c'est un général syrien (araméen plus exactement), ennemi juré d'Israël, mais à qui cependant le Seigneur avait confié de diriger victorieusement la victoire de son pays (5/1). Ensuite ce général est lépreux, ce qui ajoute une malédiction supplémentaire.

Cependant le privilège d'Israël va être sauvegardé par une adolescente juive (5/2-3) qui va révéler à la femme de Naaman, l'existence d'Elisée, prophète et guérisseur (dont on rappellera le sale caractère : 2 Rois 2/23-24 ! !). Et Naaman (ennemi d'Israël) va en passer par la volonté d'Elisée qui, non seulement ne daigne pas venir à sa rencontre, mais lui envoie un simple messager (v. 10).

Naaman s'attendait à plus de considération et surtout plus de "religion" et de tours de passe-passe (v. 12). Mais Elisée l'envoie... au bain (septuple) dans le Jourdain, jamais bien propre, contrairement aux clairs torrents syriens. C'est un rappel de l'élection d'Israël, de sa terre (cf. v. 17) et de son fleuve. Naaman résiste, il tient aux rites habituels des guérisseurs, mais le bon sens de ses serviteurs va prévaloir (v. 13) et par sept fois Naaman va reconnaître "l'élection" du Jourdain, et il va en guérir.

A lieu alors une scène étonnante, surtout avec le farouche "yahviste" qu'est Elisée : Naaman va lui demander le droit de croire au Seigneur d'Israël tout en continuant ses rites païens (on lira ici les attaques des Réformateurs, Calvin en particulier, envers ceux qu'ils appelaient les Nicodémites en souvenir de Jean 19/39). Elisée accepte, et même lui donne "le Chalôm" (v. 19), ce qu'il n'aurait accepté d'aucune manière d'un Juif de naissance.

Que cela cependant nous accorde quelque indulgence envers nos nouveaux Nicodémites qui abâtardissent si souvent la foi chrétienne avec le paganisme le plus "pur". Je dois avouer que ce qui se cache souvent sous le terme soi-disant théologique d'acculturation n'est pas toujours fait pour me rassurer.

Enfin relevons que Jésus n'a voulu reconnaître de cette scène que la guérison d'un étranger (Luc 4/27) !





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