|
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
2 Pierre 1 v 16-19 (Jorg MEUTH)
Texte : 2 Pierre 1/16-19
Genre : Prédication Auteur : Source : Prédication pour le dimanche 06.08.2000. Bible et Liturgie. La première lecture d’aujourd’hui est un regard dans les splendeurs célestes que le prophète Daniel a eu le privilège de faire. Nous retrouvons des éléments de cette vision dans la Bible grecque, notamment dans le récit de la transfiguration de Jésus et dans l’Apocalypse. Ecoutons Daniel 7, les versets 9 à 14 : … L’Evangile d’aujourd’hui est le récit de la Transfiguration qui nous dit que, dans la vie de Jésus, dans cette vie d’homme qui était aussi humble et normale que la nôtre, intervenaient des moments d’une clarté extraordinaire — pour lui et pour ses disciples. Ecoutez Marc 9, les versets 2 à 10 : … Et l’épître d’aujourd’hui, que nous allons méditer tout à l’heure, est une réflexion apostolique sur cette expérience extraordinaire de la foi, qui nous permet de vivre des moments de clarté et d’évidence, des moments de transfiguration. Ecoutons quelques versets du premier chapitre de la seconde épître de Pierre : … Cant. ARC 606/1, 3, 4 En toi, Seigneur, est notre espoir Bien chers amis, assurément, chacun, chacune parmi nous connaît la voix du doute, cette voix de l’incertitude que nous rencontrons, par exemple, lorsque nous cherchons à savoir pourquoi les chrétiens ont l’habitude de regarder en arrière, dans le passé et sur des textes très anciens, lorsqu’il s’agit de résoudre des questions du présent ou de préparer l’avenir : "A quoi bon savoir, bien chers amis chrétiens, ce que des humains, il y a bientôt 2 000 ans, ont vécu avec un certain Jésus ? A quoi bon savoir ce qui c’est passé sur la montagne de la Transfiguration, puisque, aujourd’hui, il ne s’agit là que d’un récit très très ancien... ?". Nous n’avons pas le droit d’écarter cette question — et surtout pas dans une Eglise qui, pendant très longtemps, a compris et enseigné la foi comme un "savoir prendre pour vrai" toutes ces histoires que nous trouvons dans la Bible. Cette question fait partie de notre responsabilité de témoignage. Nous sommes appelés à accompagner et à aider les gens qui ont du mal à tirer un profit personnel du message évangélique et de la Bible en général, qui s’achoppent à des faits racontés qu’ils ont du mal à prendre pour faits historiques — et qu’ils n’arrivent pas à situer et à comprendre autrement... Selon mon expérience personnelle, l’encouragement mutuel peut apporter beaucoup. On remarque très souvent que la lecture de la Bible en commun permet une compréhension, des approches bien plus fructueuses que lorsqu’on se penche tout seul sur des textes bibliques — qui paraissent si souvent énigmatiques. Or, il ne faut surtout pas s’imaginer que ces difficultés de compréhension étaient un problème inconnu aux époques bibliques. Nous trouvons beaucoup de textes bibliques qui prouvent, tout à fait comme notre texte d’aujourd’hui, qu’à l’époque déjà on a cherché à ouvrir aux contemporains l’accès aux messages reçus. La seconde épître de Pierre, selon tout ce que nous pouvons en savoir, n’a été connue dans les communautés chrétiennes qu’autour de l’an 120. Il s’agit d’un texte qui se présente comme un testament spirituel de l’apôtre Pierre. Plein d’autorité apostolique, il s’adresse à celles et à ceux qui, à ce moment-là, étaient aux prises avec de multiples problèmes. Parmi ces problèmes, il faut citer tout d’abord ce que j’appellerais des "difficultés venant de l’intérieur". Certains avaient ajouté à la foi des idées nouvelles, avaient remodelé l’enseignement, avaient retravaillé les messages. Il importait donc d’examiner, de discuter tous ces ajouts, toutes ces modifications, pour voir de près si ces enseignements nouveaux correspondaient, en effet, au chemin de la communauté chrétienne et notamment à l’enseignement original de Jésus. Mais on connaissait aussi des problèmes venant de l’extérieur. La communauté chrétienne était exposée à des difficultés et à des chicanes, à des suspicions qui attiraient des regards critiques et des interdictions de la part des pouvoirs politiques. Il n’y avait pas de vraies persécutions, pas de pogroms, mais parfois les entraves et les tracasseries perpétuelles sont plus difficiles à assumer qu’une persécution ouvertement déclarée. C’est au moment de la crise que la balle se sépare du blé, que les membres fidèles se déclarent et s’engagent à fond... Et voici que, dans de telles circonstances, au milieu de cette réalité de vie difficile à assumer, on trouve de façon inattendue "le Testament de Pierre". Bien sûr, tout le monde va se souvenir que Pierre s’est rendu obéissant dans la foi jusqu’à la mort. Un sort que chacun va chercher à éviter, mais qui impressionne. Et personne ne pourra garantir que ce chemin du martyr lui sera épargné. Qui voudrait jurer que les chicanes actuelles ne tourneront jamais en pogrom ? Les humains, en général, sont comme nous tous. Ils sont lâches. Or, qui donc est prêt à vraiment PAYER pour sa foi (même si ce ne n’est pas toujours la vie qui nous est demandée...) ? Mais, considérant le choix de Pierre, on doit concéder que c’est au moins possible, c’est, à la rigueur, à la portée de l’homme, de vivre un tel témoignage cohérent jusqu’au bout, jusqu’à la mort. Il est possible d’atteindre cette clarté de vie où la parole et l’action, la foi et le comportement ne font qu’un... Voilà le sujet de la seconde épître de Pierre. Elle parle donc de témoignage. Bien sûr, les auditeurs de cette épître n’ont pas été présents au moment de la transfiguration de Jésus, mais le texte parle comme s’ils avaient assisté à cet événement. En effet, ils aussi ont été témoins. Ils connaissent les fruits, les conséquences des grands moments spirituels qu’ils ont eu le privilège de partager. Et ils savent, bien sûr, que non seulement Pierre, mais aussi les deux autres disciples qui, à l’époque, étaient présent sur la montagne de la transfiguration, plus tard, sont devenus des martyrs pour la foi... Et notre épître nous dit : toute personne ayant vraiment accueilli et compris le message de l’incarnation, ne pourra faire autrement que de vivre dorénavant à partir de ce message, de cette expérience bouleversante que Dieu, maintenant, fait route avec nous. Il sera donc conduit à transmettre ce feu qu’il vient de recevoir. Il va permettre à d’autres de saisir la puissance, la dynamique qui a transformé, qui a transfiguré sa vie, cette dynamique qui le pousse en avant, cet esprit de courage et de paix qui lui permet de laisser derrière lui bien des soucis et des insécurités pour accéder à cette clarté de vie qui a été accordée — avant moi — à tant de chrétiens, à tant de témoins pour la foi. Et, c’est vrai, j’ai déjà connu des étincelles, des débuts, des amorces dans ma propre vie... Ce n’est donc point la vieille histoire de la transfiguration sur la montagne qui importe, mais plutôt ce fait remarquable qu’il existe une chaîne ininterrompue de témoins qui, toujours à nouveau, a pu faire l’expérience de cette réalité de la transfiguration : ils ont eu le privilège de connaître des moments de clarté, ces instants de l’Esprit où des humains ont su rendre présent l’Eternel même, où les mots d’hommes ont su transmettre, rendre audible la Parole authentique du Père éternel ! C’est cette rencontre personnelle avec la réalité de Dieu qui, toujours à nouveau, transforme des humains en témoins, qui transfigure des gens en recherche en chrétiens, donc en des humains qui portent le nom du christ pour la raison qu’ils sont habilités — et prêts ! — à faire (pour leur part si humble et modeste) l’œuvre du Christ sur terre ! Sans ce témoignage, l’Eglise cessera d’être l’Eglise du Christ, son corps actif et vivant sur terre. Sans avoir été touché et bouleversé de cette manière par la parole de Dieu, sans une vie si concrète à la suite du Christ, la foi risque de tourner à vide, elle risque de se figer dans une morale creuse, dans des idéologies ou dans "des fables sophistiquées", comme le dit notre texte. C’est ainsi qu’on va, surtout, perdre de vue ce cheminement dynamique vers le Christ qui, lui, vient vers nous ! Vous comprenez facilement que cela nous engage tous, chacun, chacune, très personnellement. Où en es-tu ? Où en sommes-nous ? Est-il vraiment suffisant d’avoir rangé la foi dans un coin de son cœur et de sa vie, avec quelques enseignements et quelques vieilles histoires que je prends pour vrai ? Ou suis-je prêt à m’engager à fond, de manière à permettre à d’autres aussi, de faire cette expérience bouleversante de la dynamique qui se dégage de la Parole de Dieu, de la puissance mobilisatrice qu’on peut rencontrer au culte et dans la vie de l’Eglise ? Suis-je prêt à confesser que, moi aussi, je vis à la base de cette richesse spirituelle — ou vais-je préférer laisser ce témoignage aux autres (aux pasteurs peut-être qui, au moins, sont formés pour...) ? Je suis convaincu que c’est un signe de faiblesse, c’est un élément de la crise que nous parcourons actuellement en tant qu’Eglise, si parmi nous les "simples paroissiens" ne débordent plus de témoignage. La raison pourrait bien être que leurs cœurs sont loin de déborder de foi et de reconnaissance... Il est vrai, nous connaissons tant d’insécurités, et tant de manque de courage règne parmi nous, dans le domaine de la foi. Cherchez parmi nous les parents qui transmettent de manière engagée à leurs enfants cette foi qui fait déborder leurs propres cœurs. Cherchez les paroissiens qui arrivent à rendre cher le culte à leur proches, parce qu’il leur est si cher... Et voici que notre texte parle de l’astre du matin qui se lève, du Christ qui revient. L’attente du retour du Christ, c’est un élément de la foi chrétienne que nous avons totalement perdus de vue. Or, dès que nous oublions que notre temps, notre époque, notre vie, notre monde a un but, une fin, dès que nous écartons de nos consciences ce fait décisif que notre vie personnelle et l’univers qui nous entoure vont trouver leur aboutissement dans le Christ, notre foi chrétienne va immanquablement se rétrécir à quelques enseignements vétustes ou à une certaine morale empoussiérée, loin de toute vie et dépourvue de toute vitalité... Le Christ est celui à qui "a été donné toute puissance dans les cieux et sur la terre". C’est donc lui qui est vainqueur, même face aux chevaliers apocalyptiques, même face à ce monde en bouillonnement — bien que, si souvent, nous n’arrivons à voir que les puissances déchaînées qui se comportent comme les chevaliers furieux, qui, dans leur galop effréné, se présentent ici et là, sans que nous arrivions à nous rendre compte à quel point leur puissance, en effet, est limitée. Ce ne sont sûrement pas eux qui remporteront la victoire ! Et puisque le Christ EST le Seigneur de l’univers, le Jour du Seigneur que nous attendons nous apportera la délivrance, et ceci non seulement pour les pieux et les sages, mais pour le monde entier. Savoir cela, voilà ce que signifie avoir été sur la montagne de la transfiguration ! En effet, nous avons appris une réalité divine que le monde ne sait pas (encore !) saisir, mais qui est destinée au monde entier. Il s’agit d’une réalité vers laquelle le monde entier se trouve en route, même sans le savoir. Et, en effet, il importe que le monde le sache, pour ne plus s’attarder à fixer ses yeux sur les obscurités qui l’entourent. Or, seulement celui qui connaît le but (et attention : il s’agit d’un but qui s’avance vers nous !), saura cesser de tourner inutilement autour de lui-même. Il va s’orienter vers le but, et ainsi il va découvrir — déjà dans l’obscurité présente — des signes auxquels, jusqu’à présent, il n’a point prêté attention. Des signes du jour qui vient, par exemple, qui nous sont donnés dans les écritures, comme le dit notre texte. Si vous avez déjà eu l’occasion de passer toute une nuit éveillé, dans la nature, vous comprendrez l’image que donne notre texte en parlant de l’étoile du matin. Laissez de côté votre torche, votre lampe de poche, et vous allez découvrir à quel point la nuit est inquiétante. Il y a des mouvements qui vous insécurisent, il y a des bruits qui vous font peur. Il y aura des pensées lugubres qui vont vous envahir, des peurs, de lourds souvenirs qui vous paralysent, un peu comme l’humidité et la fraîcheur qui vous donnent la chair de poule... La nuit semble être sans fin. Le temps s’est arrêté avec ta fatigue croissante. Et c’est alors que l’étoile du matin se lève, l’étoile du berger qui signale la fin de la nuit. Vous êtes toujours dans l’obscurité totale, mais la puissance de la nuit est brisée par elle ; maintenant le nouveau jour approche. Tu remets une bûche sur la braise et tu flaires déjà la chaleur du jour qui vient. Profitez de ces jours d’été pour faire une telle expérience dont, malheureusement, nous sommes aujourd’hui si souvent trop éloignés. Mais peut-être arriverez-vous à saisir à quel point l’étoile du berger est devenu un signe, le souvenir journalier de cette autre étoile du matin qui nous annonce le Jour Nouveau et la Création Nouvelle, le Jour du Seigneur. Avec cela, le monde est plein de lumières, dès que vous serez atteints par la dynamique du Retour du Seigneur. Et vous reconnaîtrez les signes d’amour qui sortent de son cœur même, vous allez découvrir tous les détails de la vie qui vous entoure, pour ne pas passer à côté de l’essentiel, à côté des signes au bord du chemin qui nous sont donnés pour rester en route, en commun, à Sa rencontre. Amen. Autres lectures : Daniel 7/9-14 Marc 9/2-10 Cantiques : * Psaume 47/1 à 3 Frappez dans vos mains * ARC 754/1 à 5 La Cévenole Prière Réveille-nous, Seigneur, pour que nous découvrions les signes de ta venue, l’étoile du matin, dans notre vie personnelle, mais aussi dans le monde, dans ta création. Car c’est vrai : notre Seigneur est à l’œuvre, déjà maintenant, notre Seigneur qui vient. Il est présent parmi ceux qui luttent pour la paix, qui s’engagent en faveur de la compréhension mutuelle, de la réconciliation, que se soit dans les pays de l’est ou en Afrique, en Irlande ou au Proche Orient. Encourage les femmes et les hommes politiques, et prends pitié de ceux qui ne savent que chercher recours à la violence, se méfiant des chemins de la paix. Fortifie toutes les puissances qui se mettent au service de ton royaume qui vient, les espérances actives, qui savent allumer des lumières dans l’obscurité. Eveille l’amour qui ne se lasse pas, qui excuse tout, qui croit tout, qui espère tout, qui endure tout. Délivre-nous de notre impatience qui veut avoir aujourd’hui ce que tu as prévu pour nous pour demain, et délivre-nous de notre lassitude. C’est vrai, ton Christ est présent là où des humains se laissent appeler à mettre leur temps et leur argent, leurs forces et leur travail au service de celles et de ceux qui sont poursuivis ou démunis, mis à l’écart ou oubliés. C’est vrai, ton Royaume vient là où des humains renoncent à leurs privilèges pour se traiter les uns et les autres comme frères et sœurs, partageant ce que tu leur as confié. Permets, Seigneur, que ton Eglise devienne le lieu privilégié de la réconciliation et de la paix. Accorde-nous dans les cultes et dans l’enseignement, dans la louange et dans l’intercession, des moments de clarté, de transfiguration, qui nous encouragent tous à une nouvelle clarté de vie, à nous orienter vers ce but que tu nous as donné, à chacun personnellement et aussi au monde entier. Nous te prions tout particulièrement d’accorder ta proximité à celles et à ceux qui aspirent à ton repos et à la réalisation de ta promesse. Accompagne les malades et les souffrants, encourage les isolés, les mourants et ne fais pas tarder le jour de ta venue. Autres textes de la même catégorie
|
Inscription à la newsletter
|
Cultes contemporains
2 Pierre 1 v 16-21 (Philippe COUSSON)