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2 Corinthiens 5 v 17-21 (Alphonse MAILLOT)



Texte : 2 Corinthiens 5/17-21
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 35-36).



4° dimanche de Carême

2 Corinthiens 5/17-21

Avant de dire que ce passage est difficile, ce qui est vrai mais seulement dû à notre propre infirmité qui recule devant les splendeurs qui sont ici révélées sur nous, admirez ces splendeurs (théologiques et vivantes) !

Retenez tout d'abord que le Christ est venu inaugurer une nouvelle création (littéralement, au v. 17) qui concerne le kosmos en entier, ce qui, au passage, fait de nous de nouvelles créatures. Bien insister ici sur le mot « nouveau ». Cela désigne, non pas un replâtrage, un rafistolage, un ravalement, ni même un rajeunissement de ce qui existe, mais une refonte totale en vue de quelque chose qui n'a jamais encore existé. C'est la deuxième Création que, d'après Paul (Romains 5/14-21), Dieu avait en vue dès la Création (et non pas après la désobéissance) d'Adam (et Eve). L'ancien (monde) est passé, trépassé même ; déjà nous sommes dans la nouveauté. Et cela concerne, répétons-le, l'Univers entier ; mais, comme Paul encore le précisera (en Romains 8), ce monde nouveau, qui gémit sous le cadavre de l'ancien, ne nous est pas encore vraiment sensible. Nous aussi, nous gémissons dans l'attente de la révélation des enfants de Dieu (Romains 8/18-25). Nous sommes déjà sous ce double signe de l'ancien qui meurt et de la nouveauté qui naît et croît (cf. 2 Corinthiens 4/16-17).

Cependant il nous est permis, en certains cas, presque d'apercevoir, sinon de vivre, ce monde nouveau qui, tous, nous attend.

C'est par exemple en considérant Dieu, comme nous pouvons le regarder dans ce monde nouveau, c'est-à-dire comme Père ; en effet, Dieu s'est réconcilié (en Jésus-Christ) avec nous. Ici encore, un mot à mieux comprendre ; étymologiquement, le verbe signifie « intervertir, échanger (les places) » ; Dieu, qui nous accusait (du moins c'est ce que nous pensions) a pris, avec Jésus-Christ, notre place d'accusés pour nous donner vraiment la place de son Fils. Certes, ceci n'est encore qu'une manière approchée de parler de notre salut réalisé par le Christ, mais c'est une des moins mauvaises manières de rendre compte de ce qui ne se laissera jamais emprisonner dans le langage ni coincer dans un système théologique : Jésus-Christ a pris notre place pour nous donner la sienne (« Il est mort pour tous » : 5/1s).

Et Paul continue avec le verset 21 qui a fait tant couler d'encre et de salive. Dans la logique de ce qui précède, on peut s'accommoder des traductions habituelles : Christ devenu pour nous « le Péché » lui-même, pour que nous, nous devenions à sa place « la justice pour Dieu » = ceux qui sont justes devant Dieu, et donc à leurs propres yeux. (Dieu y voit quand même plus clair que nous-mêmes en nous). Mais ce mot « Péché », dans le Lévitique même (version Septante), désigne parfois le « sacrifice accompli pour le péché ». Il n'est donc pas interdit de traduire de cette manière moins abrupte : « Christ devenu pour nous le sacrifice pour le péché ».

De toute manière, cette Bonne Nouvelle d'un Dieu qui a pris notre place pour vraiment nous donner la sienne, doit non seulement être pleinement reçue par chacun d'entre nous (c'est le pathétique verset 20 = « Acceptez pour vous cette réconciliation avec Dieu »), mais elle est aussi le message dont nous sommes tous les ministres (diacres : verset 18), et que nous devons proclamer à tous : « Jésus, le Fils de Dieu, a pris notre place pour vous donner la sienne ».

Enfin, ne pas prendre le « si » du v. 17 comme conditionnel, car souvent, chez Paul, il signifie « puisque ». Ce n'est pas une hypothèse, mais une affirmation dont on part pour progresser vers une autre.




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