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1 Timothée 2 v 1 à 8 Henri Frisch



Prédication du 19 septembre 2004
Henri Frisch
Lectures bibliques :
Amos 8
1 Timothée 2 v 1 à 8
Luc 16 v 1 à 18
C'est alors que j'eus comme un songe. La route menait au sommet et de là je vis la terre comme privée de ses dimensions dans le temps et dans l'espace si bien que l'on voyait à la fois le passé et le présent, l'orient et l'occident. Alors une voix se fit entendre :
" Que vois-tu devant toi ?"
" Je vois deux tours. L'une à l'orient, l'autre à l'occident. Celle qui se dresse à l'orient est de construction ancienne, mais elle est gigantesque et ne finit pas de s'élever vers les cieux. L'autre est de construction moderne composée de deux éléments qui font comme deux bras qui se tendent vers les cieux "
" Et maintenant, que vois-tu ? "
" Je vois la première tour s'effondrer sur ses bases devenues insuffisantes. Les hommes affolés se jettent dans le vide et ceux qui restent vivants se querellent pour trouver un fautif. Mais c'est trop tard, ils ne se comprennent plus. "
" Je vois aussi la seconde tour d'effondrer. Le premier bras puis le second comme deux torches. Les hommes affolés se jettent dans le vide et ceux qui restent vivants se querellent pour trouver un fautif. Mais c'est trop tard, ils ne se comprennent plus. "
La voix reprit :
" Des siècles se sont écoulés entre ces deux tours. Des hommes ont péri par la faute d'autres hommes et ceux qui ont survécu cherchent dans l'autre la responsabilité du malheur. "
Je demandais qui était le fautif de ces catastrophes et la voix me répondit :
" Toi "
Alors je me réveillais. La télévision transmettait une cérémonie en anglais. Des hommes, des femmes et des enfants s'approchaient, disaient un nom et s'éloignaient en pleurs.
" Pourquoi moi ? "

Notre mission envers les hommes
Paul a placé beaucoup d'espoir dans son disciple Timothée, son " véritable enfant dans la foi " comme il est dit plus haut au premier chapitre. Et comme à chaque fois que quelqu'un espère une relève, cherche un successeur, Paul adresse à Timothée ses recommandations. Ces recommandations sont consignées dans les deux épîtres que nous connaissons.
Paul veut ainsi que la révélation dont il a bénéficié sur le chemin de Damas soit bien comprise et par là bien transmise, car après lui se joue le devenir de l'église chrétienne fondée sur Pierre et bâtie par Paul.
Dans la première épître à Timothée, nous venons de lire la prière pour les hommes :
" Je recommande donc, avant tout, qu'on présente des requêtes, des prières, des supplications et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui exercent l'autorité, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, toute de piété et d'honnêteté. C'est là ce qui est bon et agréable aux yeux de Dieu, notre sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ".
Le projet de Dieu pour les hommes, c'est donc la paix. La paix entre les hommes classés en deux catégories, les dirigés et les dirigeants. Dieu est créateur et les hommes appartiennent à sa création. Dieu veut donc pour les hommes un développement paisible dans lequel chacun pourra vivre avec l'autre sans entrer en conflit.
Et dans ce projet, Dieu s'adresse aux hommes à qui Il a continué à se révéler au travers de l'enseignement dispensé par le Christ après s'être révélé à Moïse. Ces hommes lui sont acquis. Ils sont vous et moi, ils sont nous.
Ainsi, notre mission ne se limite pas à vivre une relation avec Dieu, en direct ou en association avec Jésus Christ, notre Médiateur. Notre mission ne se limite pas non plus à vivre ensemble et à nous retrouver dimanche après dimanche, à baptiser nos enfants, les confirmer, les marier ou à nous réunir pour un dernier hommage. Notre mission, c'est cela, mais c'est plus que cela.
Notre mission, c'est " entrer en contact avec tous les hommes ", les dirigés comme ceux qui les dirigent. Notre mission, c'est donc aussi quitter le milieu où nous avons eu la chance de rencontrer Dieu, où nous avons eu le privilège de tisser des liens paisibles avec ceux qui nous ressemblent, pour partager avec les autres le projet de paix proposé par Dieu.
Parce que, si nous n'engageons pas cette démarche vers l'autre, si nous ne nous éloignons pas un temps de notre base pour rencontrer l'autre, comment faire adhérer l'autre au projet de Dieu qui est la paix. Comment convaincre les hommes de renoncer à l'égoïsme, et les dirigeants de renoncer à la violence ?
Dieu nous demande de soutenir son projet de paix auprès de tous les hommes.

Comment accomplir notre mission ?
Et pour accomplir cette mission, nous disposons de trois moyens : la prière, l'exemple et le pardon.
Pour la prière, il ne s'agit pas d'une prière dite dans le secret de nos cœurs mais d'une prière aux multiples facettes, dite à haute voix et en public pour que, dans une première étape, chaque membre de la communauté puisse adhérer au même objectif et construire le même projet. Une prière de revendications, au travers de requêtes ou de supplications. Je demande la paix, la paix pour les hommes.
Nous le savons bien et tous les jours nous sommes les spectateurs du comportement des hommes et surtout de ceux qui les dirigent. Je peux avoir la meilleure idée, si je ne communique pas sur mon idée, si je n'y fais pas adhérer un grand nombre, si je ne présente pas un projet avec la garantie de la réussite, personne ne s'intéressera à mon idée. Et pourtant, c'est une bonne idée !
C'est pourquoi, nous les " enfants de lumière ", pour reprendre les termes utilisés par Luc, qui savons ce que nous devons faire et qui apportons avec nous la paix, nous devons le faire avec les mêmes moyens que " les enfants de ce siècle " et qui sont aujourd'hui association, communication, mise sous pression.
Aussi, le projet intégré à notre communauté, nous avons dans une seconde étape le devoir d'en faire la promotion auprès de notre hiérarchie, à laquelle nous nous limitons trop souvent, mais encore auprès des hommes et surtout auprès des hommes qui les dirigent. Nous devons le faire avec courage, conviction et ténacité.
Enfin, le résultat sera la réussite du projet de Dieu et nous devrons dans une troisième étape adresser notre prière de reconnaissance à Dieu et aussi aux hommes qui nous auront écouté et aidé pour qu'ils soient encouragés à continuer.

Trois étapes : Intégrer le projet de Dieu, le promouvoir et remercier.

Mais pour arriver à notre fin dans un univers encombré, ou règne le désordre et l'injustice, nous devons faire preuve de cohérence avec notre projet de paix. Cette cohérence a deux composantes. Celle de l'exemple et celle du pardon.
Un projet de paix ne peut réussir que si nous, ses protagonistes, sommes exemplaires. Le texte que nous avons lu utilise le terme " d'honnête ". Aujourd'hui on lui préfèrerai celui de fiable. " Celui qui est fidèle dans les plus petites choses est aussi fidèle dans les grandes ; et celui qui est injuste dans les petites choses est aussi injuste dans les grandes " nous dit Luc au chapitre 16.
Nous devons nous montrer exemplaires. Exemplaires dans notre vie privée comme dans nos relations avec les autres, exemplaires dans notre travail ou dans nos moments de loisir. Plus que les autres hommes, nous devons développer progressivement une image forte de notre exemplarité dans le domaine de la paix, sachant nous montrer responsables, tenir nos engagements les plus modestes comme les plus valorisants
Cette exemplarité doit nous permettre d'accroître notre influence sur les hommes et ceux qui les dirigent, voire rejoindre ceux qui dirigent les hommes, position à partir de laquelle nous devons agir pour la paix qui est les projet de Dieu pour nous. Et plus nous nous renforçons dans l'exemplarité, plus nous portons de responsabilité devant les nôtres et devant les hommes.
L'histoire pourtant nous montre que, parvenus au sommet du pouvoir, les dirigeants issus de nos rangs, et jusqu'à des rangs élevés de nos hiérarchies, ont souvent oublié le projet de Dieu pour se comporter en potentats.
Aujourd'hui, certaines églises que nous pouvons qualifier de protestantes, ont su attirer en leur sein des hommes intelligents et influents qui jouent un rôle déterminant dans le gouvernement de leur pays avec des résultats très éloignés de la paix, comme elles apportent aussi, il faut le souligner, une aide significative aux plus déshérités.
Jusqu'aux hommes de Dieu, juifs, chrétiens ou musulmans qui ne cessent d'en découdre avec tous de bonnes raisons affichées et de mauvaises bien cachées. Et si nous, hommes de Dieu, nous ne savons pas apporter la paix, à quoi servons nous ?
Ne l'oublions pas, pour la paix, c'est nous que l'on regarde !

Mais où est la paix ? En Palestine, au Kosovo, en Afghanistan, chez les Tchétchènes, en Iraq ? Les conflits s'éternisent et s'enchaînent. Avons-nous le pouvoir de changer le cours de l'histoire ? Et quand je dis nous, j'entends les hommes de Dieu !
De toutes façons, les conflits que nous venons d'évoquer, se termineront un jour. Il y aura de grandes déclarations, de grandes manifestations et des traités émouvants. Alors viendra la paix qu'il faudra réussir. Nous avons lu dans le livre du prophète Amos que Dieu avait décidé de s'éloigner de son peuple et de le laisser livré à lui-même. Mais cet éloignement aura lui aussi une fin et Dieu pardonnera.
Mais qu'est-ce que réussir la paix ? Réussir la paix, c'est éviter les règlements de compte, la guerre civile ou le retour à un nouveau conflit. N'avons nous pas connu, après les guerres de Napoléon, la guerre de 1870 et les deux guerres mondiales pour n'avoir pas su trouver la paix en Europe au début du 19° siècle !
Pour réussir la paix, il n'y a qu'une seule solution : le pardon. Et ce pardon ne peut être efficace que s'il est déjà ancré dans la culture des hommes qui s'opposent.
Même si notre histoire nous incite à émettre des réserves, avec toutes nos guerres, nos invasions ou nos paix ratées qui font autant de contre exemples, c'est à nous, les chrétiens, de jouer un rôle dans la paix.
Car le pardon des chrétiens n'est pas un pardon occasionnel ou un pardon de circonstance mais un pardon offert à priori, permanent, sans compensation. Un pardon qui libère du ressentiment, de la haine, de l'esprit de revanche, de la jalousie, ou du désir de dominer par la violence.
Un pardon que nous n'avons pas toujours su mettre en œuvre mais dont j'espère qu'il a été à l'origine de la construction de cet ensemble moderne qu'est l'Union Européenne. Car ceux qui l'ont commencée, en 1952, quand les trains de minerai franchissaient librement les frontières de la France avec l'Allemagne, ceux-là avaient bien des raisons de se haïr.

La paix, c'est le projet de Dieu. C'est le projet pour tous les hommes et nous en sommes les garants. Nous devons l'avoir devant nous comme le fanal que l'on pend au bout d'un bâton, dans notre prière, à chaque instant de notre vie. Et si nous ne sommes pas certains de l'obtenir, sachons au moins préparer son retour par l'enseignement du pardon.
C'est pourquoi, avec vous, je suis responsable de la paix.
La paix soit avec vous,
Amen
Henri Frisch fait partie de l'équipe "Foi et prédication" (anciennement : "équipe des prédicateurs") de Neuilly




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