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1 Thessaloniciens 3 v 11 à 4 v 2
Texte : 1 Thessaloniciens 3/11 à 4/2
Genre : Etude biblique Auteur : Michel TRIMAILLE Source : La première lettre aux Thessaloniciens. Cahier Evangile n° 39. Service Biblique Evangile et Vie ; éditions du Cerf, 1982 (p. 45-48). Conclusion de la première partie : prière (1 Thessaloniciens 3/11-13) Elle s’adresse à « Dieu notre Père » et, dans un même mouvement, à « notre Seigneur Jésus Christ », car le verbe est au singulier : le Père et le Seigneur sont pris comme une unité. Elle comprend deux demandes principales : l’une concerne Paul, l’autre concerne les chrétiens. Pour lui-même, Paul demande de pouvoir se rendre à nouveau à Thessalonique. Ou plutôt, il précise la prière dont il a été question au v. 10 : ce qu’il demande, c’est de pouvoir s’y rendre « au plus droit », donc le plus vite possible. Pour les chrétiens, Paul prie en premier lieu pour la croissance et les progrès de leur charité : c’est dire toute l’importance qu’il y accorde. Les deux verbes « augmenter » et « faire progresser » sont presque synonymes, le deuxième étant peut-être plus insistant que le premier. De plus, il annonce 4/1 & 10, mais là, c’est à ses lecteurs que Paul demandera de faire des progrès : car les progrès de la vie chrétienne sont les effets conjugués et de la prière et des efforts humains. L’amour-charité souhaité par Paul est universel : « les uns envers les autres », mais aussi « envers tous ». Et Paul leur propose en modèle l’amour des apôtres pour la communauté. Il l’a rappelé avec tant d’insistance en 2/1-12 et 2/17 à 3/10 : l’amour se manifeste en des attitudes concrètes de « don ». C’est en cela que celui des apôtres est un modèle. Et si l’agapè possède une telle importance, c’est à cause de sa valeur eschatologique. En 1 Corinthiens 13, il précisera que la foi, l’espérance et la charité ont toutes les trois une valeur d’éternité, mais que la plus grande des trois, c’est la charité ! Grâce à cette agapè, les cœurs des croyants peuvent être affermis, c’est-à-dire établis de façon sûre dans le courage et dans la force, jusqu’au terme de l’épreuve-tribulation ; elle les fera persévérer dans la « sainteté ». Nous rencontrons ce terme pour la première fois, mais il va revenir dans les exhortations qui suivent (4/3 & 7). Pour une part d’elle-même, cette sainteté est faite d’innocence (cf. 2/10). Paul prie donc pour que le Seigneur, au jour de sa Parousie, n’ait rien à reprocher aux croyants. Dans cette lettre où le mot « péché » n’est jamais employé, l’innocence est l’équivalent de « absence de péché ». Paul a déjà évoqué plusieurs fois la Parousie : en 1/10 (les convertis attendent le Fils qui viendra des cieux) et en 2/19 surtout, au début du deuxième ensemble de cette première partie : là, il confessait son espérance d’y trouver la joie. Il était normal qu’il revienne, en conclusion et comme en point d’orgue, sur cette perspective dynamisante du moment où le Seigneur sera enfin présent aux siens, puisque toute l’existence de l’Eglise et toute l’action apostolique sont orientées vers cet accomplissement, dans une attente active. Lors de sa Parousie, Jésus viendra « avec tous ses saints ». La difficulté est célèbre ! Comment les saints pourraient-ils accompagner le Seigneur quand il viendra puisque, en 4/13ss, Paul expliquera que les chrétiens, ceux qui seront encore de ce monde et les morts ressuscités, seront enlevés à la rencontre du Seigneur ? En sa Parousie, le Seigneur n’est pas accompagné par les saints : ce sont eux qui vont le rejoindre ! La solution la moins insatisfaisante est celle qui voit ici les anges. En effet, la formule paulinienne (sans doute déjà reçue d’une ancienne tradition) s’inspire de Zacharie 14/5 : « Le Seigneur mon Dieu viendra, et tous ses saints avec lui ». Or, dans Zacharie, ces « êtres saints » sont, presque à coup sûr, des anges, comme souvent dans la littérature apocalyptique. On sait que, dans le Nouveau Testament, une dizaine de « paroles » donnent au Fils de l’homme ou au Seigneur lors de sa Parousie, un cortège d’anges, jamais de saints. Mais, en Marc 8/38, Luc 9/26, Jude 14 et Apocalypse 14/10, ces anges sont qualifiés de « saints » : il viendra avec ses saints anges. La formule de 1 Thessaloniciens est peut-être la plus ancienne, celle selon laquelle il n’est pas encore précisé, pour éviter toute ambiguïté, que les saints sont des anges. Elle associe donc une nombreuse cour d’êtres célestes au triomphe du Christ, et c’est à cette cour que les croyants vont être adjoints. Deuxième partie : EXHORTATIONS APOSTOLIQUES (chapitres 4 et 5) Ces deux derniers chapitres représentent la partie « parénétique » de la lettre, ainsi appelée parce qu’elle traite des orientations morales et de la vie communautaire définies par l’apôtre au nom de la foi chrétienne. 1 – Introduction (4/1-2) Selon saint Paul, l’exhortation est l’une des tâches principales d’un fondateur d’églises. Elle se distingue de la simple imposition de règles morales ou de commandements, par le fait qu’elle est fondée sur « le Seigneur Jésus », même si le vocabulaire du commandement et les verbes à l’impératif réapparaissent parfois, comme ici au v. 2 : « les prescriptions que nous vous avons données ». Il est malaisé de rendre en français les différentes nuances du verbe : il a le sens de « ranimer les forces, encourager » ; parfois, comme ici, il est mis en parallèle avec « demander » ou « prier » ; plus rarement, il signifie « consoler ». De par son étymologie (c’est un composé du verbe « appeler »), il suggère une forte interpellation, chargée de tout le poids des convictions communes à celui qui exhorte et à ses auditeurs. Chez Paul, c’est — pourrait-on dire — une véritable proclamation de l’Evangile, mais sous l’aspect concret de ses conséquences pratiques, des exigences inhérentes à la foi. Pour les Thessaloniciens, ces exigences ne sont pas nouvelles : c’est un rappel, avec des précisions, de « ce que vous avez reçu de nous », c’est-à-dire de la « tradition » dont Paul se considère comme un « transmetteur » privilégié. La fin de la première action de grâce, qui évoquait la période de fondation de la communauté, a déjà tracé la ligne générale de l’exhortation apostolique à Thessalonique : « pour que vous marchiez d’une manière digne du Dieu qui vous appelle à son Royaume et à sa gloire » (2/12). « Marcher », ici comme là, c’est avoir tel ou tel comportement repérable de l’extérieur. Le ressort de cette exhortation est particulièrement remarquable : c’est l’avenir que Dieu réserve aux croyants. Cet avenir est, bien sûr, enraciné dans le mystère pascal du Seigneur Jésus, mais c’est en cet avenir, et non dans le passé, que Paul puise les raisons immédiates des exigences chrétiennes, qui doivent se concrétiser dans l’amour de charité sous toutes ses formes. C’est en fonction de cet avenir qu’il importe de « plaire à Dieu » aujourd’hui, de lui donner satisfaction avec loyauté et fidélité, en un mot d’avoir une conduite témoignant d’une relation avec Dieu qui tienne vraiment compte de Lui. La vie chrétienne tout entière va donc être éclairée par cet avenir, par la venue espérée du Seigneur. Dans différents domaines de la vie, Paul voudrait voir ses lecteurs progresser, c’est-à-dire aller plus loin. Autres textes de la même catégorie
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