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1 Rois 19 v 8-18 (Elisabeth Parmentier)



Texte : 1 Rois 19/8-18
Genre : Narration
Auteur : Elisabeth PARMENTIER
Source : Racontez-nous la Bible — Essais de narrations bibliques. Réveil Publications & Editions Oberlin, 1994 (p. 61-68).



Du Carmel à l’Horeb
1 Rois 19/8-18

L'homme de Dieu fait peine à voir.
Hirsute, couvert de poussière,
un long manteau battant ses flancs amaigris,
il pousse son corps en avant,
le regard accroché au but ultime qu'il s'est fixé :
l'Horeb, le Sinaï, la montagne où le Seigneur a établi son alliance
avec le peuple d'Israël.
C'est lui qu'il est venu rencontrer ici.
Voilà 40 jours et nuits qu'il traverse le désert,
refaisant le chemin de l'Exode à l'envers.
Seul, d'une solitude mortelle.
Car celui qu'il attend ne lui répond pas.
Et il n'a pour interlocuteur silencieux
que l'imposant massif montagneux
qui renvoie de loin en loin son monologue.

« Vous avez devant vous le champion du Seigneur,
le valeureux combattant
qui a vaincu le dieu Baal sur la montagne du Carmel !
Un pauvre type en fuite, oui, un raté...
Moi, Elie, l'inconnu de Tishbé,
choisi par le Seigneur pour rappeler son peuple à la fidélité,
j'ai pourtant accompli des choses extraordinaires.
J'ai nourri, délivré et ressuscité en son Nom ;
j'ai été son messager,
j'ai interprété ses signes et enseigné le peuple,
mis en garde les rois !
Et enfin, j'ai vaincu avec lui 450 prophètes de Baal
qui étaient en train de détourner mon peuple du vrai Dieu.
C'est qu'ils avaient trouvé la bonne tactique pour parler aux Israélites !
Ils leur faisaient miroiter la cohabitation
entre leurs dieux et le Dieu d'Israël.
Personne n'y perd, tout le monde y gagne !
Pensez donc à tous les avantages :
pluie, soleil, mais aussi bonheur, une récolte abondante,
mais aussi une vie sans peine.
Plusieurs dieux à sa disposition, qui s'en plaindrait ?
Et ils voulaient nous faire croire
qu'à force de sacrifices et d'incantations
on pourrait tout obtenir !

« J'ai provoqué l'épreuve de force sur ce Carmel
qu'ils avaient accaparé pour eux.
C'est le Seigneur ou c'est Baal,
ai-je dit à mon peuple.
Il faut choisir.
Jusqu'à quand sauterez-vous à cloche-pied
de l'un à l'autre ?
Notre Dieu, c'est le Dieu de l'Alliance des pères,
le vrai et le seul.
Il vous le prouvera, puisque vous êtes si fortes têtes.
Son feu s'abattra sur le sacrifice,
et Baal ne fera rien du tout
parce qu'il n'est que pure invention !
Ses prophètes étaient piqués au vif !
Il fallait les voir, criant à qui mieux-mieux
Baal, Baal, réponds-nous !,
sautant devant l'autel,
se tailladant jusqu'au sang depuis le matin jusqu'à midi
pour faire réagir leur dieu.
Je m'amusais beaucoup.
Je sais bien que ce n'est pas ainsi
que l'on pourrait forcer la venue du Seigneur.
Aucun sacrifice, aucune incantation ou mortification
n'auraient de pouvoir sur lui.
Mais l'appel du fidèle, oui.
Moi, je ne l'ai invoqué qu'une fois.
Je n'ai pas eu à pousser de grands cris.
Je lui ai simplement rappelé son Alliance, en le nommant :
Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël.
Il fallait que les siens comprennent
qu'il est le Dieu de tout son peuple, des 12 tribus,
celui qui veut aussi la réconciliation des royaumes divisés.
Il a répondu.
Le feu est tombé droit sur le sacrifice et a tout consumé.
Le Seigneur a battu Baal sur son propre terrain ;
ils sont tous tombés la face contre terre en criant :
C'est le Seigneur qui est Dieu !
C'est le Seigneur qui est Dieu !
Et nous avons exterminé ces faux prophètes !
J'étais comme pris de rage et de frénésie vengeresse en les égorgeant.
Tout en moi hurlait : c'est le Seigneur qui est Dieu !
Personne ne se mettra en travers de sa route, foi d'Elie !
Comme je courais, ce jour-là, en dévalant les pentes du Carmel,
fou de joie de la victoire éclatante de mon Dieu.
Sa main était sur moi.
Mais depuis, j'ai perdu le feu.
Je l'ai perdu, lui.
Je ne l'entends plus,
je ne vois plus que moi et mon découragement.
Et je sens bien que ma prière est devenue monologue.

« Seigneur, je n'en peux plus.
Je n'ai plus la force de me battre pour toi
contre tout un peuple insensé et têtu,
ni contre ses dirigeants.
Tu m'as envoyé comme Moïse pour les libérer,
mais je ne peux pas l'égaler.
Je n'aurai pas la force d'arracher Israël
à l'emprise de la reine Jézabel,
de ses dieux et de ses prophètes.
Laisse-moi mourir ici comme mes ancêtres durant l'Exode,
car je ne vaux pas mieux qu'eux.
Je te demande la mort pour la deuxième fois.
Pourquoi m'as-tu envoyé un ange pour me nourrir
et me donner la force de marcher jusqu'à toi
si c'est pour garder le silence ?
N'habites-tu pas ici où tu as parlé à Moïse dans le buisson ardent,
où tu as donné à ton peuple les tables de l'alliance
dans la foudre et le tonnerre ?
Je ne te comprends plus. Je ne t'entends plus ».

La nuit pose son silence encore plus pesant sur la montagne
lorsqu'Elie arrive à « la » caverne,
ce creux du rocher où, quelques siècles plus tôt,
le Seigneur avait caché Moïse dans le creux de sa main
tandis qu'il passait devant lui.
C'est au tour d'Elie de cacher son désarroi dans le creux du rocher.
Mais cette nuit même, il entend à nouveau le Seigneur lui parler.
— Pourquoi es-tu ici, Elie ?
— Seigneur, Dieu Tout-Puissant !
Je brûle de passion pour toi et je m'y consume tout entier,
Je souffre pour toi.
Les enfants d'Israël t'ont abandonné ;
ils ont démoli tes autels et tué tes prophètes.
Je reste, moi seul, pour maintenir ton Alliance,
et on cherche à me tuer.
— Elie, sors et tiens-toi sur la montagne.
Moi, le Seigneur, je vais passer devant toi.

Un vent fort et puissant se lève, fracassant les rochers sur son passage.
Après le vent, un tremblement de terre fend le sol alentour.
Après le tremblement de terre, un feu lance ses flammes vers le ciel.
Le Seigneur va-t-il fracasser ses ennemis et faire triompher son Nom ?
Va-t-il engloutir ses détracteurs ?
Va-t-il laisser le feu consumer les infidèles ?
Mais le Seigneur n'est pas dans le vent.
Le Seigneur n'est pas dans le tremblement de terre.
Le Seigneur n'est pas dans le feu.

Après le feu, dans le silence de la nuit, naît comme un souffle,
un murmure comme la voix de la brise.
En l'entendant, Elie se voile le visage de son manteau,
car personne ne saurait voir le Seigneur en face sans mourir.
Il sort et se tient à l'entrée de la caverne.
Alors le Seigneur parle à Elie et l'appelle par son nom :
— Pourquoi es-tu ici, Elie ?
— Seigneur, Dieu Tout-Puissant !
Je brûle de passion pour toi et je m'y consume tout entier.
Je souffre pour toi.
Les enfants d'Israël t'ont abandonné ;
ils ont démoli tes autels et tué tes prophètes.
Je reste, moi seul, pour maintenir ton Alliance,
et on cherche à me tuer.
— Va, reprends ton chemin.
Je n'abandonne pas mon peuple.
Tu institueras deux rois et un prophète, Elisée, à ta place.
Et je laisserai en Israël un reste de 7 000 hommes,
tous ceux qui n'ont pas fléchi les genoux devant Baal.
Vois, tu n'es pas seul.
Tout continue, même si tu en doutes.
Mon histoire avec vous est loin d'être terminée.

Elie reprend le chemin inverse, vers les humains.
— Seigneur,
j'étais excédé par mon peuple qui ne te comprend pas.
Mais moi non plus je ne te connaissais pas vraiment.
Je me suis laissé emporter par ma passion pour toi
et je ne voyais que nos victoires.
Je te souhaitais vainqueur selon mes critères,
alors que tu agis autrement.
Maintenant j'ai entendu ta voix.
Tu n'as pas besoin du fracas des éléments pour te manifester.
Tu n'es pas seulement le Tout-Puissant,
tu es le Seigneur des humains,
celui qui s'approche d'eux.
Tu m'as parlé.
Et tu m'as redonné vie, mon Seigneur et mon Dieu.


Notes

Ce récit est destiné à un auditoire d'adultes ou d'adolescents suffisamment informés de l'histoire du peuple d'Israël et du prophétisme pour comprendre l'enjeu fondamental de l'époque d'Elie : la peur du syncrétisme religieux, de la fusion et confusion du Dieu d'Israël et des divinités environnantes.

Elie, la plus grande figure du prophétisme oral et du prophétisme d'action, apparaît à un des plus hauts points du développement de la monarchie en Samarie, où se montrent les signes de décadence religieuse. La révolte d'Elie n'est pas nationaliste comme celle d'autres prophètes, mais religieuse. Il fraye la voie dans laquelle s'engageront Amos, Osée et tous les grands prophètes de Juda : la lutte pour le monothéisme et pour la dissociation de Yahwé (traduit dans ce récit par "Seigneur" pour une meilleure actualisation) d'avec les divinités de la nature des Phéniciens et Cananéens.

Deux options fondamentales ont guidé la mise en forme de ce récit :

— Le souci de mettre en évidence Yahwé en tant que Dieu de la Parole, une parole placée sous le signe de la discontinuité. De même, en tant que Dieu de l'Histoire plutôt que de la Nature, il est le Dieu d'une aventure aléatoire, imprévisible et incontrôlable. D'où le désarroi d'Elie qui souhaiterait le voir s'engager dans des voies lui assurant un avenir victorieux. J'ai fait le choix de présenter Elie dans une solitude radicale vis-à-vis des siens mais aussi de Dieu dont la parole lui échappe. D'où le choix du monologue qui occupe la majeure partie du texte, suivi d'une courte prière puis du silence qui permet enfin le dialogue.

— La présentation du texte voudrait suggérer un rapprochement thématique avec Moïse, en particulier dans l'épisode de la caverne (Exode 33/18-23), mais aussi à travers les rappels de l'alliance établie entre Dieu et les siens. Elie se voit comme un nouveau Moïse, mais incapable de mener à bien cette tâche. Ce rapprochement s'impose d'autant plus qu'à l'épisode de la Transfiguration du Christ Moïse et Elie sont associés, et qu'ils ont aussi en commun de n'être pas morts ! Dans la tradition juive, tous deux auraient été enlevés au ciel directement, d'où la certitude du retour d'Elie comme précurseur du Messie (cf. le lien entre Elie et Jean-Baptiste).

Le Dieu présenté dans l'épisode du Carmel (1 Rois 18/18-46)

— Baal est l'un des dieux du cycle naturel, d'un monde compréhensible et clos où les saisons, la sécheresse et la pluie, la vie et la mort introduisent ordre et régularité. Yahwé va le dominer sur son propre terrain ; mais il ne se contente pas d'être un plus grand Baal. Il se révèle comme un Dieu autre.
Cela sera pleinement mis en évidence lors de son passage devant Elie à la caverne, mais déjà dans le récit du Carmel certains indices le laissent présumer.

— Ainsi, il n'est pas accessible par les incantations et les mortifications comme Baal dont les prophètes miment la passion. Ce n'est pas par son ardeur et sa passion qu'Elie pourra le faire intervenir. Il ne se manifestera pas comme Dieu d'Elie, mais comme Dieu de l'Alliance avec Israël. Elie n'invoque pas directement le nom de Yahwé (Adonaï) mais doit faire le détour par la mémoire d'Israël, évoquant les pères Abraham et Isaac. D'après la Haggada (interprétation rabbinique des textes bibliques comparable au midrash) toutes les prières d'Elie seraient restées sans succès s'il n'avait pas rappelé le nom des pères.

— Ce rappel de l'Alliance a en outre 2 significations essentielles dans le contexte historique : il rappelle au peuple son être véritable de 12 tribus (cf. l'autel qu'Elie dresse) et appelle à une réconciliation des 2 royaumes car Yahwé est le seul Dieu d'Israël par-delà la division, et pas seulement le Dieu de Samarie. De plus, le rappel de l'Alliance permet de sortir du cadre naturaliste pour un rapport personnel et historique à Yahwé.

— La présence de Yahwé n'est pas liée exclusivement à un lieu saint comme c'est le cas pour les divinités de la Nature. Ainsi la montagne du Carmel, haut lieu baaliste et donc suspect pour le yahwisme, n'est pas privée pour autant de l'action et de la présence de Dieu. Le texte du Carmel le suggère, mais Elie l'a-t-il vraiment compris, puisqu'il va tout droit au Sinaï pour y retrouver son Dieu ?

Elie et son rapport à Yahwé

— Elie (en hébreu Eliahou = Yahwé est Dieu ou Yahwé est mon Dieu) est le champion du yahwisme. Ce qui est caractéristique pour lui, ce sont ses absences et ses réapparitions. Il n'est jamais où on l'attend, il dépasse l'espoir des fidèles soit dans ses excès soit dans ses absences, exactement à l'image de son Dieu foudroyant, intermittent, absent, imprévisible. Cette discontinuité se manifeste aussi dans sa propre foi : sa relation à Dieu, faite de passion, d'ardeur et de zèle, souffre de ne pas voir les fruits de tant d'efforts et de ne pas réellement comprendre Dieu.

— J'ai fait le choix dans mon récit d'un Elie orgueilleux (d'un orgueil spirituel) et quelque peu mégalomane, sans doute d'un extrémisme qui ne peut engendrer que la solitude et la souffrance. J'ai employé au maximum le je et le moi pour montrer ce caractère volontaire et zélé, fermé à d'autres voix que la sienne (d'où la nécessité de l'épisode de la caverne où Dieu le fait écouter peut-être pour la première fois). Il lui aura fallu pour cela tout un cheminement à travers le désert (importance de la symbolique des 40 jours et nuits) et la proximité de la mort.

La rencontre à l'Horeb

— Contrairement au Carmel, l'Horeb est normalement sans équivoque la montagne sainte, puisque Yahwé y a établi son alliance. Mais contrairement à toute attente, Yahwé ne s'y montre pas facilement et pas de la manière traditionnelle (buisson ardent ou foudre).

— La grotte ou caverne où s'abrite Elie est apparemment celle où Moïse s'abrita quelques siècles plus tôt (Exode 33), comme semble le suggérer l'article défini. La tradition juive affirme que cette grotte aurait été créée exprès le 6° jour de la Création, et hermétiquement fermée ; si la gloire de Dieu avait pu pénétrer par une ouverture aussi étroite que le trou d'une aiguille, Elie aurait été consumé !

— Dieu n'est pas rencontré dans le fracas des éléments (dont il est pourtant le maître comme il vient de le prouver au Carmel), mais dans le silence où naît quelque chose comme un souffle, un murmure : ceci est de l'ordre de la relation, du dialogue. Dieu parle à Elie et l'appelle par son nom, se montrant ainsi comme un Dieu personnel, relationnel. La voix de la brise ne signifie pas qu'il agit avec douceur (les ordres terribles des versets 15-17 prouvent le contraire), mais l'attention dont le prophète doit se munir pour atteindre ce seuil d'intimité avec son Dieu.

Cela n'empêche pas le respect devant la Sainteté du Tout Autre : Elie se voile le visage comme jadis Moïse (Exode 3/6 ; dans Exode 33/22-23 c'est Yahwé qui couvre les yeux de Moïse). La tradition juive donne à cette épisode une interprétation symbolique : les 4 phénomènes précédant la venue de Yahwé font partie de la vie humaine. L'ouragan est la vie ici-bas, le tremblement de terre l'heure de la mort, le feu la Géhenne et la brise la voix de Dieu au jugement dernier.

— Le programme donné par Dieu est une révolution politique : Hazaël et Jéhu seront usurpateurs du trône par la violence et l'assassinat, avec l'appui des prophètes. La mention de l'onction royale correspond aux coutumes de l'époque, par contre c'est là la seule mention d'une onction conférée à un prophète. Il est également intéressant de constater que de ces trois ordres Elie n'accomplit que le 3°, laissant le reste à Elisée. Le cycle d'Elie finit au verset 18, les versets 19-21 sont empruntés au cycle d'Elisée, héritier spirituel d'Elie.

Bibliographie pour ce travail

- Elie le prophète : I. Selon les Ecritures et les traditions chrétiennes ; II. Au Carmel, dans le judaïsme, dans l'Islam (Etudes Carmélitaines), Paris, 1956.

- Jacques Cazeaux, Critique du langage chez les prophètes d'Israël, Publications de la maison de l'Orient méditerranéen ancien. Editions du CRNS, 1976.


Excursus :
Elie dans le judaïsme
(quelques réflexions)

— Dans le Zohar et le Sefer Ha-pardes, qui font partie des écrits ésotériques en marge du judaïsme officiel, Elie est présenté comme un Ange ayant pris corps d'homme pour prouver au monde que Yahwé est Dieu.
— Un midrash (on appelle ainsi l'interprétation rabbinique des textes bibliques, sous forme de commentaires faisant partie de la tradition) appelle Elie l'oiseau du ciel : il lui suffit de 4 bonds pour traverser le monde. Il est le bienfaiteur des pauvres et des humbles, le sauveteur dans les situations critiques.
— Un dicton populaire affirme : « Les chiens aboient joyeusement : Elie n'est pas loin ; les chiens pleurent : c'est l'Ange de la Mort qui s'approche ». Ainsi Elie réapparaît sur terre de manière imprévisible comme jadis.
— Il a surtout pour tâche de précéder le Messie en restaurant la pureté au sein d'Israël avant l'arrivée de celui-ci.
— Il accompagne le Juif pieux toute sa vie durant : en présidant à la circoncision sur une chaise à côté du parrain de l'enfant, en étant l'hôte éventuel de chaque repas du Séder (le repas de la Pâque juive) où une coupe et une chaise lui sont réservées, et même après l'enterrement. Il est le psychopompe, qui se tient sur le chemin du Paradis et conduit les âmes justes à leur place. A l'entrée du Shabbat il délivre les âmes pécheresses de la Géhenne et les y reconduit à la fin de la journée ! Cette omniprésence d'Elie fait de lui un personnage plus populaire encore qu'Abraham et Moïse.




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