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1 Rois 17 v 1-16 (Louis Honnay)
Texte : 1 Rois 17/1-16
Genre : Prédication Auteur : Louis HONNAY Source : Prédication pour le 10.11.1985. C’est donc un fameux miracle qui se produit en ce temps-là sur le territoire de Sidon, dans le petit village de Sarepta. La sécheresse et la famine sévissent dans le pays. Il n’y a plus rien à manger. Pourtant, chez cette veuve où Elie habite, la farine ne manque pas et l’huile non plus, cette farine et cette huile qui servent à confectionner les galettes qu’on mange comme du pain. Pour comprendre ce qui se passe, il faut se rappeler les circonstances historiques. Nous sommes dans la première moitié du neuvième siècle avant Jésus-Christ. Le roi Akhab règne en Israël, le Royaume du Nord. Mais c’est un roi infidèle. Il introduit le paganisme dans le pays, il construit un temple pour les dieux païens. Il importe la religion de Baal. Dans la croyance du temps, Baal est le dieu de l’orage et de la pluie : on le représente tenant un éclair de foudre dans la main. On l’invoque pour obtenir la pluie et de bonnes récoltes. Alors intervient le prophète Elie, le champion de la foi. Son nom signifie : “Le Seigneur est mon Dieu”. C’est tout un programme ! Au nom de ce Dieu unique et vivant, il annonce au roi une longue période de sécheresse : elle durera trois ans. On aura beau adorer Baal et le prier, il ne pleuvra pas. Ce sera la démonstration de l’impuissance de ce Baal, de ce faux dieu, la preuve qu’il n’existe pas et qu’on a tort de lui rendre un culte. A la suite de cette parole, une situation de détresse s’installe. Il ne pleut pas, ce qui est dramatique pour un pays aussi sec que la Palestine, qui n’a pas de réserves d’eau. On ne peut plus cultiver, les produits agricoles deviennent rares. Un peu plus tard, le roi enverra son ministre parcourir les campagnes à la recherche de fourrage pour les bêtes. On en est là, à peu près dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui dans le Sahel. Au milieu de cette misère, Dieu préserve le prophète Elie. Il l’abrite au bord d’un torrent, pour qu’il puisse boire. Des corbeaux, à moins que ce ne soit des Arabes, lui apportent de la nourriture. Petit détail, en effet, en hébreu le mot qui veut dire “corbeau” ressemble à une voyelle près au mot qui veut dire “Arabe”. Mais le torrent sèche, Elie est obligé de partir. Il se réfugie à l’étranger, dans le territoire de Sidon, la ville qui s’appelle maintenant Saïda, sur la côte du Liban. Mais, là aussi, la famine le poursuit. La veuve chez qui il débarque n’a plus qu’un petit reste de provisions ; elle va faire cuire un pain, après quoi elle n’aura plus qu’à mourir, et son fils aussi. Avant d’aller plus loin, voyons s’il n’y a pas un parallèle à tracer entre cette situation de détresse et nos déséquilibres actuels. Nous l’avons dit, la cause du manque de pluie est la paganisation du pays, encouragée officiellement par la monarchie. Mais nous avons aussi nos idoles. Pensons seulement à ce qu’est l’industrialisation à outrance que nous connaissons dans nos pays dits évolués. L’industrie, la production, la robotique, deviennent autant d’idoles. On en attend le bonheur, la pluie et le beau temps. Mais il y a le revers de la médaille : l’extension du chômage. On calcule qu’en l’an 2000 (dans quinze ans !), nous aurons cinq millions de chômeurs en France, trente millions en Europe, avec tous les problèmes personnels et sociaux que cela entraînera. Une autre idole, c’est le MOI. Nous sommes depuis longtemps sous le règne de l’individualisme et de l’égoïsme, qui va de pair avec l’exigence des jouissances immédiates et du plaisir instantané. Et nous savons pertinemment que l’individualisme détruit le tissu social. Il n’y a plus de relations collectives, chacun se retrouve seul dans la masse où il se noie. On ne compte plus les couples désunis et les enfants perturbés par la séparation de leurs parents. Plus grave : comme au temps du roi Akhab, on rejette la foi en Dieu. On refuse l’Evangile, on va chercher conseil dans les sectes et dans les religions. Là, on se ferme à Jésus-Christ, on perd le sens de la vie, on ne sait plus pourquoi on existe. Ce qui explique, au moins en partie, que tant de jeunes se droguent et qu’un grand nombre se suicident. -o- Dans les périodes d’idolâtrie, Dieu réagit en nous envoyant des hommes qui parlent de sa part. En Israël perverti, il envoie Elie pour lui montrer les conséquences néfastes de la religion. En même temps, Elie prêche le retour au seul vrai Seigneur, celui qui seul donne la vie. Il importe qu’aujourd’hui encore, des hommes se lèvent pour dire le risque que le monde court en se donnant des idoles ravageuses, qui détruisent les personnes et la société, et qui pourraient bien anéantir l’humanité, si nous n’y faisons rien. Nos idoles modernes, comme les autres, sont parfois mortelles. Mais Dieu réagit aussi en choisissant une veuve pauvre, qui logera le prophète Elie jusqu’à ce qu’il soit appelé ailleurs. Et le miracle se produit. La farine ne manque pas dans le pot où on la tient en réserve, l’huile ne manque pas dans la jarre. Farine et huile se renouvellent à mesure qu’on y puise pour faire du pain. On ne sait pas comment cela se passe, on n’explique pas un miracle, on le constate et on en remercie le Seigneur. On a dû le remercier dans la maison de cette veuve ! Pendant qu’on meurt ailleurs, cette femme, son fils et le prophète Elie continuent de vivre. Faut-il crier à l’injustice ? Faut-il se révolter contre ce Dieu, qui laisse mourir des gens partout et qui protège ces trois-là ? Mais d’abord, où se trouve l’injustice ? Chez le roi Akhab, qui entraîne ses sujets à l’idolâtrie ? Ou bien en Dieu ? En fait, dans cette maison du village de Sarepta, on croit en Dieu. Cette veuve a cru à la parole d’Elie, qui est en fait la Parole de Dieu. Elle a cru à la promesse que Dieu lui donnerait de quoi manger pendant la sécheresse. Au milieu du paganisme environnant, cette femme affirme sa foi en Dieu, encouragée peut-être par Elie. Sarepta se trouve en plein pays païen. C’est là que le roi Akhab a pris sa femme, Jézabel ; c’est elle qui a introduit en Israël le culte du faux dieu Baal. Dans ce pays païen, il se trouve quelqu’un qui ose croire en un Seigneur unique, qui ose prendre position contre les idoles des religions. Cette humble veuve triomphe de la religion, là où la religion domine et asservit les mentalités. Il faut que ce soit cette veuve, une personne démunie par définition et par condition sociale, qui ait l’aplomb de dire qu’elle croit à la Parole de Dieu. Elle fait penser à cette autre veuve, celle que Jésus regardait mettre deux sous dans le tronc à offrandes et qu’il donnait en exemple à ses disciples. Celle-là non plus ne compte pas sur elle-même, elle ne garde pas pour elle cet argent dont elle aurait pourtant bien besoin pour vivre. Elle fait passer le service de Dieu avant elle, avant sa vie. La veuve de Sarepta a consenti à faire cuire d’abord un pain pour Elie. Elle a vu ensuite la puissance et la grâce de Dieu lui donner à mesure la farine et l’huile dont elle avait besoin. Dans nos désordres actuels, dans nos déséquilibres, il existe heureusement des lieux où la foi se vit contre les idolâtries. Il existe des couples chrétiens qui vivent en harmonie et dans la fidélité, qui montrent que cette fidélité est possible quand on croit en Jésus-Christ. Il existe encore des familles qui savent donner une éducation chrétienne à leurs enfants. Il existe des chrétiens qui luttent pour la justice, pour le respect de l’homme et pour la liberté, au lieu de se laisser prendre par les idoles de la puissance et de l’égoïsme. Il existe encore de ces gens qui vivent au quotidien l’amour pour Dieu et pour le prochain. Tous, ils sont les signes que la foi en Jésus-Christ est possible au milieu de l’incrédulité environnante. Ils démontrent qu’une autre manière de vivre est possible, une vie riche et paisible, parce qu’approuvée par Dieu. Comme la veuve de Sarepta qui vit de la grâce du Seigneur en pays païen, ces chrétiens d’aujourd’hui affirment leur foi contre le dessèchement de l’absence de foi ou du refus de la foi. Ils vivent pendant que les autres meurent. -o- Il est indispensable qu’il y ait, encore maintenant, de ces témoins qui aient le courage d’affirmer leur foi et de la vivre. Témoins de la vie que Dieu donne et que nous recevons dans la foi. Témoins de la grâce du Seigneur toujours à l’œuvre, offerte à quiconque lui fait confiance. Témoins de la présence de Dieu dans le monde, même quand une majorité d’hommes ne veut plus de lui. Le miracle semblable à celui qui a eu lieu à Sarepta du temps d’Elie, c’est que des gens aient encore aujourd’hui cette foi-là et qu’ils puissent en vivre ! Amen ! Cantiques proposés : * LP 12/1 à 3 L’Eternel seul fut toujours ma lumière (Psaume 27) ou NCTC 12/1 à 4 Viens au secours du peuple des fidèles (Psaume 12) ou ARC 27/1 à 3 Je chanterai (Psaume 27) * LP 268/1 à 5 O Dieu, notre Père ou ARC 408/1, 3, 4, 5 Ouvre mes yeux, Seigneur ou ARC 428/1 à 4 Comme un enfant * LP 215/1 à 3 Toi qui dans la nuit de la vie ou CAR 520/1, 2, 5, 6 Fraîche et nouvelle chaque jour ou ARC 544/1 à 4 Seigneur, c’est toi notre secours Autres textes de la même catégorie
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