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1 Pierre 2 v 4-9 Alphonse Maillot
Texte : 1 Pierre 2/4-9
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 118-120 & 124-125). 4° dimanche après Pâques ou 5° dimanche de Pâques 1 Pierre 2/4-9 Un passage bien connu. Ne pas avoir peur du pléonasme du v. 4 : "Approchez-vous près". En ce qui concerne l'alliance de mots : (lui) "pierre vivante", elle vaut qu'on s'y arrête. Tout d'abord, déjà Jean-Baptiste avait relevé que Dieu pouvait, à partir des pierres du désert, susciter de vrais descendants d'Abraham (Matthieu 3/9), et Jésus lui-même avait répliqué, à ceux qui, le jour des Rameaux, lui demandaient de faire taire ceux qui saluaient son entrée : "S'ils se taisent, ce sont les pierres qui crieront" (Luc 19/40). Et que ce soit lors de cette future fête, que ce soit dans notre texte, on retrouve ici la fameuse pierre "faîtière" du Psaume 118/22, qui est non pas la pierre de la base de l'édifice (qui n'aurait pas été vite rejetée par les constructeurs, tout au contraire), mais la pierre (clef de voûte) triangulaire ou trapézoïdale, qu'on délaisse au début avant de l'utiliser tout à la fin, pour faire tenir le cintre ou la voûte. Le (ou les) psalmiste(s) des v. 5-20 s'est (se sont) lui (eux) aussi, trouvé(s) auparavant délaissé(s) ou encerclé(s) ou assiégé(s) ou mourant, et comme le Seigneur le (ou les) a délivré(s), son témoignage à propos du salut qu'il a reçu, est désormais au centre même, sinon au sommet, du culte d'action de grâces qui est ici rendu à Dieu. La dernière des pierres est devenue la principale, celle qui fait tout tenir ensemble. On comprend, en particulier, que lors de la reconstruction du Temple (450 ? !), quand on a sans doute repris des pierres du premier temple, le symbole ait été clair : comme les hommes reconstruisaient le Temple avec les pierres délaissées (par les pillards), Dieu reconstruisait son peuple avec les exilés de retour. Tout comme les pierres du Mur des Lamentations sont, pour beaucoup de Juifs, la promesse d'une restauration du Temple des derniers temps. Mais le symbole fut "dérobé", tout d'abord par Jésus lui-même (Matthieu 21/42 et parallèles), puis par les chrétiens, Actes 4/11 où Pierre applique cette prophétie à Jésus (et à l'époque où sont rédigés les Actes, après 70 — ravage du Temple —, le symbole redevenait fort) : Jésus, hier crucifié, devient la pierre qui, quoique rejetée, couronne et soutient maintenant seule, toute l'histoire du salut (cf. Actes 4/12). Et lui, surtout depuis Pâques, est une pierre vivante (méditer ici Jean 2/19ss), le nouveau Temple (cf. Jean 4/21-24), non plus bâti avec des pierres (ou du béton), mais avec des croyants et avec leur foi. Au v. 5, on pensera à Exode 19/5-6 (tout en restant réservé à propos de l'orientation très "sacerdotale" de la note TOB sur ce v. 5). Quant aux v. 6 (rappel du Psaume 118 et d'Esaïe 28/16 d’après la Septante) et 7, on regrettera que la TOB n'ait pas rendu le jeu de mots : le "croyant" (fin du v. 6) et "ceux qui croient" (début du v. 7). Le dénominateur commun entre la première et la deuxième Alliances est là : c'est la foi (peut-être même doit-on, dans cette épître, penser ici à Matthieu 16/18 ?). En tout cas, ne pas suivre le Lectionnaire catholique qui, tout d'abord, met "...donne sa foi", et ensuite : "...vous (?) qui avez (!) la foi". Mais le symbole de la pierre se prolonge, celui qui rejette la pierre en la "croyant" inutilisable pour construire sa vie, risque de la retrouver sur sa route où alors elle le fera trébucher. Ici encore, le Lectionnaire catholique est "orienté" ; pour "incroyants" ou incrédules, il met "ceux qui refusent de croire" (v. 7) ; quant au v. 8, là où il y a "...ceux qui n'ont pas fait confiance à la Parole", le Lectionnaire catholique met : "...ceux qui refusent d'obéir à la Parole" (id. TOB, hélas !). C'est ainsi qu'on se facilite la tâche, pour escamoter la difficulté du v. 8 : "Envers qui (la Parole ?) ils étaient placés (destinés)". Je veux bien qu'on ne retrouve pas ici la double prédestination de Calvin, mais qu'au moins on ne triche pas trop sur les versets qui précèdent, pour fonder le dogme contraire : "Ne tombent que ceux qui ont refusé, cette chute étant alors leur sort prévu" ; qu'on dise tout crûment qu'on "sèche" ! Ce sera plus sérieux et plus... chrétien, et en tout cas plus honnête. Pour en revenir au v. 5, s'il est vrai qu'il souligne le "sacerdoce" d'ensemble de tous les chrétiens, a) on remarquera qu'il ne s'agit que d'un sacerdoce d'offrandes (spirituelles de surcroît) ; b) que ce sacerdoce ne fait que souligner celui de Romains 12/1-2 où chaque chrétien doit (et surtout peut) apporter lui-même son existence entière comme offrande sacrificielle, ce qui est le culte le plus "conforme à la parole" (logikè : 12/1). "Plan" de prédication Je m'autoriserais à mêler les trois textes sous la rubrique : "Misère, grandeur et diversité de l'Eglise". Misère — Actes 6 : des ségrégations culturelles resurgissent quasiment aussitôt après la naissance de l'Eglise (trop édénique, décrite plus haut), ségrégations typiques de toutes les autres. L'Eglise n'en est pas à l'abri. Elle est vite contaminée par ces tentations de rejet... mais on soulignera alors la rapidité du règlement. Il faut dire qu'à l'époque, on n'ergotait pas sur des virgules. On soulignera, au passage, que c'est en ayant recours à Moïse (Exode 18/13ss) que la solution est découverte, même si parfois il nous faut inventer. Grandeur — 1 Pierre 2 : Dieu qui construit son Eglise avec les pierres délaissées par tous les "grands architectes et bâtisseurs" (cf. 1 Corinthiens 1/26), et qui fait de chacune d'elles une pierre "vivante", et une pierre qui permet à l'édifice de grandir et de tenir. On relèvera bien l'alliance de mots des v. 4-5 : pierre(s) vivante(s), avec le passage de Jésus-Christ aux chrétiens, et donc de celui de la prêtrise du Christ à celle de l'ensemble des chrétiens. Mais la pierre de faîte est Jésus-Christ lui-même et lui seul. Diversité — Jean 14 : toutes les pierres ne sont pas taillées de la même manière, ni placées au même endroit : "Il y a (et il le faut) beaucoup de sortes de pierres pour construire la maison de mon Père" (cf. v. 2). D'ailleurs, Actes 6 en avait fourni un premier exemple avec la "naissance" des diacres, même si les ministères ne vont pas être étanches (cf. le "sermon" d'Etienne en Actes 7). Insistez, face aux sectes, sur la promesse qu'il y a beaucoup de demeures, de pièces, d'appartements dans le Royaume qui n'a rien pourtant d'une H.L.M. ; et qu'il y aura beaucoup de gens... même ceux des sectes ! |
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