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1 Pierre 1 v 3-9 Alphonse Maillot



Texte : 1 Pierre 1/3-9
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 86-87).



1 Pierre 1/3-9

Lire attentivement pour cette épître l'introduction de la TOB qui est un modèle du genre, et qui voit dans cette épître un document enraciné dans la catéchèse primitive, mais qui a gardé de multiples parentés juives, ne serait-ce que la bénédiction du v. 3 (le "Saint béni-soit-il !" des Juifs est devenu le "Dieu Père-de-notre-Seigneur-Jésus-Christ").

La foi chrétienne est comprise comme une régénération, due à la Résurrection de Jésus (v. 3). Quant à "l'espérance vivante", ce peut être aussi bien :
a) l'espérance qui nous fait vivre (dès maintenant),
b) celui que nous espérons et en qui nous espérons, et
c) l'espérance de la vie (éternelle : l'héritage du v. 4) ; il serait présomptueux de trancher.

L'héritage (du v. 4) fait sans doute penser que les chrétiens, à qui cette lettre est adressée (la Diaspora des régions décrites au v. 1 : cinq provinces d'Asie mineure, probablement évangélisées par... Paul !) ont été, au moins partiellement, dépouillées de leurs biens (1/6-7, 18 ; 2/12-13 ; 3/13-17 ; 4/3-4, 12-14 & 19). Paul avait déjà montré que nous étions les héritiers de Dieu, au même titre que le Christ (Romains 8/17), mais, comme Pierre, il a pensé aussitôt aux souffrances qui accompagnent, comme nécessairement, cet héritage (cf. ici v. 6) indestructible que Dieu tient en réserve pour ceux qui croient au Christ. Si, au v. 5, le salut est présenté comme une réalité à venir, c'est parce qu'un jour il ne rencontrera plus d'obstacles ; il n'aura plus besoin, comme maintenant, du tremplin des difficultés et des épreuves qu'il cause, non pas volontairement, mais par ceux qui ne veulent pas le recevoir. Et nous trouvons ici (c'est fréquent dans cette épître) des parentés avec Paul (Romains 5/4) : l'épreuve surmontée nous donne la preuve de la réalité présente de ce salut. C'est pourquoi, sans l'avoir recherchée (insistons !), le chrétien peut recevoir l'épreuve avec allégresse (v. 6) ; facile ! je veux dire : facile à écrire ; facile à dire ! Mais précisons bien qu'il s'agit probablement des épreuves infligées par les autorités civiles, que l'auteur exhorte pourtant à respecter et à honorer (2/13-17), en particulier pour ôter tout alibi à leurs possibles exactions (2/15). On aura aussi noté au v. 7, l'allusion à la possibilité d'une "pédagogie" de l'épreuve ; car si l'or lui-même (métal précieux et utile) a besoin d'être éprouvé (au feu), alors a fortiori le métal plus ordinaire dont nous sommes faits, aura-t-il besoin de ce test.

Au v. 8, on pensera à Jean 20/29 et, même si le terme n'est employé qu'une fois (au v. 3), on ne manquera pas de relever combien cette longue période (où la foi revient sans cesse [4 fois]) est un chant d'espérance, même et surtout s'il est (très probablement) un chant liturgique. Heureuse époque où la liturgie contenait de telles richesses !




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