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1 Corinthiens 15 v 1-11 (Jean-Paul SAUZEDE)
Texte : 1 Corinthiens 15/1-11
Genre : Prédication Auteur : Jean-Paul SAUZEDE Source : Méditations radiodiffusées. FPF, 03.02.1980. L'Evangile a été écrit à l'envers. Vous savez que l'on n’appose une plaque commémorative sur les maisons où sont nés les hommes célèbres qu'une fois qu'ils sont morts. C'est en appréciant la mort d'un homme que l'on regarde mieux sa vie et sa naissance. Et voici ce Jésus de Nazareth ; une vie étonnante, oui, bien sûr, mais d'autres avant lui avaient aussi ameuté des foules : un certain Judas le Galiléen, Theudas dont nous parle le livre des Actes des apôtres, mais aussi Jean-Baptiste. Et puis, regardez la fin de sa vie. Trahi et vendu par un de ses plus proches collaborateurs, abandonné par la plupart de ses amis au cours d'un procès truqué, une nouvelle erreur judiciaire qui n'aurait pas valu d'être mise aux annales de l'histoire. Même Flavius Josèphe, pourtant grand historien relatant la vie des Juifs, n'en fait qu'à peine mention. Jésus de Nazareth aurait pu sombrer dans les oubliettes de l'histoire si un événement n'était venu tout bouleverser : sa résurrection. C'est même parce qu'il est ressuscité, que sa vie, son enseignement, ses attaques contre les pouvoirs oppressants, prennent un sens et une importance pour ceux qui l'ont connu. C'est à partir de la résurrection et du ressuscité que sa naissance devient importante. L'Evangile est écrit à rebours. Il faudrait commencer à le lire par la fin : la résurrection. L'apôtre Paul donne un témoignage de la résurrection à la jeune église de Corinthe qui bute contre cet événement et qui doit faire hausser les épaules d'ironie à certains des membres de cette communauté. Dans ce bain culturel que représente l'église de Corinthe, Paul veut convaincre de la vérité du ressuscité. Je dis vérité et non pas réalité. Car qu'importe la réalité, il y a eu un événement. L'essentiel est la vérité. Imaginons un journaliste envoyé à Jérusalem pour voir un peu ce qu'il se passe autour de cet homme que l'on dit mort et maintenant ressuscité. Incroyable ! Personne n'a vu quoi que ce soit, personne ne l'a vu ressusciter. Ah si ! On a retrouvé par quelques femmes, des bandelettes éparses sur le banc de pierre où le corps était étendu. C'est insuffisant comme preuve pour bâtir un article. Pour le reste, une chose est sûre : le corps n'est plus là. C'est la seule réalité. Mais voici une vérité : des hommes, des foules même, l'ont — paraît-il — reconnu. Notre journaliste en a interrogé certains. Mais ce que disent les gens, il faut s'en méfier et on n'écrit pas un article sur des témoignages ; mieux vaut constater les faits par soi-même. Mais c'est impossible. Pourtant quelque chose s'est passé. Imaginez maintenant un journaliste contemporain faisant un reportage sur la résurrection du Christ. Impossible ! Il reste bien trace du tombeau quelque part à Jérusalem, mais aucune preuve réelle. Par contre, il découvre des millions de chrétiens qui attestent et témoignent de sa résurrection. Des millions d'hommes et de femmes qui vivent de sa présence et témoignent du Christ ressuscité. Parce que, pour eux, c'est vérité. Et pour notre journaliste, c'est la seule réalité qu'il peut constater. L'apôtre Paul fait un peu la même démarche. Ce n'est pas la résurrection du Christ qui l'intéresse, c'est le ressuscité que lui et d'autres ont rencontré. C'est ce qu'il a reçu, c'est ce dont des hommes ont témoigné, c'est ce qu'il vit qui importe. Pour l'apôtre, c'est à partir de cet événement déterminant que toute la vie et la mort de Jésus de Nazareth prennent leur sens. Car le vrai message du ressuscité, c'est ce qui précède. La puissance et la force du ressuscité se découvre dans l'Evangile. Et, pour l'apôtre Paul, la mort du Christ ne prend de sens que parce qu'il est ressuscité. Alors, qu'importe le comment de la résurrection ; Paul ne s'intéresse qu'au ressuscité. Qu'importe de même la crucifixion ; l'essentiel est le crucifié, l'homme, sa vie, sa mort tout à coup éclairée par sa résurrection. Alors, il faut rappeler que la grande fête chrétienne, c'est Pâques, et il serait temps que les églises apprennent à célébrer Pâques avec plus de joie et de fête que nous ne le faisons pour Noël. Peut-être cela aiderait-il même à moins diluer notre foi dans des traditions qui lui sont totalement étrangères... Nous oublions aussi que le dimanche est le jour de la résurrection du Christ, et que c'est en tant que tel qu'il a remplacé le sabbat juif. Ainsi, chaque dimanche, nous sommes appelés à redécouvrir l'Evangile et, par là même, la vie et le sens du ressuscité. Peut-être aurez-vous une objection à tout cela : et si la résurrection n'était qu'un produit de l'imagination, qu'une erreur, un rêve ? Après tout, pourquoi pas ? Il est permis de le penser. Il n'y avait aucun témoin oculaire. Mais que faire alors de tous ces témoins, que faire de cette église qui marche et témoigne du ressuscité ? Que faire de tous ceux qui ont trouvé dans l'Evangile, à cause de la mort et de la vie du Christ ressuscité, une espérance pour leur vie, une vérité ? Oui, incertitude, risque, mais je prends le risque, c'est celui de la foi, je le crois essentiel et vrai pour ma vie. Je crois au ressuscité ! Autres textes de la même catégorie
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