|
Liturgies
Notes bibliques ou théologiques
Prédications
Cantiques
|
Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte 1 Corinthiens 11/23-27 Marie-Claude MACKIEWICZ
Texte : 1 Corinthiens 11/23-27
Genre : Etude biblique Auteur : Marie-Claude MACKIEWICZ Source : Les Dossiers de la Bible, n° 53, juin 1994 : Interpréter la Bible (p. 14-15). Le recours aux traditions juives - Le repas du Seigneur (1 Corinthiens 11/23-27) « La richesse de l'érudition juive mise au service de la Bible, depuis ses origines dans l'Antiquité jusqu'à nos jours, est une aide de première valeur pour l'exégèse des deux Testaments, à condition toutefois de l'employer à bon escient » (Document de la Commission biblique, I C 2). La richesse des traditions juives Dieu, dans la Bible, parle. Parmi toutes les nations il a choisi Israël pour qu'il l'écoute : « Shema Israël : Ecoute, Israël ! ». La meilleure façon d'écouter, c'est d'étudier la Torah et de la mettre en pratique. Cette étude se rapporte au texte biblique - la Torah écrite - et aux commentaires qu'on appelle la Torah orale. Celle-ci englobe le texte écrit et a la même importance que lui. C'est dans ce contexte que s'enracine et s'inaugure le Nouveau Testament. Il faut une certaine érudition pour connaître les traditions juives. Chaque mot de la Bible y est scruté : on examine tous ses emplois pour en préciser le sens. Les commentaires fonctionnent comme des discussions contradictoires pour « ouvrir » le sens des textes. Il en est de même pour les images ou les récits, sans compter les paraboles. Mais cette érudition est au service de tous et ne doit se comprendre que par le souci qu'Israël a depuis son origine : chercher Dieu dans la Parole qu'il a donnée à son peuple. Pour employer à bon escient cette richesse des traditions juives, il faut d'abord prendre la peine de les étudier, et donc reconnaître leur valeur. Ce ne serait pas respecter le peuple juif aujourd'hui que de se contenter d'aller grappiller dans ces traditions un peu de folklore. Pour le chrétien, la Bible se lit à la lumière de Jésus-Christ ressuscité ; il est pour nous la clef des Ecritures et aussi leur sens dernier. Pour les Pères de l'Eglise, le trésor caché dans un champ (Matthieu 13/44), c'est le Christ caché dans les Ecritures. Les traditions juives, connues et respectées, peuvent « ouvrir » pour nous le sens de ce que nous demande Jésus le Ressuscité. N'est-ce pas cela qu'il expliquait à ses disciples sur le chemin d'Emmaüs ? L'Eucharistie, mémorial de l'Alliance Ce texte de Paul est plus ancien que les récits évangéliques sur le Repas du Seigneur. Paul se réfère ici explicitement à l'enseignement rabbinique (reçu du pharisien Gamaliel, d'après Actes 22/3), qui se situe dans la relation maître / disciple : « Voici ce que moi, j'ai reçu du Seigneur, et que je vous ai transmis... ». Paul donne ainsi autorité à son propos. Suivent les trois étapes du mémorial, selon les trois dimensions de la Pâque juive : - évocation du passé : « La nuit où il fut livré... » (v. 23-25a), - actualisation dans le présent : « Faites cela en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur... » (v. 25b-26a), - attente de la réalisation définitive : « ...jusqu'à ce qu'il vienne » (v. 26b). La nouveauté chrétienne s'inscrit dans une continuité qui, loin de la diminuer, lui donne tout son sens. On ne peut parler des traditions juives sans évoquer les Targoums, les « traductions » en araméen des livres bibliques, augmentées ça et là de commentaires pour la prédication. Voici, en encadré, un poème qui se greffe sur la traduction d'Exode 12/42, pour expliquer la nuit pascale, mémorial du passé et annonce de l'avenir. Paul et ses lecteurs le connaissaient sans aucun doute. Les traditions juives sont comme un océan : s'y embarquer, c'est se lancer dans une grande aventure. Semblables aux vrais marins, restons humbles, nous souvenant aujourd'hui qu'à la lecture d'un texte, la manière de dire est aussi importante que ce qui est dit. Encadré Les quatre nuits (Targoum sur Exode 12/42) « Quatre nuits sont inscrites dans le Livre des Mémoires. La première nuit, quand l'Eternel se manifesta sur le monde pour le créer. Le monde était confusion et chaos et la ténèbre s'étendait sur la face de l'abîme. Et la Parole de l'Eternel était lumière et brillait. Et il l'appela première nuit. La deuxième nuit, quand l'Eternel apparut à Abraham et à Sarah, pour accomplir ce que dit l'Ecriture : "Est-ce qu'Abraham âgé de 100 ans va engendrer, et Sarah, sa femme, âgée de 90 ans, enfanter ?". Or, Isaac avait 37 ans quand il fut offert sur l'autel. Les cieux s'abaissèrent et descendirent et Isaac vit leur totalité. Et il l'appela deuxième nuit. La troisième nuit, quand l'Eternel apparut aux Egyptiens au milieu de la nuit : sa main tuait les premiers-nés des Egyptiens et sa droite protégeait les premiers-nés d'Israël pour que s'accomplît ce que dit l'Ecriture : « Israël est mon premier-né ». Et il l'appela troisième nuit. La quatrième nuit, quand le monde arrivera à sa fin pour être dissous ; les jougs de fer seront brisés et les générations perverses seront anéanties. Moïse montera du milieu du désert et le roi Messie sortira d'en-haut. L'un s'avancera à la tête du troupeau et l'autre s'avancera à la tête du troupeau et sa Parole s'avancera entre eux deux et ils marcheront ensemble. C'est la nuit de la Pâque pour le nom de l'Eternel, nuit réservée et fixée pour la libération de tout Israël, au long de leurs générations ». |
Dans ce dossier
|
Cultes contemporains