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Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte 1 Corinthiens 11/23-26 Alphonse Maillot
Texte : 1 Corinthiens 11/23-26
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 60-62). Jeudi Saint 1 Corinthiens 11/23-26 Remarques : 1° Bien relever que c'est ici le récit le plus ancien (de tout le Nouveau Testament) qui nous relate le Repas du Seigneur (vers 55), et on notera que la recension de Luc sur le même sujet (Luc 22/14ss) qui a, au moins 20, sinon 25 ans de plus, en est très proche (à part la deuxième coupe, v. 20). On en profitera pour voir que la tradition et la transmission des paroles et gestes de Jésus ont été beaucoup moins fluctuantes qu'on ne l'a dit. Et donc que Paul, qui lui aussi écrit 25 ans après les événements mêmes, relate une tradition, a donc de grandes chances de donner un récit très, très proche de la réalité historique. 2° Il est dommage (si l'on veut vraiment parler du « Repas du Seigneur ») de ne pas remonter au v. 17, et ainsi d'oublier que le Repas du Seigneur était la partie finale d'un repas entre chrétiens. Cependant Paul va y avoir des paroles malheureuses (v. 22) qui, aussi légitimes qu'elles aient été (des Corinthiens goinfres et riches étaient déjà ivres et insultaient ainsi la sobriété forcée de Corinthiens pauvres et sobres), ont amené l'Eglise à décrocher pour toujours (?) le Repas du Seigneur, du repas entre frères. C'est très dommage ! Il est donc recommandé, au moins deux ou trois fois par an, de retrouver ce vieil usage du repas en commun qui s'achève par le Repas du Seigneur qui, lui-même, nous donne forces pour un nouveau départ dans la vie de tous les jours. 3° La raison principale de l'ivresse corinthienne n'est pas dans le degré alcoolique élevé du vin de Corinthe, mais dans les usages religieux. On s'enivre pour retrouver le Paradis perdu (Genèse 9/20ss). Et ici des Corinthiens le faisaient pour aller retrouver le Christ dans les cieux ! Or, le Repas du Seigneur, c'est le Christ qui se présente ici-bas, parmi nous. Il y a total malentendu et c'est ce qui met l'apôtre en colère. C'est ce que vise l'apôtre avec l'« indignement » du v. 27 : c'est être ivre au point de plus reconnaître qu'on célèbre le Repas du Seigneur. 4° On retiendra l'expression « Repas du Seigneur », qui est, sans aucun doute, la meilleure dénomination de cette cérémonie (Cène, Eucharistie, noms donnés pour la célébration dans le calendrier ! sont beaucoup plus partiels) : v. 20. On remarquera aussi en l'occurrence que Paul en fait un repas communiel (10/1ss) et de partage (11/22) avec le Christ présent et avec les frères. 5° Suis-je autorisé à essayer d'apporter un peu de lumière sur le très malheureux « en mémoire (de moi) » parfois rendu par un encore plus malheureux « Mémorial (de moi) » ? Il faut en revenir à l'hébreu. Les Hébreux ont une mémoire (pour les événements de l'histoire du salut) qui fonctionne à l'inverse de la nôtre. Nous, nous nous reportons en arrière pour essayer : a) intellectuellement, de reconstituer l'événement, b) sentimentalement, de le revivre. Nous essayons de le répéter ; même si nous ajoutons « sacramentellement », il n'empêche que c'est une répétition ou plutôt un essai de répétition (lire ici « La Reprise » de Kierkegaard, trad. N. Viallaneix). Or l'Israélite, lui, sait que cet événement passé est cependant (à cause du Seigneur) resté présent, et qu'il lui revient d'en découvrir la présence et l'actualité. « Une fois pour toutes » signifie pour lui « une fois pour toujours ». Nous n'aurons donc ni à nous souvenir, surtout pas sentimentalement du Christ, ni encore moins à répéter ce que le Christ a fait et donné, mais à en découvrir la présence. Car il vient à nous, il se révèle à nous durant ce repas où nous partageons entre nous le sacrifice qu'il a offert. Tout se passe au présent : cf. Luc 24/30s. Et le Christ est réellement présent. Mais d'aucune manière ce n'est nous qui occasionnons sa présence. Ainsi le « Faites ceci en mémoire de moi » = « Faites ceci pour découvrir que je suis présent parmi vous et que mon sacrifice vous est présenté » (cf. le v. 26). C'est tellement simple... qu'on préfère continuer des combats sans issue, avec des termes aussi philosophiques que creux. Qu'on me pardonne ! |
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Cultes contemporains