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1 Corinthiens 10 v 1-8 & 10-12
Texte : 1 Corinthiens 10/1-8 & 10-12
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 27-28). 3° dimanche de Carême 1 Corinthiens 10/1-8 & 10-12 Tout d'abord regrettons la disparition : a) du verset 9 qui nous rappelait que le plus grand péché d'Israël dans le désert, fut d'avoir « tenté Dieu », d'essayer de le détourner de lui-même en quelque sorte (on reviendra au 1° dimanche de Carême) ; b) du verset 13 qui, quelle que soit l'interprétation qu'on en donne, nous rappelle qu'en toutes circonstances, même les plus dramatiques, le Dieu fidèle nous donnera les forces non pour les éviter, mais pour les surmonter. Ne manquez donc pas de le lire à ceux qui vous écoutent, car certains d'entre eux connaissent l'épreuve et il serait dommage de ne pas leur annoncer cette fidélité salvatrice du Dieu de Jésus-Christ. (Et on notera la détestable mais amusante coquille de la TOB 2, note d sur le verset 3 : les figu(r)es). Ensuite le verset 1 n'est pas une forme rhétorique, mais Paul écrit ici à des Grecs qui n'ont pas encore eu le temps de consulter vraiment la Torah, qui est cependant la seule Ecriture sainte à laquelle l'Eglise naissante pouvait se référer. Jamais Paul ne pouvait imaginer que les billets de prédication apostolique qui circulaient, allaient bientôt se fixer en une autre Ecriture sainte, à laquelle, ô paradoxe (qui ne l'eût pas enchanté !), allait s'ajouter sa propre littérature ; ce qui donnera le Nouveau Testament. Les seuls textes dont il disposait étaient ceux de l'Ancien Testament dans sa version grecque. Mais comment transposer ces « histoires juives » en plein milieu grec ? Or, les Juifs alexandrins avaient rencontré la même difficulté, et ils la résolurent de manière radicale. Ils transformèrent ces « histoires juives » en allégories (exemples, etc…), où on dés-historicisait le plus possible les récits (les Grecs religieux n'aimaient pas l'histoire, ils la transformaient en mythes a-temporels) pour obtenir de grandes allégories — cf. par exemple Philon, qui, on me pardonnera, me fait parfois mourir (!) de... rire, mais je le connais mal-valable pour tous les temps et tous les peuples, afin de pouvoir ensuite, pour ceux qui en éprouveraient le besoin, les donner en « modèles » des événements présents. Ici, pour montrer que même les meilleurs chrétiens (ce que pensaient être les Corinthiens, cf. chapitre 13) pourraient bien être éliminés (9/26-27) de la course au Royaume, Paul rappelle que, quoique baptisés, plongés (voilà l'allégorie) dans la Mer Rouge et même « en Moïse » (v. 2) comme on l'est en Christ (comparaison boiteuse s'il en est), quoique nourris et abreuvés par Moïse, comme dans la Cène nous le sommes par le Christ (v. 3, et là encore ça boite sérieusement), les Juifs furent décimés dans le désert. Baptême et Cène ne sont donc pas des gris-gris qui nous rendraient invulnérables ou incorruptibles. Ici, ça ne boite plus, c'est sûr ! On peut donc encore être éliminé et ne jamais arriver en Terre Sainte. Que donc celui qui se croit toujours droit et debout, prenne bien garde : « lui aussi peut tomber » (auquel cas Dieu ne permettra pas que les causes de sa chute dépassent ses forces : v. 13). — Au fait, à l'actif du choix de ce passage, sa parenté (le désert du Sinaï) avec le texte précédent (Exode 3/1-15). |
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