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1 Corinthiens 03 v 21-23 Daniel Chaillou



Prédication du mardi 25 janvier 2005 en l'église St Pierre du Lac à Montigny le Bretonneux, semaine de prière pour l'Unité des chrétiens, par le pasteur Daniel Chaillou.
Textes : Esaïe 44, 1-8 - 1 Cor 3, 21-23 - Marc 9, 33-35

Au terme d'une semaine de prière pour l'unité des chrétiens, nous voici fortement interpellés par les paroles mêmes de Jésus et un grand texte de la première lettre de l'apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe.
Tout au long de cette semaine, par différentes célébrations et temps de prière, nous avons été invités à nous repentir. Nous reconnaissons que ces paroles s'adressent à nous tous, à nous les chrétiens de Montigny le Bretonneux, de la Ville Nouvelle de St Quentin en Yvelines et d'autres lieux, sinon serions-nous ici pour les écouter. Nous acceptons que Jésus en s'adressant à ses douze disciples, nous parle encore aujourd'hui, sinon à quoi bon relire ces paroles prononcées il y a vingt siècles. En effet lorsque nous ouvrons la Bible, Ecriture sainte pour nous tous, Parole du Dieu vivant, nous entrons dans un moment d'intensité, dans un mouvement particulier de prière et de confession de nos manquements et péchés.
Cette année, tout particulièrement, me semble-t-il, l'équipe œcuménique qui a préparé et articulé l'ensemble des lectures et la proposition liturgique que nous suivons, a su mettre en évidence à la fois la vitalité des communautés chrétiennes mais aussi la nécessité pour elles d'enter dans une démarche de reconnaissance de leur faiblesse et d'aspiration à un vrai repentir.
Il ne faudrait pas, en effet, qu'en priant pour l'Unité des chrétiens, nous entrions dans une intercession pour les autres… en les montrant du doigt, tel le pharisien de la parabole qui, tout en priant, se flattait de ne pas être comme le collecteur d'impôts qui, lui, se frappait la poitrine et implorait le pardon, nous dit Jésus. Et c'est ce dernier qui rentra chez lui, pardonné et justifié, et l'autre non.
Nous ne sommes pas plus justes ni moins orgueilleux que les chrétiens de l'Eglise de Corinthe. Nous ne sommes pas moins prétentieux ni plus conciliants que les douze disciples que Jésus s'était choisis. En effet, ceux-ci, chemin faisant "discutaient", "s'étaient querellés" selon un autre évangile, pour savoir qui dans le groupe, était le plus grand ou le plus important d'entre eux. Jésus fit preuve d'une grande patience, d'une grande confiance aussi, en prenant le temps de s'assoire avec eux et de reprendre les choses dans le bon sens. En premier lieu, ce qui importe c'est le service, c'est de se mettre au service les uns des autres : "Si quelqu'un veut être le premier, dit Jésus, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous." Voilà qui est clair et sans ambiguïté. Il est étonnant que nous n'ayons point d'oreille pour entendre "ce que l'Esprit dit aux Eglises !" (Ap. 2)
A propos de cette prière pour l'Unité des Chrétiens, je voudrais signaler deux écueils qui nous guettent sans cesse. Le premier c'est en effet de nous situer tellement à l'extérieur que nous en aurions l'impression d'intercéder pour un idéal qui nous échapperait. De prier en somme, pour une Unité des chrétiens dont nous ne ferions pas partie. Comme si nous disions du haut de notre chaire " Repentez-vous et unissez-vous, réconciliez-vous mais moi je ne bouge pas ! Est-cela, prier pour l'unité des chrétiens ?
L'autre écueil, tellement vérifié aux cours des siècles, c'est de continuer à penser et à faire comme si Jésus ne s'était adjoint qu'un seul et unique disciple ! Pierre pour les uns, Paul pour les autres, Jean pour d'autres. Heureusement pour nous tous, Apollos semble n'avoir rien écrit. Jésus non plus n'a rien écrit, mais il avait besoin de ses amis disciples, devenus apôtres, pour parfaire l'œuvre d'amour du Père : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, leur commande Jésus ! A nous de la même manière, faut-il le répéter ? Et, encore plus intense et significatif, Jésus ajoute : " A ceci, tous, vous reconnaîtront pour mes disciples : à l'amour que vous aurez les uns pour les autres." (Jean 13, 35)
Et sans me prendre pour l'ange Gabriel je me permettrai d'ajouter ceci : " N'ayez pas peur ! Je vous le dis, n'ayez pas peur, une fois posé le fondement, l'œuvre du Seigneur ne peut être que multiple, grandement et artistement diversifiée. "
Les uns et les autres nous sommes tous des serviteurs plus qu'ordinaires. Les uns comme les autres nous sommes envoyés en mission à la façon dont Jésus le fit avec non pas seulement ses douze premiers disciples, mais avec les soixante douze autres disciples également choisis pour cette aventure. (Luc 10)
Voilà l'origine de notre diversité en même temps que de notre unité. Si le Christ est bien l'unique fondement, l'unique initiateur, son édifice , son temple, son Eglise ne peut vivre que dans la relation diversifiée. L'unité ne viendra pas d'une mise au garde-à-vous mais comme Jésus y invite, dans une relation aimante. Il n'y a pas d'autre lien possible. Jésus prend très au sérieux le regard critique des hommes. Ce n'est pas une relation de médiocrité ni d'hypocrisie qui convaincra le monde de péché et de repentir, non, selon lui, l'amour seul donne la mesure des temps nouveaux.
" A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l'amour que vous aurez les uns pour les autres." (Jean 13, 35), dit Jésus à ses innombrables disciples de tous les temps.
Ainsi le mouvement œcuménique est-il indispensable, non pas pour se copier les uns les autres ni se jalouser entre nous mais, dans une relation respectueuse et aimante, se disposer au sacerdoce universel, une des fortes affirmations des Réformateurs. Je pense que parfois nous entrevoyons cela et comprenons que c'est notre vocation essentielle. Je pense aussi, que le Conseil Œcuménique des Eglises peut aider à établir de bonnes relations entre les différentes confessions ainsi rassemblées en recherche de communion sur le seul fondement, l'amour de Dieu en Jésus-Christ. Après avoir entendu ce que l'Esprit dit à nos Eglises, après être entré en repentance, nous prierons les uns pour les autres parce que l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, nous y conduit en toute simplicité, en toute vérité et en toute humilité. Amen.





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